Introduction
Vous êtes en pleine négociation de départ avec votre employeur ? Les échanges, qu'ils soient menés en direct ou via votre avocat(e), portent probablement sur vos indemnités, vos congés payés, votre préavis, et les différentes conditions de votre sortie de l'entreprise. Avez-vous également pensé à demander le financement d'un outplacement ?
Cette prestation, encore trop souvent associée aux seuls cadres dirigeants, peut pourtant être négociée par tout salarié, quel que soit son poste ou son niveau de responsabilité. Son intérêt ? Vous permettre de bénéficier d'un accompagnement individuel et sur-mesure pour préparer la suite de votre carrière, retrouver un emploi, envisager une transition, vous reconstruire et rebondir après une épreuve professionnelle (burn-out, harcèlement, etc) ou encore vous lancer dans l'entrepreneuriat. Autrement dit, il s'agit d'un accompagnement complet partant du point A : "que vais-je faire à présent ?" jusqu'au point Z : "je suis arrivée à la bonne destination ;-)".
Reste à convaincre votre employeur d'accepter le financement de votre outplacement.
Voici six arguments à faire valoir lors de votre négo :
1. Votre employeur a tout intérêt à soigner les conditions de votre départ
Une séparation professionnelle, particulièrement lorsqu'elle intervient après de nombreuses années de collaboration, ne se résume pas à un montant d'indemnités et à une date de sortie. Votre employeur peut également avoir intérêt à préserver de bonnes relations avec vous, à reconnaître votre investissement passé et à montrer qu'il se préoccupe du devenir professionnel de ses collaborateurs. Le financement d'un outplacement peut ainsi constituer un geste particulièrement apprécié, notamment dans le cadre d'un départ subi, d'une réorganisation ou d'une rupture intervenant après une période de tensions. L'idée n'est évidemment pas de lui demander une faveur, mais de lui montrer qu'un accompagnement à la transition professionnelle peut contribuer à une séparation plus constructive et apaisée.
2. Votre ancienneté et votre situation professionnelle justifient un accompagnement
Vous avez passé des années dans la même entreprise ? Votre dernier entretien de recrutement remonte à une époque où LinkedIn et l'IA n'existaient pas encore ;-) ? Vous ne savez plus vraiment comment fonctionne le marché de l'emploi ? Vous vous interrogez sur votre employabilité, voire sur la pertinence de poursuivre dans votre métier/votre secteur ? Voilà autant d'arguments très concrets à avancer. Se repositionner après une longue période passée dans la même entreprise n'a rien d'évident. Il faut parfois réapprendre à se présenter, à valoriser son expérience, à identifier les attentes des recruteurs, à retravailler ses outils de candidature, à développer son réseau et, surtout, retrouver confiance dans sa capacité à rebondir. Un outplacement sur mesure permet précisément de travailler sur ces différents aspects, avec un accompagnement adapté à votre parcours, à vos besoins et à votre réalité. La question est d'autant plus importante si votre départ intervient dans un contexte professionnel difficile, par exemple après un burn-out.
3. Le financement d'un outplacement peut constituer une alternative à une indemnité supplémentaire
Votre employeur se montre réticent à augmenter le montant de votre indemnité supra-légale ? Pourquoi ne pas lui proposer de financer un accompagnement à la transition professionnelle ? Dans certaines négociations, il peut être plus intéressant d'obtenir six ou neuf mois d'outplacement plutôt que quelques milliers d'euros supplémentaires. Tout dépend évidemment de votre situation financière, de votre projet et de vos perspectives de repositionnement. L'argument peut également être entendu par votre employeur, qui acceptera parfois plus facilement de financer une prestation précisément définie qu'une augmentation de l'indemnité de départ. Attention toutefois à ne pas sacrifier une indemnité à laquelle vous avez légalement droit. Les conséquences sociales et fiscales des différentes modalités de financement méritent également d'être examinées avant de conclure un accord. Si vous êtes accompagné(e) par un avocat en droit du travail, pensez à aborder cette question avec lui (elle).
4. Votre départ implique peut-être de repenser votre avenir professionnel
Quid si vous ne souhaitez plus exercer le même métier ? Si vous envisagez une bifurcation, voire une reconversion ? Si vous avez perdu confiance en vous après plusieurs mois de difficultés professionnelles ? Si vous avez traversé un burn-out et redoutez de reproduire les mêmes schémas dans votre prochain poste, et/ou de retrouver un environnement de travail à nouveau délétère ? Dans ces situations, une simple aide à la recherche d'emploi ne suffira pas. L'outplacement peut vous permettre de prendre le temps de faire le point sur votre parcours, vos compétences, vos aspirations, vos contraintes personnelles et financières, puis de construire un projet professionnel cohérent et réaliste. Vous pouvez donc parfaitement expliquer à votre employeur que votre situation nécessite davantage qu'un accompagnement classique. Il ne s'agit pas simplement de retrouver un travail. Il s'agit de retrouver un travail qui vous corresponde, dans des conditions qui vous permettent de vous y épanouir durablement et de ne surtout pas vous abîmer.
5. Arrivez avec un devis et une proposition précise
C'est un conseil que nous donnons régulièrement aux personnes qui nous sollicitent alors qu'elles sont en pleine négociation de départ : n'attendez pas que vos RH vous proposent spontanément un outplacement. Prenez les devants. Contactez un ou plusieurs cabinets, renseignez-vous sur leurs méthodes, la durée de leurs accompagnements et leurs tarifs. Demandez un devis que vous pourrez transmettre aux RH et/ou à votre avocat. Votre demande sera évidemment plus facile à étudier si elle porte sur une prestation clairement identifiée, avec un budget défini, plutôt que sur un vague « accompagnement pour retrouver du travail ». Pensez également à négocier le libre choix de votre cabinet d'outplacement. Le sujet est loin d'être anecdotique : d'une part parce que votre entreprise a peut-être déjà des cabinets d'outplacement dans ses tiroirs, qu'elle risque de vous imposer. D'autre part et surtout parce que vous allez potentiellement passer plusieurs mois avec la personne qui vous accompagnera, travailler sur des questions parfois très personnelles et lui confier vos doutes, vos difficultés, vos ambitions. Le feeling est donc absolument essentiel.
6. Un dernier conseil : abordez le sujet suffisamment tôt dans la négociation.
Une fois les conditions de votre départ définitivement arrêtées et l'accord signé, il sera bien plus difficile d'obtenir une prise en charge supplémentaire. Veillez également à faire préciser par écrit les modalités du financement : budget, durée de l'accompagnement, choix du prestataire et modalités de règlement. Votre employeur refuse ? Essayez de comprendre ce qui coince. Le budget ? Le principe même de l'accompagnement ? Le choix du cabinet ? Selon sa réponse, vous pourrez éventuellement proposer une prestation plus courte, revoir votre demande et/ou passer la main à votre avocat(e). N'oubliez pas non plus que, dans le cadre d'une rupture conventionnelle individuelle, l'employeur n'a pas d'obligation générale de financer un outplacement. Il s'agit d'un avantage à négocier, sauf dispositif collectif ou engagement particulier prévoyant une telle prise en charge.
Ne négociez pas uniquement les conditions de votre départ. Pensez aussi à négocier celles de votre rebond professionnel !
Chez Oser Rêver Sa Carrière, nous accompagnons régulièrement des salarié(e)s qui souhaitent intégrer un outplacement à leur négociation de départ. Nous pouvons notamment établir un devis adapté à votre situation et à vos besoins, afin que vous puissiez le présenter à votre employeur ou à votre avocat.
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