Ecouter sa petite voix permet de se retrouver vraiment. Valérie Pouliquen. Ex-avocate

Podcast
Saison 1
Ep 21
38 min
Marina Bourgeois
Publié le
August 12, 2022
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À quoi s'attendre ?

Quand une ex-avocate devenue coach et comédienne vous invite à écouter votre petite voie...

C'est un épisode un peu spécial que je vous propose aujourd'hui puisque je reçois Valérie Pouliquen qui intervient pour Oser Rêver Sa Carrière.

Valérie a un parcours totalement atypique.

En 2015, après plus de treize ans d'avocature, Valérie ressent le besoin d'avoir du temps pour elle en dehors de son cabinet. Elle décide alors de s'inscrire à un cours de théâtre. Coup de foudre immédiat qui a changé sa vie : quelques années plus tard et suite à cette rencontre avec elle-même et un épuisement, Valérie raccroche la robe.

Aujourd'hui, Valérie a 55 ans. Elle est comédienne et coach en transition de carrière et souffrance au travail. Slasheuse, elle cumule deux activités pour le plaisir. Son loisir est devenu une passion, puis un métier.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : Valérie Pouliquen, de l'avocature à la comédie

[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice d'Oser Rêver sa Carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa Carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. Bonjour à tous. C'est un épisode un peu spécial aujourd'hui puisque je reçois Valérie Pouliquen qui travaille avec nous chez Oser Rêver sa Carrière. Valérie a un parcours totalement atypique de formation juridique. Elle a d'abord travaillé en entreprise avant de devenir avocate fiscaliste, métier qu'elle a exercé pendant plus de 10 ans. En 2015, Valérie ressent le besoin d'avoir un petit peu de temps pour elle en dehors du cabinet et décide de s'inscrire à un cours de théâtre. Au début, pour souffler et avoir son moment à elle, une fois par semaine. Une inscription qui a changé sa vie puisque quelques années plus tard et suite à cette rencontre avec elle-même et un épuisement, Valérie quitte l'avocature aujourd'hui. Elle a 55 ans. Elle est comédienne et coach en transition de carrière et souffrance au travail. Slasheuse, elle cumule deux activités pour le plaisir. Son loisir est devenu une passion puis un métier. Un parcours assez dingue qu'elle nous raconte aujourd'hui. Bonjour Valérie.

[Valérie] Bonjour Marina. Merci de me recevoir.

[Marina] Je suis très contente, tu t'en doutes, de t'avoir à mon micro. Valérie, j'ai une première question pour toi. Qu'est-ce qui t'a amené initialement vers le métier d'avocate ?

[Valérie] Alors, initialement, j'ai choisi le métier d'avocat parce que j'avais envie de défendre un peu le faible contre le plus fort. J'ai travaillé pendant 8 ans dans l'administration. Donc j'étais du côté des puissants entre guillemets et j'ai eu envie après de faire quelque chose de beaucoup plus concret, de beaucoup plus proche des personnes et j'avais envie de défendre un peu David contre Goliath. Donc voilà, j'ai choisi ce métier-là avant tout pour défendre.

[Marina] D'accord. Et alors tu as créé ton cabinet et tu l'as même géré pendant plus de 10 ans si je ne me trompe pas.

[Valérie] Oui, tout à fait. En fait, j'ai rejoint un ancien collaborateur qui avait monté son cabinet. Donc, j'ai été sa collaboratrice pendant 2 ans et ensuite je me suis associée et donc on a développé le cabinet pendant 13 ans et demi ensemble. C'était une super aventure. Euh j'ai énormément travaillé, je me suis énormément investie et c'est quelque chose dont je suis très fière, que je ne regrette absolument pas mais j'ai eu envie de changer à un moment donné, de tourner la page.

04:00 Spécialisation et vie de maman-avocate

[Marina] Et tu étais spécialisée dans quelle discipline exactement à ce moment-là, Valérie ?

[Valérie] Alors, j'étais fiscaliste, voilà, avocat fiscaliste et je travaillais beaucoup avec des artistes.

[Marina] Ah, déjà peut-être que ça va nous mettre sur la piste pour ce que l'on va se dire juste après. Valérie, on se connaît puisque tu travailles notamment aussi avec nous chez Oser Rêver sa Carrière. À ce moment-là de ta vie, enfin d'ailleurs depuis un bon moment, tu avais des jumeaux quand tu avais le cabinet. Est-ce que ça a été compliqué ou pas pour toi de gérer ta vie d'avocate et de gérante, d'associée du cabinet, et d'être double maman finalement ?

