Bilan de compétences sur-mesure
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« Je n’aime plus mon métier »... cette phrase n'est jamais facile à prononcer. A l'instar d'un douloureux constat dans un rapport (autrefois) amoureux, le désamour professionnel n'est pas facile à vivre. Parce qu'il ne signifie pas seulement que l'on s'ennuie au travail ou que l'on traverse une mauvaise période. Le constat, souvent amer, peut bousculer tout ce que l'on avait construit (et que l'on croyait acquis) : nos études, notre parcours professionnel, notre statut, notre salaire, notre standing de vie, notre écosystème, notre identité… et parfois même l'image que l'on avait de nous-même. Pourtant, cette rupture affective d'avec notre travail peut arriver. Même quand on a adoré son métier pendant des années. Un jour, on se lève et quelque chose a changé. Le métier que l'on avait choisi ne nous ressemble plus. On continue à travailler. On fait ce que l'on a toujours fait. On répond aux mails, on assiste aux réunions, on remplit ses missions. Mais l'envie, elle, n'est plus là. La petite flamme s'est éteinte. Autrement dit, le corps est au travail, mais le cœur n'y est plus.
Cette prise de conscience peut être vertigineuse, surtout lorsque l'on ne s'est jamais imaginé faire autre chose, et que l'on se croyait à l'abri d'un tel désamour professionnel. Se pose alors la question de savoir que faire lorsque l'on n'aime plus son métier ?
C'est probablement la première chose à entendre : vous avez parfaitement le droit de ne plus aimer un métier que vous avez peut-être pourtant choisi avec enthousiasme à l'origine. Nous évoluons. Toutes et tous. Nos besoins changent. Nos aspirations changent. Nos valeurs aussi. Nos priorités peuvent se transformer au fil des expériences, des rencontres, et des événements de la vie. Ce qui nous convenait à 25 ans peut ne plus nous convenir à 40 ou 50 ans. Il ne s'agit en rien d'un échec. C'est tout simplement le signe que vous avez changé. Le problème n'est donc pas forcément d'avoir fait le mauvais choix professionnel. La vraie question, tout du moins la plus pertinente, est plutôt : est-ce que mon métier ne me correspond plus parce que j'ai changé... ou est-ce que mes conditions de travail et/ou mon cœur de métier sont devenus incompatibles avec moi ? Avec la femme ou l'homme que je suis aujourd'hui ? Cette distinction, souvent pierre angulaire de l'accompagnement professionnel, est essentielle.
Avant de tout remettre en question trop hâtivement, il est important d'analyser finement ce qui vous pèse. Ce n'est en effet pas toujours le cœur du métier que l'on aime plus, mais l'environnement... Le management, la culture de l'entreprise, la surcharge de travail, le manque de reconnaissance, les relations avec certains collègues, l'absence d'autonomie, la pression permanente. Ou encore un manque de moyens (financiers, humains ou logistiques) qui empêche de faire correctement son travail. Vous pouvez donc parfaitement détester votre situation professionnelle actuelle sans détester votre métier. Cette nuance, parce qu'elle impacte la suite, est fondamentale. Changer d'entreprise ou d'environnement professionnel peut en effet parfois suffire à retrouver de l'énergie, et un second souffle professionnel.
Il arrive que le malaise soit bien plus profond qu'un seul désamour de ses conditions de travail. C'est lnotamment le cas lorsque :
Une petite voix revient alors en boucle : « je ne peux quand même pas continuer comme ça pendant encore vingt ans… ». Si cette pensée déstabilisante vous accompagne régulièrement, elle mérite d'être écoutée (exit le déni !).
