Bourreau de travail : pourquoi cette qualité est un facteur de risque de burn-out

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Surchauffe professionnelle et burn-out
3 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
August 26, 2026

Introduction

« C’est un bourreau de travail »… expression presque flatteuse dans l’esprit collectif pour désigner une personne pouvant endosser une charge de travail ultra importante.

Derrière cette formule se cache pourtant une réalité bien différente. Ce qui est présenté comme une qualité est parfois le signe d'une difficulté à poser des limites, à préserver sa santé ou à reconnaître que tout le monde a besoin de souffler. À force de glorifier celles et ceux qui « tiennent le coup », on finit par oublier que personne n'est inépuisable.

Donc :

  • Quelqu’un de super endurant ;
  • Qui peut travailler sur une amplitude horaire hyper large ;
  • Qui peut potentiellement passer en mode robot pour abattre du volume ;
  • Qui dit rarement non aux sollicitations et au travail en plus.

Autrement dit, un.e parfait.e candidate au burn-out

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Cette représentation est d'autant plus problématique qu'elle véhicule un message implicite : plus on travaille, plus on serait engagé, compétent ou méritant. Pourtant, la performance durable ne repose pas sur l'épuisement mais sur l'équilibre.

Dans certains milieux professionnels, être un « bourreau de travail » est largement vanté, voire récompensé.

Travailler comme un dingue, rester jusqu’à pas d’heure au bureau et « ne faire que ça » est valorisé ; « ça fait bien » parce que « c’est comme ça que ça se passe dans la profession ou l’entreprise ».

Cette culture du présentéisme est encore très présente dans certains secteurs. Les longues journées deviennent un marqueur de réussite, tandis que partir à une heure raisonnable peut être perçu comme un manque d'implication. Peu à peu, les comportements excessifs deviennent la norme et chacun finit par s'y adapter.

Le sacerdoce professionnel est considéré comme normal. Ou tout du moins un passage obligé en début de carrière, relevant presque du « rite initiatique ».

Comme si souffrir au travail constituait une preuve de valeur. Comme si l'épuisement faisait partie de l'apprentissage. Cette croyance est pourtant dangereuse : elle banalise les premiers signes d'alerte et retarde souvent la prise de conscience.

C’est ce qu’ont vécu certains de nos accompagnés :

  • Solène, notre accompagnée avocate qui s’est retrouvée à avoir un lit de camp au cabinet dans les périodes de closing, pratique courante dans ledit cabinet ;
  • Eléonore, manager dans une grosse boîte d’audit qui s’est retrouvée un mois après son entrée dans l’entreprise à faire le travail de deux personnes du fait de l’arrêt maladie pour épuisement (…) d’un membre de son équipe non remplacé ;
  • Alexandre, qui acceptait (sans vraiment en avoir le choix) d’être sollicité en permanence par ses collègues du fait d’un boss rarement sur site et qui ne répondait jamais aux demandes de ses collaborateurs.

Ces situations sont loin d'être anecdotiques. Elles illustrent une organisation du travail où les difficultés individuelles deviennent des problèmes collectifs : les absences ne sont pas remplacées, les charges s'accumulent, les collaborateurs les plus investis compensent jusqu'à leur propre épuisement.

À force, le « bourreau de travail » devient souvent celui ou celle sur qui l'on compte systématiquement. Parce qu'il ou elle ne refuse presque jamais. Parce qu'il ou elle trouve toujours une solution. Jusqu'au jour où le corps ou le mental disent stop.

On ne rappellera jamais assez que la sur-valorisation du sur-travail est toxique. Qu’il n’est pas normal qu’une entreprise laisse ses collaborateurs s’investir sans limite, sans rappel (et respect) du droit du travail, du droit à la déconnexion, etc. sans mettre en place des dispositifs destinés à la prévention des risques psychosociaux et de la santé de ses employés.

La prévention du burn-out ne consiste pas uniquement à apprendre aux salariés à mieux gérer leur stress. Elle suppose aussi de remettre en question certaines normes culturelles profondément ancrées dans le monde du travail. Valoriser la performance ne devrait jamais signifier encourager le sacrifice de sa santé.

Être investi dans son travail est une qualité. S'oublier au point de mettre sa santé en danger n'en est pas une.

La frontière entre engagement professionnel et surinvestissement est parfois très fine. Savoir la reconnaître est sans doute l'un des premiers leviers de prévention de l'épuisement professionnel.

Pour aller plus loin, n'hésitez pas à :

- Lire ces 3 articles : Pourquoi les salariés les plus investis font-ils des burn-out ?  ; L'addiction au travail ; Portrait-robot des personnes les plus exposées au burn-out.

- Écouter la capsule 62 de notre podcast Cheminement : Etre ou ne pas être un bourreau de travail

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Ca m'intéresse
Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.