Après un burn-out, pourquoi reprendre en intérim plutôt qu'en CDI peut être une bonne idée ?

Article
Surchauffe professionnelle et burn-out
4 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
August 27, 2026

Introduction

Si le CDI représente pour beaucoup la sécurité, il peut parfois être redouté, notamment chez celles et ceux ayant traversé les affres de l'épuisement professionnel. Lorsque l'on a été en arrêt durant des mois, voire quelques années, et qu'il est l'heure de retourner travailler, l'engagement à durée indéterminée peut en effet être extrêmement anxiogène et représenter une forme d'enfermement trop important, dont on ne veut plus, tout du moins pour le moment.

Or, il est absolument fondamental de reprendre selon des modalités de travail alignées avec le "nouvel état d'esprit" post burn-out, et - corrélativement - de se donner le droit d'expérimenter, de façon... réversible ;-).

Comme nous l'expliquions déjà dans notre article « Burn-out : devenir bénévole pour préparer son retour à l'emploi », le retour au travail n'est pas un interrupteur que l'on rallume du jour au lendemain. Loin de là. Il doit idéalement être progressif, par étapes, en fonction du niveau d'énergie et de confiance en soi.

Le bénévolat peut ainsi constituer une première étape pour retrouver une dynamique, du lien social et le sentiment d'être à nouveau utile. L'intérim peut, pour certaines personnes, représenter l'étape suivante : retrouver progressivement le monde professionnel, sans s'engager immédiatement dans le traditionnel CDI.

Reprendre le travail sans forcément se réengager pour plusieurs années

Après un burn-out, reprendre un emploi peut faire peur. C'est souvent le cas chez nos accompagné(e)s. La perspective de la reprise - au même poste ou dans un nouveau secteur/une nouvelle entreprise - est source de nombreuses interrogations et de craintes parfaitement légitimes : perte de confiance en soi, en ses compétences, en sa faculté à (re)travailler, à tenir le rythme, etc. Une autre peur fréquemment rencontrée est celle de s'épuiser à nouveau au bout de quelques jours ou quelques semaines.

Le retour à l'emploi après un burn-out se doit d'être pensé progressivement. Pour certaines personnes, cette progression peut commencer par du bénévolat. Pour d'autres, lorsque l'énergie est revenue et que la capacité de projection au travail est là, une mission d'intérim peut constituer une manière de reprendre pied dans le monde professionnel sans se projeter immédiatement dans un engagement à long terme : vous acceptez une mission, vous découvrez une entreprise, vous testez un environnement de travail, vous observez votre niveau d'énergie, et - surtout - vous n'avez pas à vous projeter immédiatement dans les cinq prochaines années. L'engagement n'est pas trop fort. Il est à la mesure de votre capacité de projection actuelle. Et vous en avez parfaitement le droit ! Remettre un pied dans le monde de l'entreprise - sans pour autant vous sentir marié(e) avec ladite entreprise - est nettement moins "flippant" qu'un engagement long-termiste, surtout lorsque l'on a été échaudé par une expérience douloureuse auparavant. Il ne faut jamais oublier la dimension traumatique de l'épuisement dans l'équation de la reprise...

L'intérim permet de tester… sans tout miser sur un seul poste

Lorsque l'on sort d'un burn-out, on peut vouloir trouver rapidement LE bon métier, LA bonne entreprise, LE poste dans lequel on ne souffrira plus jamais ("on ne m'y reprendra pas...").  Or, hélas, personne ne peut garantir cela à 100%. Même après un bilan de compétences ou un outplacement, même avec un projet mûrement réfléchi, il reste toujours une micro part d'inconnu. C'est justement pour cette raison que l'expérimentation peut être pertinente.

