Margaux Motin. Un jour, on m'a dit "ose", ça a été le point de départ d'un long cheminement personnel...

Podcast
Saison 2
Ep 37
50 min
Marina Bourgeois
Publié le
June 28, 2023
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À quoi s'attendre ?

Si on m’avait dit qu’un jour, j’interviewerai Margaux Motin, la célèbre et surtout très chouette illustratrice et artiste, et que j’aurais la chance qu’elle me raconte son cheminement, sincèrement, mais vraiment sincèrement, je n’y aurais pas cru…

Margaux, en BD comme sur Instagram, c’est du bonheur, de la nature et du naturel, de la profondeur et de la réflexion sur un ton léger et drôle.

C’est aussi une femme - via ses personnages - qu’on a l’impression de connaître depuis toujours parce qu’on la voit au fil de son oeuvre grandir, mûrir, se prendre la tête sur des trucs sur lesquels on se prend tous la tête, aimer, s’interroger, cheminer, rager, s’enchanter… Les personnages de Margaux, c’est un peu nous toutes, nous tous, avec nos névroses, nos peurs, nos coups de folie, nos envies, nos lubies…

Et puis Margaux, c’est aussi beaucoup de générosité : une vraie considération pour ses lecteurs sur les réseaux, du partage avec les illustrateurs débutants...

Avec un message qu’elle a un jour elle-même reçu : OSER !

Alors - évidemment - chez Oser Rêver Sa Carrière , on l’attendait avec grande impatience !

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : Une rencontre inattendue

[Marina] Avancer, douter, reculer, hésiter, choisir, réussir, chuter, rebondir. Ce sont ces mouvements de la vie que nous traversons toutes et tous que je questionne dans ce podcast. Je suis Marina Bourgeois et reçois à mon micro des invités au parcours de vie singulier, mouvant, parfois fracturés, mais surtout inspirants. Bienvenue dans le podcast Cheminement. Si on m'avait dit qu'un jour j'interviewerai Margaux Motin, la célèbre et surtout très chouette illustratrice, sincèrement, je n'y aurais pas cru. Je me revois encore dans mon canapé à lire et sourire en tournant les pages de ses BD alors que j'étais dans ma première carrière dans le droit. Même pas en rêve j'aurais imaginé échanger avec celle dont je dévorais les pages. Margaux, c'est du bonheur, de la nature, de la profondeur et de la réflexion sur un ton léger et drôle. Ses personnages, c'est un peu nous toutes avec nos névroses, nos peurs et nos envies. Hello Margaux, merci d'avoir accepté mon invitation.

[Margaux] Bonjour Marina, merci pour cette introduction incroyable que j'aime beaucoup.

[Marina] J'ai beaucoup pensé à toi ces derniers jours parce que c'est le printemps, titre de tes deux dernières BD, mais aussi parce que c'est la période du pollen, des guêpes et des abeilles....

[Margaux] On peut en parler ! Ce n'est plus un problème dans mon existence, c'est quelque chose que j'ai réussi à régler et je suis très contente parce que c'était un peu problématique.

05:00 Le changement de vie : De Paris au Pays Basque

[Marina] Margaux, tu es née en Normandie, puis tu es arrivée à Paris, et là tu as quitté Paris pour le Pays Basque. Pourquoi ce changement de vie ?.

[Margaux] Principalement par amour, car j'étais en couple avec Paco qui s'était installé ici. La relation à distance n'était plus satisfaisante et quand il m'a dit « Prends tes clics et tes claques et viens t'installer là », ça a fait ni une ni deux. Je ne connaissais pas du tout le Pays Basque avant, mais je m'y suis sentie tout de suite invitée.

[Marina] Je crois que tu es passée par Biarritz avant de faire le grand saut vers la campagne ?.

[Margaux] Oui, j'avais oublié que j'avais grandi à la campagne et l'idée de quitter Paris me faisait flipper. Comme on ne vivait pas ensemble tout de suite et que je ne conduisais pas, l'étape intermédiaire de Biarritz me permettait de vivre ce changement tranquillement avant d'être vraiment autonome.

[Marina] Et s'il fallait revenir à Paris aujourd'hui ?.

[Margaux] Plutôt crever ! Je dis ça avec respect pour ceux qui kiffent cette ville, mais ce n'est plus dans mon ADN. Je suis définitivement une fille de province. À Paris, j'étais moins connectée à moi-même et plus anxieuse. Finalement, ce retour à la campagne, c'est un retour aux sources.

10:00 Le point de départ : La conseillère d'orientation

[Marina] Quel est le point de départ de ta carrière ? Je crois qu'une conseillère d'orientation t'a mise sur la voie ?.

[Margaux] Oui, l'année de la terminale, je ne m'étais pas posé la question de mon métier jusqu'à ce qu'il faille remplir les vœux sur le Minitel. J'ai eu un moment de panique et cette conseillère a su me poser les bonnes questions. Elle m'a demandé : « Qu'est-ce que vous aimiez faire quand vous étiez enfant ? Qu'est-ce qui vous amusait ? ». Je lui ai dit que j'aimais dessiner. Elle m'a ouvert la porte en me disant qu'il existait des écoles d'art à Paris. Ça a été ma première révélation : c'était possible d'en faire son métier.