[Valérie] Oui, c'était compliqué mais c'était tellement merveilleux. Moi, j'étais super heureuse d'avoir mes petits jumeaux. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie. Euh mais c'est vrai que c'était sport parce que j'ai toujours continué de travailler en même temps. Donc il y a des jours où c'était effectivement du jonglage permanent entre la vie professionnelle, la vie privée, aucun temps pour moi. Mais voilà, mais j'étais heureuse, j'étais dans le feu de l'action. Il y a des jours où je me disais "Mais là, ça va passer, il y a un truc qui va exploser en plein vol." Et puis finalement, j'arrivais à gérer mes journées et à tout faire plus ou moins bien. Je pense plutôt bien.

[Marina] Et voilà. Donc, c'est c'était une expérience merveilleuse mais à un moment donné, il fallait redescendre un petit peu et puis prendre du temps pour soi. Alors justement qu'est-ce qui se passe à un moment donné quand tu te dis, si j'ai bien compris d'après tout ce que tu m'as raconté, tu te dis qu'il y a effectivement un trop plein qui a besoin d'avoir un petit peu de temps pour toi. Explique un petit peu comment tu es du coup arrivé à un autre scénario de vie.

08:00 La respiration par le théâtre

[Valérie] Alors à un moment donné, je me suis quand même rendu compte que je passais mes journées à travailler, à faire beaucoup de déplacements en transport ou en voiture à m'occuper de mes enfants et je ne faisais quasiment plus rien pour moi. Donc j'ai eu besoin de retrouver un petit moment dans la semaine rien qu'à moi et j'ai décidé à ce moment-là de trouver une activité, un loisir. Donc j'ai réfléchi sur ce qui me plairait. Donc voilà, moi j'ai fait du piano, j'ai fait de la danse quand j'étais jeune et on m'avait proposé à un moment donné d'entrer dans une troupe de théâtre amateur où j'avais refusé à l'époque. Et puis cette idée a dû cheminer dans mon cerveau et c'est revenu à ce moment-là. Je me suis dit tiens, pourquoi je m'inscrirai pas dans un cours de théâtre ? Euh j'ai cherché autour de mon bureau, j'ai pas trouvé. Donc j'avais un peu laissé tomber et puis 2 ans plus tard, j'ai refait un tour sur internet et j'ai trouvé un cours de théâtre à 2 minutes à pied de mon bureau.

[Marina] Donc là, tu te lances.

[Valérie] Là, je me suis dit c'est un signe, il faut absolument que j'y aille. Donc j'ai fait un stage d'une journée découverte. J'étais morte de trouille de me retrouver sur une scène devant plusieurs personnes à devoir faire des choses que je n'avais jamais faites, de l'impro notamment.

[Marina] Pourtant, pardon de t'interrompre Valérie, en tant qu'avocate, on pourrait se dire que finalement le fait d'être exposée, de parler devant le public et cetera, ça pouvait être quelque chose de terrain connu ou une zone de confort pour toi ?

[Valérie] Pas forcément parce que moi, en tant que fiscaliste, je plaidais pas. Toute la procédure était écrite. Donc j'avais des relations avec les clients, mais de parler devant beaucoup de personnes pas forcément justement. Donc j'étais pas très à l'aise avec tout ça. Et mais voilà, ça m'a attiré. J'ai trouvé ça super intéressant et j'ai décidé de m'inscrire pour avoir juste une petite respiration, faire quelque chose à moi. Donc à ce moment-là, je coupais mon téléphone, je disais à mes clients, je disais à ma famille qu'il fallait pas me déranger pendant les 2 heures où j'étais en cours de théâtre. Et là j'étais moi-même, c'est-à-dire que j'étais plus avocate, j'étais plus maman, j'étais Valérie et je retrouvais mon âme d'enfant et ça c'est extraordinaire. Je pouvais jouer des personnages, je pouvais vraiment me laisser aller. On plaisantait beaucoup... enfin voilà c'est quelque chose qui m'a énormément aidée, qui était vraiment une respiration, quelque chose que je découvrais en fait, je me découvrais moi-même.

12:00 De la découverte à l'intelligence émotionnelle

[Marina] Et la capacité que tu avais à faire rire, à te mettre en colère, enfin à jouer des personnages différents qui sont un peu des facettes de soi-même. Un exutoire à ce moment-là.

[Valérie] Oui, c'était vraiment voilà, j'attendais ce moment et c'était mon moment de plaisir de la semaine, ça c'est sûr.