Dans notre article consacré au bénévolat, nous expliquions déjà comment une activité bénévole peut permettre de retrouver progressivement confiance en soi et de tester de nouvelles compétences avant de reprendre un emploi. L'intérim fonctionne sur une logique assez proche, mais dans un cadre professionnel rémunéré. Vous pouvez découvrir une entreprise, un secteur, un type de management ou une organisation du travail, et vous pouvez ainsi vous poser de bonnes questions, très concrètes : est-ce que je me sens bien dans cet environnement ? Est-ce que cet écosystème professionnel me convient ? Est-ce que le rythme de cette entreprise est le mien ? Est-ce que je supporte à nouveau les réunions, les sollicitations, les imprévus ? Est-ce que je retrouve du plaisir à travailler ? Est-ce que je parviens à rentrer chez moi sans continuer à "travailler mentalement" ? Est-ce que mes limites sont respectées ? Est-ce que j'arrive à les opposer aux autres ? Est-ce que j'arrive désormais à dire non plus facilement qu'auparavant ?

L'intérim peut devenir un véritable laboratoire de reprise professionnelle. Pour tester un environnement, une façon de travailler, un secteur, un métier et vous tester vous-même afin de remuscler votre confiance en vous, souvent réduite à peau de chagrin après ce tsunami qu'est le burn-out.

Après un burn-out, retrouver confiance en soi est capital...

Nous le constatons régulièrement chez Oser Rêver Sa Carrière : le burn-out abîme profondément la confiance en soi : "je ne suis plus capable", "je ne tiendrai jamais plus d'une matinée", "j'ai perdu tous mes réflexes", "je ne sais plus travailler", Ces pensées anxieuses accompagnent souvent la reprise. C'est pour cette raison que nous avions consacré un article au bénévolat comme étape possible avant le retour à l'emploi. Lorsque l'on ne se sent pas encore capable de reprendre un travail, retrouver une activité, des responsabilités, des interactions avec les autres et le sentiment d'être utile peut déjà constituer une première marche. Mais lorsque l'on est prêt à retourner dans le monde professionnel, l'intérim peut permettre de poursuivre cette reconstruction.

Il faut en effet parfois réexpérimenter le travail, retrouver progressivement des automatismes, recevoir à nouveau des retours positifs, constater que l'on est capable de mener une mission à bien. Puis une deuxième. Et peut-être une troisième. Progressivement, quelque chose se reconstruit : la foi en soi-même, la fierté de "faire à nouveau" et de se remettre dans le "bain social". Cette expérimentation concrète peut être extrêmement précieuse.

Et si l'intérim permettait aussi d'apprendre (ou de réapprendre !) à dire non ?

C'est un point particulièrement important après un burn-out, et à propos duquel il faut se montrer vigilant. Beaucoup de personnes qui s'épuisent professionnellement ont été très investies dans leur travail. Elles ont parfois eu du mal à poser leurs limites, à refuser une charge supplémentaire, à partir à l'heure ou à accepter de ne pas être disponibles en permanence.

En sus d'être l'occasion d'apprendre à reconnaître une entreprise avec laquelle on est aligné et à repérer une potentielle toxicité, le retour à l'emploi doit aussi être l'occasion d'apprendre à fonctionner autrement. Là encore et sous cet angle, l'intérim est intéressant car il peut permettre d'observer ses propres réactions : est-ce que je dis oui automatiquement ? Est-ce que j'accepte une charge de travail excessive ? Est-ce que je culpabilise lorsque je refuse ? Est-ce que je respecte mes temps de repos ? Est-ce que je me sens obligé de prouver immédiatement ma valeur ? Est-ce que j'ai l'impression d'être en sur-adaptation ou sur-effort constant ? Autant de signaux à écouter... Car le véritable enjeu n'est pas simplement de retravailler. Il est de retravailler sans se perdre à nouveau. Sans se laisser vampiriser par un fonctionnement qui ne nous convient pas et qui est trop énergivore. Sans s'oublier et - évidemment - sans se ré-épuiser.

