Reprise du travail après un burn-out. Chassez le naturel, il revient au galop...

Article
Surchauffe professionnelle et burn-out
3 min de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
October 5, 2026

S’il est un point particulièrement important après un épuisement, lorsque l’on reprend le chemin du travail, le même ou un autre, c’est de se montrer extrêmement vigilant·e quant à sa nature « investie » et/ou « endurante ».

Car chassez le naturel, il revient au galop…

On oublie parfois ce qui a conduit à l’épuisement. Un peu comme les contractions d’une première grossesse : « c’était horrible, plus jamais… »

Et pourtant, on y retourne (parfois).

Avec le temps, on a tendance à oublier ou à minimiser le passé douloureux. À mesure que l’on récupère de l’énergie et que l’on se sent à nouveau capable, on peut finir par s’estimer hors de danger. À l’abri…

Or, après un burn-out, la reprise du travail constitue une période particulièrement sensible. Le risque ? Retomber progressivement, presque imperceptiblement, dans les fonctionnements qui ont participé au premier épuisement.

On repart comme en quarante et, plein·e de bonnes intentions au départ, on se voit peu à peu reprendre certaines mauvaises habitudes d’antan…

👉 Sauter à nouveau les pauses déjeuner parce que « pas le temps » ;

👉 (re)commencer à partir tard du travail ;

👉 Surestimer ses forces et minimiser le risque de rechute ;

👉 Sauter un cours de yoga , ou tout autre moment pour soi, parce que « c’est le rush au boulot » ;

👉 Se remettre à courir dans tous les sens pour optimiser l’agenda ;

👉 Accepter progressivement davantage de responsabilités, de sollicitations ou de contraintes, sans réellement mesurer ce que cela nous coûte.

Et, insidieusement, le quotidien reprend ses droits…

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Le danger est justement là : rarement dans une décision spectaculaire, mais plutôt dans l’accumulation de petits renoncements. Une pause supprimée aujourd’hui, une soirée de travail demain, un week-end pendant lequel on « avance juste un peu »… jusqu’à ce que ce qui devait rester exceptionnel redevienne la norme.

C’est alors un nouveau déni qui peut démarrer, le premier ayant été, pour certain·es, de ne pas avoir voulu ou su voir les signaux d’alerte ayant conduit à l’épuisement : présumer de ses forces et de sa sagesse quant à la durabilité des bonnes initiatives mises en place pour retrouver un équilibre.

Car mettre en place de nouvelles habitudes après un burn-out est une chose. Les conserver lorsque l’énergie revient, que les sollicitations augmentent et que l’on se sent à nouveau performant·e en est une autre.

Casser le cercle vertueux mis en place peut aller très vite.

C’est particulièrement vrai pour les femmes et les hommes qui démarrent à un nouveau poste : période d’essai, envie de faire leurs preuves, volonté de donner le meilleur d’eux-mêmes, peur de décevoir… Mais également pour celles et ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat.

Se tourner vers un métier qui fait davantage sens et dans lequel on pense pouvoir s’épanouir comporte paradoxalement un risque non négligeable. Car « quand on aime, on ne compte pas », comme le dit l’adage… Ni toujours ses heures, ni son énergie, ni les signaux envoyés par son corps.

Et aimer son travail ne protège malheureusement pas de l’épuisement professionnel.

Anticiper sa reprise après un burn-out est donc essentiel, les mêmes causes pouvant produire les mêmes effets.

Il ne s’agit évidemment pas de vivre en permanence dans la crainte d’une rechute, mais plutôt d’apprendre à repérer ses propres mécanismes : ceux qui nous poussent à tenir encore un peu, à repousser nos limites, à vouloir bien faire — voire trop bien faire — ou à considérer le repos comme une variable d’ajustement.

Penser « écologie personnelle » et durabilité devient alors particulièrement aidant et important.

Avec deux objectifs :

👉 Dans un premier temps, mettre en place le bon cercle vertueux pour vous : des limites, des temps de récupération, des espaces personnels, une charge de travail soutenable et de nouveaux réflexes face aux premiers signes de fatigue ;

👉 Puis - et c’est probablement le plus difficile - l’ancrer dans le temps, y compris lorsque tout va mieux.

Le véritable enjeu après un burn-out n’est peut-être pas seulement de reprendre le travail. C’est aussi d’apprendre à travailler autrement, durablement, sans recommencer à s’oublier en chemin...

À méditer 🧘🏻

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Ca m'intéresse
Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.