[Marina] Comme d'autres finalement, au début, tu sais, vont au yoga, à la piscine, à la sculpture. Dès le premier contact avec le théâtre, est-ce que tu as senti une sorte de vibration particulière ? Est-ce que tu as pressenti tout ce qui allait se passer derrière ou est-ce que tout ça est venu au fil de l'eau ?

[Valérie] Alors, j'ai rien pressenti du tout. Au début, c'était que vraiment une respiration, un loisir. Et c'est au fur et à mesure que voilà, en travaillant sur les émotions, en travaillant avec d'autres personnes, l'écoute du partenaire et en faisant des rencontres dans ces cours de théâtre que je me suis beaucoup intéressée au développement personnel, à l'être humain, aux émotions, à l'intelligence émotionnelle. Donc c'est venu petit à petit. Et évidemment, je n'ai pas du tout pressenti qu'un jour je monterais sur scène. Je n'ai pas du tout pressenti que je deviendrais coach. Voilà, tout ça, je sentais pas du tout. Pour moi, ma carrière, j'allais être avocate jusqu'à la fin de ma vie, c'était évident.

16:00 Le point de rupture : quand le corps dit stop

[Marina] Oui, il y avait vraiment une évidence du côté de l'avocate. Tu ne te posais pas la question.

[Valérie] Voilà, je me posais pas la question. Je savais que je travaillais trop mais je me voyais pas faire autre chose. Je n'y avais pas pensé. Et alors, qu'est-ce qui a fait justement que tu as décidé de te détourner de la carrière d'avocate pour aller vers la comédie ?

[Valérie] Donc moi, j'ai continué pendant plusieurs années à suivre des cours. Ensuite, on faisait des petites représentations en fin d'année. Donc j'ai commencé à aimer la scène. Mais pour moi, c'était juste amusant mais ça n'allait rien donner de spécifique. Euh et puis en fait à force de travailler comme je faisais énormément, mon corps a lâché. Donc en 2017 j'ai fait un épuisement, je suis tombée malade. En réfléchissant je me dis que cette maladie elle était liée au fait que j'avais demandé beaucoup trop à mon corps pendant beaucoup trop d'années. Je me suis retrouvée clouée dans mon lit pendant 2 mois. Donc moi qui étais hyper active ça a été vraiment un choc pour moi parce que j'étais complètement en souffrance, avec beaucoup de douleur et puis complètement perdue, abrutie de médicaments.

[Marina] Oui.

[Valérie] Et j'ai compris un peu plus tard qu'il fallait vraiment que je change ma vie parce que sinon je pouvais aller jusqu'à laisser ma peau ou en tout cas dégrader ma santé de manière assez forte. Donc c'est à ce moment-là que j'ai réfléchi. Je me suis dit mais pourquoi tu travailles autant ? J'étais comme un train lancé à toute vitesse en fait et je ne savais pas comment arrêter tout ça et là ça s'est arrêté brusquement. Donc à ce moment-là, j'ai repris qu'est-ce que j'aime faire. Et je pense que le fait d'avoir fait du piano dans ma jeunesse, d'avoir fait de la danse, d'aimer tout ce qui est artistique, c'est revenu à ce moment-là.

20:00 Retour aux fondamentaux et transition vers l'humain

[Marina] Tu es revenue à tes fondamentaux finalement à ce moment-là.

[Valérie] Voilà. Et je pense que le fait de ne pas avoir accepté cette proposition de théâtre quand j'étais jeune, c'est revenu aussi à ce moment-là en me disant tiens, mais finalement j'ai pas écouté peut-être l'appel de cette époque-là, mais c'est pas grave, j'ai fait autre chose. Mais maintenant, qu'est-ce que je veux faire vraiment ? Et j'avais envie de me tourner vers tout ce qui était beaucoup plus humain. J'en avais marre de la finance, de l'argent... tout ça, ça me semblait pas être mes valeurs finalement. Et j'avais envie de beaucoup plus de simplicité, de retrouver le contact parce que j'avais aussi pas mal perdu de contact avec mes amis en travaillant autant.

[Marina] On se replie socialement dans ces cas-là.

