Savoir dire non, c'est s'émanciper. Anne Robinet, coach spécialisée dans la prise de parole en public & la confiance en soi

Podcast
Saison 4
Ep 112
09 min
Marina Bourgeois
Publié le
July 24, 2025
Écoutez cet épisode SUR

À quoi s'attendre ?

Savoir dire non... tout un sujet traité par notre super Anne dans cette nouvelle capsule.

Bonne écoute !

Transcription

00:00 Introduction : savoir dire non pour s'émanciper

[Marina Bourgeois] Chères auditrices et chers auditeurs, bonjour. Peut-être vous souvenez-vous qu'en octobre dernier, nous avions diffusé un épisode avec Anne Robinet, qui travaille avec nous chez Oser Rêver sa Carrière, sur le thème « s'affirmer, c'est s'émanciper ». Vous aviez adoré cet épisode et aviez été nombreux et nombreuses à l'écouter. Anne revient dans ce nouvel épisode pour vous parler aujourd'hui de comment savoir dire non : pourquoi est-ce si difficile, et concrètement comment faire et dans quel but ? Je vous souhaite une bonne écoute et vous laisse avec notre super Anne.

[Anne Robinet] Dans cette capsule, je vais vous expliquer pourquoi c'est si difficile de savoir dire non et je vous donnerai des conseils pour y remédier afin de savoir dire non sans culpabiliser et sans agressivité. L’une des premières raisons qui nous empêche de dire non, c'est que nous voulons préserver l'image que nous nous sommes construite auprès des autres.

[Anne Robinet] C’est une question d’image sociale : pour être accepté, pour ne pas être rejeté du groupe, pour garder notre travail ou nos amis. Autrement dit, on continue à dire oui quand on veut dire non. On se sacrifie pour éviter le risque d'une relation qui se détériore. Pourtant, qu'est-ce qui fait qu'une relation, qu'elle soit professionnelle ou personnelle, fonctionne sur le long terme ? Est-ce le fait de faire plaisir à tout le monde tout le temps, ou est-ce le fait d'avoir créé une relation basée sur la confiance et la communication sincère ?

01:45 Les racines du blocage : l'absence de modèles et la peur du conflit

[Anne Robinet] Une autre raison possible à cette difficulté réside dans notre passé. Nous n'avons peut-être pas eu de modèles, dans notre enfance ou notre adolescence, auprès des figures d'autorité. Si nos parents, grands-parents ou professeurs n'ont pas montré comment poser des limites, nous nous sentons, à l'âge adulte, comme amputés de cette capacité d'affirmation. La bonne nouvelle, c'est que si c'est votre cas, vous allez pouvoir apprendre rapidement.

[Anne Robinet] Il y a aussi le fait que défendre ses propres intérêts et ses limites revient parfois à ne pas défendre les valeurs des autres, ce qui peut créer un conflit. Comme l'être humain n'aime généralement pas le conflit, il préfère ne pas y aller. Parfois, la situation est plus nuancée : nous ne nous laissons pas forcément marcher sur les pieds, mais nous ne sommes pas encore sereins dans notre expression.

03:15 Les erreurs de communication : entre brutalité et justifications excessives

[Anne Robinet] Faute d'outils, nous disons parfois non d'une façon inappropriée. Nous employons des phrases froides, blessantes ou brutales du type : « Lâche-moi, ça me saoule » ou « Tu m'embêtes ». On refuse sans diplomatie, sans explication et sans maintenir le lien.

[Anne Robinet] À l'inverse, une autre erreur consiste à se justifier de façon excessive. C'est souvent une façon de compenser l'appréhension du rejet, mais c'est un sabotage. À force de trop se justifier, cela finit par se retourner contre nous. Enfin, certains utilisent le non comme une stratégie inconsciente pour manipuler, bouder, dominer ou faire de la rétention d'information. C’est un moyen de contrôle de la relation, tout le contraire d'un non spontané, sain et bienveillant.

05:00 Premier conseil : le non est un oui à soi-même

[Anne Robinet] Pour commencer à dire non simplement, voici quelques pistes. Premièrement, pensez que le non est en réalité un oui. Quand vous dites non, c'est que vous n'avez ni l'envie, ni l'énergie, ni le temps, ou peut-être pas les compétences pour faire cette chose. Et vous êtes totalement dans votre droit. Votre capital santé n'est pas toujours au top et votre temps n'est pas extensible.

[Anne Robinet] Il est donc crucial de se rappeler que ce non est un oui adressé à deux personnes. D’abord à l'autre, qui devrait vous remercier de votre sincérité et pourra ainsi confier la tâche à quelqu'un qui en a vraiment envie. Ensuite à vous-même, car vous vous écoutez et vous vous évitez un grand moment de frustration ultérieur.

06:45 Deuxième conseil : déculpabiliser et proposer des alternatives

[Anne Robinet] Mon deuxième conseil est de vous déculpabiliser de vos éventuels écarts d'agressivité ou de votre maladresse actuelle. C'est un apprentissage, et tout apprentissage implique des ajustements et des erreurs. Ne vous inquiétez pas si vous n'y arrivez pas tout de suite. À ce propos, tenir un journal de bord pour noter vos progrès et les situations où le refus s'est bien passé peut renforcer votre confiance.

[Anne Robinet] Troisièmement, utilisez le non tout en donnant une alternative. Dites : « Non, mais j'ai quelqu'un à te recommander », ou « Non pas là, mais dans deux heures ». Cela permet de maintenir un climat constructif et d'ouvrir la discussion plutôt que de fermer la porte de manière rigide. Vous pouvez même préparer à l'avance des plans A, B ou C si vous anticipez une demande.

08:30 Troisième conseil : la méthode des petits pas et l'asynchronie

[Anne Robinet] Quatrièmement, commencez tout petit. Vous n'êtes pas obligé de dire non en direct à la personne qui vous intimide le plus ; ce serait un exercice trop difficile pour débuter. Vous pouvez commencer par texto ou par email, de manière asynchrone, avec des gens avec qui vous avez déjà une bonne relation. Allez-y crescendo.

[Anne Robinet] Enfin, un dernier conseil qui semble éloigné mais qui est lié : engagez-vous au quotidien dans vos valeurs et dans ce qui vous tient à cœur. Contribuez à quelque chose qui vous dépasse, que ce soit une passion ou du bénévolat. C'est dans ces espaces que l'on cultive son sentiment de légitimité et sa force intérieure. Et cette force, nous en avons besoin pour nous affirmer au quotidien. Merci de m'avoir écoutée.

10:00 Conclusion et accompagnement du cabinet

[Marina Bourgeois] Voilà, « c'est fini », comme le dit la chanson. J'espère que vous sortez enrichis de cette capsule. Si vous êtes actuellement en questionnement, n'hésitez pas à nous contacter pour un bilan de carrière, de compétences, un outplacement ou un accompagnement sur l'épuisement professionnel. Nous accompagnons chaque jour des femmes et des hommes qui ressentent le besoin de faire bouger les lignes de leur vie.

[Marina Bourgeois] Si vous souhaitez que j'aborde des sujets particuliers, faites-le-moi savoir sur Apple Podcast ou sur nos réseaux sociaux. Mettez des petites étoiles si le format vous a plu ! Retrouvez-nous aussi sur Deezer ou Spotify. Merci de votre écoute, de votre soutien et à très vite pour une nouvelle thématique. Salut !

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.