L'intérim n'est toutefois pas une solution miracle

Attention toutefois à ne pas idéaliser l'intérim. Une mission temporaire peut être rassurante pour certaines personnes et, au contraire, générer beaucoup d'anxiété chez d'autres. L'instabilité des missions, les changements fréquents d'environnement, les horaires ou encore l'incertitude concernant la suite peuvent être difficiles à vivre lorsque l'on sort d'un épuisement professionnel. Il ne s'agit donc surtout pas de dire, à travers cet article : après un burn-out, faites de l'intérim ! Mais plutôt de rentrer dans la logique du "je m'autorise à envisager plusieurs façons de reprendre ». Le CDI n'est pas l'unique chemin. Et il n'existe pas une seule trajectoire en matière de reprise post burn-out. Pour certains, le bénévolat sera une première étape. Pour d'autres, une formation, un projet personnel, un side project, ou une reconversion seront plus adaptés. Et pour d'autres encore, l'intérim permettra de remettre progressivement un pied dans le monde professionnel.

Le CDI en bout de course ?

Paradoxalement, choisir l'intérim peut aussi permettre de retrouver un CDI dans de meilleures conditions. Parce qu'après un accompagnement et plusieurs missions, vous aurez peut-être une vision beaucoup plus claire de ce que vous voulez, et de ce dont vous ne voulez surtout pas. Vous saurez mieux :

  • quel type d'entreprise vous convient ;
  • quel rythme de travail vous pouvez réellement supporter ;
  • quel type de management vous va ;
  • quelles sont vos limites ;
  • quelles tâches/missions quotidiennes vous donnent de l'énergie ;
  • lesquelles, à l'inverse, vous épuisent ;
  • et surtout, ce que vous ne voulez plus accepter. Vos "non négociables".

Vous pourrez alors choisir un CDI non plus parce qu'il faut absolument « retrouver une situation stable », mais parce que ce poste correspond réellement à la personne que vous êtes devenue. Et ça, croyez-nous, cela change tout... Le burn-out a nécessairement changé la personne que vous étiez. Il vous a sans douté obligé à analyser votre rapport au travail, vos priorités, vos valeurs, vos limites, etc. L'objectif de la reprise n'est surtout pas de retrouver la vie professionnelle d'avant (vous connaissez l'adage "aux mêmes causes, les mêmes effets"), mais de parvenir à changer de paradigme, et de construire une vie professionnelle différente, plus alignée avec votre projet de vie. Plus consciente. Plus alignée avec vos besoins.

Dans cette perspective, il n'y a aucune honte à reprendre par étapes. Comme nous l'évoquions dans notre article sur le bénévolat, il peut être nécessaire de reconstruire progressivement sa confiance et son rapport à l'activité avant de retrouver un emploi. Et lorsque l'on est prêt à retravailler, l'intérim peut être l'une des manières de poursuivre ce cheminement.

Parfois, cette reconstruction passe par un CDI. Parfois par un ou plusieurs CDD. Parfois par l'intérim. Et parfois même par plusieurs de ces étapes successivement. L'important n'est pas la forme du contrat, mais de savoir si la manière dont vous retravaillez aujourd'hui est compatible avec la personne que vous êtes devenue.

Chez Oser Rêver Sa Carrière, nous accompagnons les personnes qui souhaitent retrouver leur place dans le monde professionnel après un burn-out, sans reproduire les mécanismes qui les ont conduites à l'épuisement, et sans retourner dans des univers toxiques ou non alignés. Parce que nous considérons qu'après un burn-out, il ne s'agit pas simplement de retrouver un emploi. Il s'agit de retrouver une façon de travailler qui permette de rester en bonne santé.

Bilan de compétences spécial burn-out®

⮑  Eligible CPF, OPCO & France Travail

Vous traversez ou avez traversé un épuisement professionnel et souhaitez bénéficier d'un accompagnement complet et sur-mesure afin de préparer votre reprise et construire la suite de votre carrière, sans vous oublier & en prévenant le risque de rechute ? Optez pour notre bilan spécial burn-out pour rebondir et vous reconstruire !

Ca m'intéresse
Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.