[Valérie] Voilà. Et enfin, j'ai cherché quoi faire. J'ai été coachée aussi et ça m'a beaucoup aidée. On chemine, on sait pas du tout où on va mais c'est ça qui est extraordinaire. J'ai continué à travailler mais un peu moins, différemment. Et puis je savais que j'allais continuer le théâtre d'une manière ou d'une autre. Comme j'ai été entourée d'infirmiers pendant quelques temps, j'avais envie d'aller vers le paramédical. Euh et puis je me suis aperçue que j'étais pas faite forcément pour ça. Je suis allée à des portes ouvertes sur le métier de psychomotricien et je me suis aperçue que le travail avec des personnes qui souffraient dans leur corps était quelque chose qui me dérangeait, qui me mettait mal à l'aise.

[Marina] Donc tu as procédé par élimination à ce moment-là.

[Valérie] Voilà, c'est ça. Et puis je me suis retrouvée à me dire mais si tu n'aimes pas trop soigner les corps, par contre soigner l'âme des gens entre guillemets, ça, ça t'anime. Donc c'est vers cela que tu dois aller. Du coup je me forme au coaching bien sûr une fois que j'ai décidé en me disant ben voilà, moi j'aime écrire, j'aime parler, j'aime lire. J'aime aider les autres, j'aime travailler sur les émotions. J'ai énormément d'énergie et d'optimisme en moi.

24:00 Trouver sa place : le coaching et le flow

[Valérie] Et d'ailleurs les premières semaines de formation, je me suis dit ou là là qu'est-ce que c'est que ce truc-là ? Dans quoi me suis-je engagée ? Et puis au bout de quelques temps, c'est devenu quelque chose qui m'a passionnée et quand j'ai commencé à pratiquer le coaching vraiment, j'ai senti que j'étais vraiment à ma place. Je me sentais utile. C'était fluide. J'ai été dans le flow et moi je considère que quand je coache, je ne travaille pas. C'est quelque chose qui apporte énormément. J'ai tellement envie de dire "Mais allez-y, si vous n'êtes pas bien dans votre travail, changez parce que c'est possible." Revenez à ce que vous aimez faire vraiment sans le regard des autres.

[Marina] J'allais y venir Valérie. Tu passes d'une profession qui a un statut social, une belle étiquette sur le papier. Comment ton entourage a réagi quand tu as commencé à dire que tu n'y retournerais pas et que tu allais raccrocher la robe ?

[Valérie] C'est pas forcément bien compris. Parce que beaucoup m'ont dit "Mais enfin, tu as un statut, tu as un métier que tu as exercé pendant très longtemps. Tu vas perdre ce statut." Et c'est vrai que j'ai perdu mon statut social. C'est vrai qu'on me regarde différemment aujourd'hui, mais moi je suis tellement plus heureuse. On aurait pu penser que j'allais être triste, me dire "Mon Dieu, maintenant je suis plus rien du tout." C'est peut-être ce que les autres voient mais moi je suis bien plus riche aujourd'hui que je l'étais à l'époque.

[Marina] Et c'est important le "plus" dont tu parles Valérie. Souvent, les gens pensent qu'on change parce qu'on est mal, mais ça peut être simplement parce que le métier ne convient plus alors qu'il a très bien convenu pendant un moment.

[Valérie] Tout à fait. Je regrette pas du tout ce que j'ai fait. Ça me plaisait à ce moment-là. Je me suis donnée à fond et à un moment donné ça ne correspondait plus à mes besoins, c'est tout. J'ai été fonctionnaire au début de ma carrière. J'ai tout abandonné, un emploi à vie quand même, pour être avocate, ce qui était déjà un premier virage important.

28:00 Intuition et richesse intérieure

[Valérie] Ça m'a pas posé énormément de problèmes de changer à nouveau parce que dans ma tête, je savais que c'était possible. Je sais que je fonctionne comme ça parce que j'ai envie de découvrir. J'ai perdu évidemment énormément en train de vie, hein. Mais je pensais que ça allait me poser plus de problèmes que ça m'en pose aujourd'hui parce que je me rends compte que d'avoir beaucoup de robes, des sacs à mains et des chaussures, ça ne me nourrit pas intellectuellement et ça ne me rend pas heureuse.

[Marina] Tu as trouvé ta nourriture ailleurs. Donc aujourd'hui tu as une double casquette : coach et comédienne. Ce sont des métiers profondément humains.

[Valérie] Bien sûr, les deux sont liés. Quand je dis que je suis comédienne, je suis comédienne amateur. Je n'en vis pas, mais peu importe, je monte sur scène et je suis contente. Les deux se nourrissent parce que le travail de comédien, c'est un travail beaucoup sur les émotions, on va donner du divertissement aux autres. On va les faire rire, les faire pleurer, les surprendre. Et le coaching finalement, c'est aussi transmettre beaucoup d'énergie, d'espoir, de débloquer les peurs.

