Introduction
L'arrêt de travail est parfois le révélateur de difficultés professionnelles latentes depuis longtemps. Quand on s’arrête parce que l’on est à bout, parce que l'on est épuisé, parce que le corps dit stop et que l'on y arrive plus, une question finit systématiquement par émerger : et maintenant, comment vais-je reprendre ?
Cette question concerne aussi bien les salariés du secteur privé que les agents de la fonction publique confrontés à un épuisement professionnel, à une maladie, à une longue période d’arrêt ou à une perte de sens au travail.
Le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel le 31 juillet, fait évoluer à partir du 1er août 2026 plusieurs règles relatives aux congés pour raisons de santé des agents publics. Il concerne les trois versants de la fonction publique, ainsi que les militaires et les ouvriers de l'État.
Au-delà des évolutions administratives, certaines mesures interrogent directement la manière dont on accompagne le retour à l'emploi après une période de fragilité professionnelle. C'est là l'une des évolutions les plus intéressantes : la question de la reprise ne se résume plus nécessairement à « reprendre son poste ».
Il est en effet essentiel, lorsque l'on commence à aller mieux, de se demander : dans quelles conditions puis-je reprendre ? Et est-ce réellement à ce poste que je dois reprendre ?
Temps partiel thérapeutique : reprendre, mais autrement..
À compter du 1er août 2026, la procédure d'accès au temps partiel pour raison thérapeutique (TPT) évolue dans la fonction publique.
L'objectif du TPT est de permettre à un agent de reprendre progressivement une activité professionnelle lorsque son état de santé ne permet pas encore une reprise à temps plein. Les règles concernant les conditions médicales d'accès, les quotités de travail, la rémunération et le rechargement des droits restent inchangées. En revanche, la procédure est simplifiée et davantage encadrée. L'autorisation peut par exemple désormais être accordée sans durée minimale imposée, dans la limite d'une année. Les décisions de refus ou d'interruption doivent être motivées et, lorsque le motif est médical, l'avis d'un médecin agréé est requis.
Autre évolution : le contrôle médical systématique au-delà de trois mois est supprimé. L'employeur conserve néanmoins la possibilité de demander un examen médical à tout moment. Sur le papier, ces changements peuvent sembler essentiellement administratifs. Dans la réalité, ils posent une question essentielle : comment permettre à une personne fragilisée de reprendre son activité sans la remettre immédiatement dans les conditions qui ont contribué à son épuisement ?
Après un arrêt, reprendre ne signifie pas forcément « revenir comme avant »
C'est une distinction fondamentale. Après plusieurs semaines ou plusieurs mois d'arrêt et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, l'objectif n'est pas de retrouver son rythme habituel. Surtout pas. Aaprès un épuisement professionnel, une longue maladie ou une période de souffrance au travail, la reprise nécessite un profond travail de reconstruction afin de retrouver, en douceur : de l'énergie, de la confiance en soi, des repères professionnels, une capacité à poser ses limites (et les opposer, voire les imposer, aux tiers), le sentiment d'être à nouveau compétent, mais aussi parfois… l'envie de travailler. Certaines personnes se rendent compte, au fil de l'arrêt, qu'elles ne veulent/peuvent plus retourner dans leur environnement professionnel. Cette prise de conscience peut être déstabilisante, et même vertigineuse.
Le décret introduit aussi une réflexion intéressante autour de la réadaptation et de la reconversion
C'est probablement l'un des points qui mérite le plus votre attention. Le décret prévoit qu'un agent puisse demander une formation ou un bilan de compétences en vue de sa réadaptation ou de sa reconversion, sous réserve de l'avis favorable du médecin agréé. Cette possibilité est particulièrement intéressante parce qu'elle reconnaît implicitement une réalité : la reprise professionnelle nécessite parfois, pour certain(e)s de réfléchir à une nouvelle trajectoire. Il ne s'agit plus seulement de savoir comment retourner travailler. Il peut s'agir de déterminer comment retrouver une vie professionnelle compatible avec son état de santé, ses besoins, ses valeurs, ses aspirations et son écologie personnelle. Il s'agit donc là d'une grande nouveauté puisqu'elle permettra dorénavant aux agents publics d'avoir l'espace-temps pour continuer leur reconstruction, se poser les questions essentielles après un burn-out afin de déterminer si - oui ou non - ils retournent "sur les lieux du crime", s'ils souhaitent reprendre à leur poste via des modalités respectueuses de leur état de santé ou s'ils souhaitent s'envoler vers de nouveaux horizons professionnels...
Oser Rêver Sa Carrière accompagne les transitions professionnelles, les bilans de compétences et les reconversions, notamment après un épuisement professionnel.