Il arrive que le problème ne soit pas seulement l'ennui, mais le sens qui disparaît. Vous pouvez être compétent, correctement rémunéré, reconnu par vos pairs, apprécié par vos clients… et ressentir parallèlement un profond vide. Très vite, des questionnements apparaissent (pour ne pas dire vous parasitent) : à quoi sert ce que je fais ? Pourquoi est-ce que je me lève le matin pour ce boulot ? Est-ce comme ça que j'ai envie de passer mes journées ? Est-ce vraiment ce que je me souhaite pour les prochaines années ? Cette perte de sens peut être particulièrement déstabilisante, voire très anxiogène, chez les personnes très investies dans leur métier. Parce qu'elles ont longtemps trouvé dans leur travail une source d'accomplissement. Lorsque cette source se tarit, elles peuvent avoir le sentiment de perdre une partie d'elles-mêmes.
Nous avons parfois tendance à considérer notre parcours professionnel comme une ligne droite : études → premier métier → évolution → responsabilités → retraite. Mais nos vies professionnelles sont rarement aussi linéaires. Surtout aujourd'hui. Les continuum professionnels deviennent de plus en plus rares, contrairement à ce qu'ont vécu les générations précédentes.
Il peut y avoir plusieurs chapitres. Un premier métier qui nous apprend énormément. Une deuxième vie professionnelle qui répond davantage à nos aspirations. Puis, parfois, un nouveau projet. Cette impermanence professionnelle est à l'image de la vie tout court : un long fleuve intranquille ;-). Le désamour professionnel correspond parfois tout simplement à la fin d'un cycle. Avec un besoin de renouvellement qui ne gomme en rien le passé.
Bien au contraire ! En matière de transition professionnelle, nous avons coutume de dire que "rien ne se perd, tout se transforme". Votre expérience passée peut devenir une ressource extraordinaire pour la suite. Vos compétences, vos talents, vos rencontres, vos connaissances, vos erreurs, vos réussites… tout cela vous accompagne. L'expérience acquise l'est pour toujours.
Une transition pro n'est donc pas nécessairement un nouveau départ. C'est parfois une nouvelle manière de mettre à profit tout ce que vous avez déjà construit, en ajoutant au passage des cordes à votre arc.
C'est probablement l'une des phrases que nous entendons le plus souvent dans nos murs.
Elle est parfaitement légitime : savoir que l'on ne veut plus de sa situation actuelle ne signifie pas automatiquement savoir ce que l'on veut à la place. Ce serait (presque) trop facile sinon ;-).
Vous pouvez très bien avoir une certitude : "je ne veux plus faire ça". Sans pour autant avoir encore la réponse à : "mais alors, qu'est-ce que je veux faire ? » Il n'y a pas de contradiction. La réflexion professionnelle ne commence pas toujours par une idée lumineuse de métier. Loin de là ! Elle commence en revanche souvent par une prise de conscience.
Lorsque l'on envisage un changement professionnel, on peut être tenté de chercher immédiatement le métier qui correspondrait parfaitement à toutes nos envies, et qui cocherait toutes les cases de notre cahier des charges. Mais le métier idéal n'existe (malheureusement) pas toujours ! En revanche, il existe des environnements, des missions et des façons de travailler qui peuvent être beaucoup plus cohérents avec ce que vous êtes aujourd'hui. Commencez donc par une réelle introspection, et interrogez-vous sur vous-même : qu'est-ce qui me donne de l'énergie ? A l'inverse, qu'est-ce qui m'en prend ? Quelles sont les valeurs que j'ai envie de véhiculer dans mon futur quotidien professionnel ? De quoi avez-vous besoin pour me sentir utile, et à ma place ? Dans quel(e) environnement(e) donne-je le meilleur de moi-même ? Sur quoi n'ai-je pas (plus) du tout l'intention de faire des compromis sur le volet pro ? Ces questions sont souvent très éclairantes, surtout lorsque l'on a la chance d'avoir un tiers, encadrant et accompagnant la démarche.