15:00 L'environnement familial et la fibre artistique

[Marina] Comment ça a réagi dans ta famille ?.

[Margaux] Je viens d'une famille à vocation artistique du côté de ma mère. Elle a toujours voulu qu'on fasse ce qui nous épanouissait. Pour mon père, c'était plus complexe car il voulait être sûr que j'allais gagner ma vie. Il m'a dit : « Ce sont des voies compliquées, il va falloir t'accrocher ». Ça a fait un juste mélange : j'ai toujours entrepris ma vie d'artiste comme une carrière qui devait me faire bien vivre.

20:00 Les études d'art : La sensation d'être à sa place

[Margaux] J'ai fait l'école Olivier de Serre. Le truc le plus marquant, c'est que j'ai eu pour la première fois l'impression d'être à ma place. On était tous des artistes, c'était un peu comme dans la série Fame. Se retrouver dans une école où tout le monde a soif de créer m'a donné confiance. Après l'école, ma priorité était d'être autonome financièrement. J'ai pris des petits boulots pendant un an et demi pour avoir mon studio et mon indépendance avant de me lancer réellement dans l'illustration.

25:00 2008 : L'explosion du blog

[Marina] En 2008, tu crées ton blog. C'est ça qui t'a fait décoller ?.

[Margaux] C'est une succession de rencontres qui m'ont permis de passer des étapes. Le blog m'a fait connaître du grand public, c'était l'adhésion des lectrices et le début de l'aventure. Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça explose ; je l'avais conçu comme un outil de communication pour mes clients. Au début, il n'y avait que ma mère et ma sœur qui le lisaient !.

30:00 La force de travail et les risques de Burnout

[Margaux] Quand je fais ce que j'aime, j'ai une grosse force de travail. Un jour, j'ai dit à un pote qui pensait que j'allais galérer : « Écoute-moi bien, non seulement je vais être illustratrice, mais je vais être dans les meilleurs ». J'ai toujours beaucoup travaillé. Au moment du blog, je bossais énormément le soir, mais c'était exaltant. Le burnout, je l'ai frôlé plein de fois. J'avais un burnout saisonnier en juin, chaque année.

[Marina] Pourquoi juin précisément ?.

[Margaux] Parce que je m'arrête de travailler l'été et que je devais boucler énormément de choses pour mes clients avant de partir. En tant que freelance, j'avais toujours la peur que ça s'arrête, donc je surchargeais le mois de juin au-delà de ce que je pouvais produire.

35:00 La rencontre avec Paco et l'ère des réseaux sociaux

[Margaux] J'ai rencontré Paco en 2008. On était les deux seuls auteurs de BD de culture hip-hop dans la blogosphère. Nos vies personnelles se sont effondrées chacun de notre côté et on est tombés amoureux. On est une équipe. C'est lui qui m'a dit : « Les blogs sont en train de s'effondrer, il faut migrer sur Insta ». Il m'aide énormément sur le côté entrepreneurial.

40:00 Le cheminement intérieur : "Ose"

[Marina] Dans ta BD, tu parles d'une thérapeute qui t'a dit qu'il était temps d'oser....

[Margaux] Oui, c'était en 2012. Elle m'a dit : « Ose être toi-même, ose te découvrir ». Ça a été la première clé, le début d'un cheminement intérieur long et pénible, pour travailler sur mes freins et mes traumas affectifs. J'ai fait ce chemin en binôme avec Paco. Aujourd'hui, je ne suis plus la même femme. J'ai même testé l'hypnose transpersonnelle pour visiter mes vies antérieures, c'était une expérience assez folle.

[Marina] Tu te sens apaisée aujourd'hui ?.

[Margaux] Oui, même si les problématiques reviennent en cycle, comme une spirale, mais de façon de plus en plus légère. Je fais avec ce qui se présente sur le moment.

45:00 Le processus créatif et l'orientation des enfants

[Marina] Combien de temps mets-tu pour faire une BD ?.

[Margaux] Au minimum 2 ans. Pour le tome 2 du Printemps suivant, j'ai suivi un rythme de maboule qui était fatiguant. Derrière une BD de 150 pages lue en 20 minutes, il y a 2 ou 3 ans de travail car je fais tout : scénario, dessin, couleur.

[Marina] Comment abordez-vous l'orientation de vos filles avec Paco ?.

[Margaux] Notre priorité est qu'elles s'orientent vers des domaines qui les font vibrer. Exercer sa passion est une clé du kiff. Ma fille Lou était perdue, alors j'ai fait intervenir un coach, l'équivalent de ma conseillère d'orientation. Ça a permis de lever des blocages et des peurs, comme le sentiment d'imposture. À 17 ans, on n'a pas assez de recul, le rôle de parent est de donner un cadre sur lequel s'appuyer.

[Marina] Merci Margaux de montrer qu'on a le droit d'avoir plusieurs vies et que rien n'est figé. Je souhaite une merveilleuse reconversion à Marion, une de mes accompagnées qui t'adore, et à tous ceux qui nous écoutent.

[Margaux] Merci de m'avoir invitée. J'espère que mon expérience servira. C'est important que des gens comme toi accompagnent ces moments de vie de façon rassurante. Bon été à tout le monde !.

[Marina] Merci Margaux, à bientôt et surtout, prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.