32:00 Gérer la peur et le nerf de la guerre

[Marina] Est-ce que tu as eu de la peur au passage ?

[Valérie] Bien sûr que j'ai eu peur. Il y a des moments de doute. À un moment donné quand je me suis dit mais financièrement comment tu vas faire... je faisais des cauchemars où j'étais dans la rue avec mon caddy de course Monoprix. Et je me voyais SDF, dans la rue avec plus aucun soutien, plus d'argent. Aujourd'hui ça me fait sourire mais à l'époque, j'étais terriblement angoissée parce qu'une des peurs les plus grandes, c'est comment je vais faire financièrement ? Mais on trouve toujours des solutions parce qu'on va faire un plan A, un plan B, un plan C. On s'aperçoit qu'on peut vivre avec moins. Plus on avance et plus on s'adapte. De toute façon dans la vie, on passe son temps à s'adapter à ce qui nous arrive.

[Marina] Toi quelles ont été tes solutions Valérie ? Est-ce que tu étais en couple à ce moment-là ?

[Valérie] Alors moi j'étais séparée déjà à l'époque. J'ai la chance d'avoir des enfants merveilleux qui m'ont toujours soutenue. Ils ne m'ont jamais dit "Mais maman, comment on va faire pour manger ?" Ils voulaient que leur maman soit heureuse. Et puis mes parents aussi ont été derrière moi. Pour ma deuxième reconversion, je pense qu'ils avaient compris que j'étais comme ça. Et puis j'avais mis de l'argent de côté évidemment. J'ai appris surtout à vivre avec beaucoup moins parce que la vraie richesse, elle est dans les rencontres, l'amitié, l'amour, ma famille. Une fois qu'on arrive à manger à sa faim et qu'on a un toit, tout le reste est superflu.

35:00 Un nouvel équilibre de vie

[Valérie] Je pensais au départ que je serais très frustrée puisque j'avais quand même un train de vie. J'allais au restaurant, je prenais le taxi, j'achetais beaucoup d'habits. Et bien non, finalement quand j'y pense aujourd'hui, ça ne me manque absolument pas. Je me dis mais comment j'ai fait pour vivre si longtemps avec ces illusions de s'accrocher à du matériel pour se rassurer ?

[Marina] À quoi ressemble une journée pour toi aujourd'hui ?

[Valérie] Aujourd'hui, je prends du temps pour moi. J'ai compris qu'on n'était pas obligé de travailler de 9h à 20h tous les jours. On peut travailler moins, être plus efficace et surtout plus créatif. Quand on se laisse du temps pour "ne rien faire", le cerveau continue à travailler et ça donne énormément d'idées. Ce n'est pas du tout du temps perdu, c'est du temps très riche. C'est quelque chose à laquelle je suis très attentive maintenant. Je ne travaillerai plus comme j'ai travaillé avant. J'ai besoin de faire des choses variées pour être équilibrée : du coaching, jouer la comédie, travailler dans un théâtre. C'est pas de la dispersion, il y a une cohérence et ça me nourrit.

37:00 Conclusion : Écouter son instinct

[Marina] C'est très aligné surtout. Tu donnes les moyens de modeler ta vie. Est-ce que tu penses qu'il y a 15 ans, tu aurais pu faire la même bifurcation ?

[Valérie] Il y a 15 ans, j'aurais eu très très peur. J'étais pas prête, j'étais dans la volonté d'avoir un statut, une maison. On veut réussir socialement, et puis après on passe à autre chose. Mes enfants me voyaient heureuse et c'est tout ce qui comptait. La vie est pleine d'opportunités, il faut les saisir, il faut y aller, il faut pas attendre. Faut croquer la vie quand elle est là parce que ça passe très vite.

[Marina] Si tu devais donner un petit conseil à quelqu'un en questionnement ?

[Valérie] Je lui dirais : écoute ton corps, ce que tu ressens dans ton corps. Écoute ton cœur. Qu'est-ce qui te met mal à l'aise ? Qu'est-ce qui te met en joie ? Tout passe par le ressenti. On est beaucoup trop dans le mental à rationaliser. Faut suivre son instinct parce qu'il est bon forcément. Si on se sent bien dans ce qu'on fait, ça veut dire qu'on est sur la bonne voie.

[Marina] Merci Valérie. L'épisode est terminé. J'espère que cette interview vous a plu. N'hésitez pas à la partager et à nous soutenir sur les réseaux sociaux. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.