Lorsque l'on n'aime plus son métier, le premier réflexe consiste souvent à vouloir enfouir le sujet, à faire l'autruche, et à se laisser envahir par les autres sujets de la vie. Autrement dit, on ne s'empare pas de la situation et on reste dans l'immobilisme. Parce que regarder la situation avec lucidité et s'avouer que l'on est plus à la bonne place peut faire mal. Et parce que changer fait peur. On trouve alors tous les prétextes possibles pour dédramatiser la situation : "j'ai de la chance, je suis quand même bien payé", "après tout, je ne vais pas à la mine. Ce n'est pas si terrible que ça... il y a pire". Ces petites phrases peuvent être parfaitement rationnelles. Mais elles ne répondent pas aux questions essentielles :
=> est-ce que cette vie professionnelle me convient encore ?
=> ai-je envie de vivre ma vie pro juste en "tenant bon" et en serrant les dents continuellement ?
Tenir, c'est subir
Lorsque la perte d'envie s'accompagne d'une fatigue intense, de troubles du sommeil, d'une irritabilité inhabituelle, de difficultés de concentration, de crises de larmes, d'un sentiment d'épuisement ou d'une impossibilité à récupérer, il ne s'agit peut-être pas simplement d'une envie de changer de métier. Un épuisement professionnel peut modifier profondément notre perception du travail. Il peut d'ailleurs être - dans certains cas - un véritable prisme déformant. Dans ce contexte, la priorité est de prendre soin de sa santé, de consulter un professionnel de santé et - bien sûr - de suivre ses préconisations s'il vous conseille une extraction de votre environnement de travail. Un changement professionnel ne se décide pas forcément au cœur de l'épuisement, en pleine tempête intérieure. Il faut retrouver suffisamment d'énergie pour pouvoir réfléchir sereinement à la suite, et agir. Chaque chose en son temps.
Un bilan de compétences peut être particulièrement intéressant lorsque vous êtes dans cette zone de flou : "je sais que quelque chose doit changer, mais je ne sais pas encore quoi, ni comment le savoir". Il permet notamment de prendre du recul sur son parcours, d'identifier ses compétences, ses motivations, ses valeurs et ses besoins, mais aussi de faire émerger des pistes professionnelles réalistes. L'objectif n'est pas de vous enfermer dans un nouveau métier qui sortirait du chapeau grâce à une baguette magique. Il est au contraire de mieux vous connaître, de vous aider à ouvrir le champ des possibles, puis de faciliter votre processus décisionnel. Parce que parfois, la bonne question n'est pas : "quel métier dois-je faire ? Mais plutôt : "quelle vie professionnelle ai-je envie de construire à partir de maintenant ?" Et comment vais-je l'intégrer à mon projet de vie ?
Beaucoup imaginent que lorsque l'on aime plus son métier, il faut nécessairement repartir de zéro : changer complètement de secteur, reprendre des études, accepter de perdre en salaire, ou en confort de vie, tout recommencer. Il existe en réalité une multitude de chemins intermédiaires : opter pour une mobilité interne, jobcrafter son poste, exercer la même activité mais à son compte, se former pour gagner en compétences le temps de pouvoir opérer une transition plus importante, conduire un side project, slasher entre deux activités, réorganiser son temps et/ou son environnement de travail, évoluer vers une autre fonction, etc. Les issues d'un bilan de compétences ou d'un outplacement sont aussi nombreuses que celles et ceux se faisant accompagner via ces dispositifs. Entre rester exactement là où vous êtes et tout plaquer du jour au lendemain, il existe tout un monde de possibilités.
Peut-être que vous n'aimez plus votre métier. Peut-être que vous vous êtes simplement éloigné de ce qui vous faisait vibrer. Peut-être que vous êtes épuisé. Dans tous les cas, votre parcours professionnel n'est pas figé. Et rien n'est irréversible en la matière. Vous avez le droit de vous questionner. Vous avez le droit de changer d'avis. Vous avez le droit de vous autoriser à vouloir autre chose. Et - surtout - vous avez le droit de construire une vie professionnelle qui vous ressemble davantage aujourd'hui. Au risque d'enfoncer une porte ouverte, rappelons qu'une carrière n'est pas une autoroute dont il faudrait suivre le tracé jusqu'au bout. C'est un chemin...
A méditer ;-)
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