
Mon invitée du jour est une heureuse reconvertie que nous avons eu le plaisir d’accompagner dans le cadre d’un outplacement . Céline a 43 ans, 3 enfants et a été avocate en propriété industrielle pendant 11 ans puis Responsable juridique monde en propriété intellectuelle dans un grand groupe, avant de faire la grande bascule et de devenir entrepreneure en lançant Fauvette.
Fauvette, c’est une brocante en ligne exclusivement composée de pièces uniques (mobilier, objets déco, luminaires et vaisselles, etc) chinés puis upcyclés/rénovés par Céline.
Aujourd'hui, Céline a son showroom dans Paris, vend ses Fauvettes sur Instagram, Selency et le Bon coin. Elle nous raconte son cheminement.
Dans cet épisode, nous parlons d'aventure entrepreneuriale, de sortie de zone de confort, de saut dans le vide, de consommation responsable, de liberté, d'éco responsabilité, d'économie circulaire, des montagnes russes émotionnelles de l'entrepreneur et de l'importance de l'entourage lorsque l'on entreprend.
Bonne écoute !
Marina
[Marina] Avancer, douter, reculer, hésiter, choisir, réussir, chuter, rebondir. Ce sont ces mouvements de la vie que nous traversons toutes et tous que je questionne dans ce podcast. Je suis Marina Bourgeois et reçois à mon micro des invités au parcours de vie singulier, mouvant, parfois fracturés, mais surtout inspirants et qui, je l'espère, vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Bienvenue dans le podcast Cheminement. Bonne écoute. Mon invité du jour est une heureuse reconvertie que nous avons eu le plaisir d'accompagner dans le cadre d'un outplacement. Céline a 43 ans, trois enfants et a été avocate en propriété industrielle pendant 11 ans puis responsable juridique avant de faire la grande bascule et de devenir entrepreneur en lançant Fauvette. Fauvette, qu'est-ce que c'est ? C'est une brocante en ligne exclusivement composée de pièces uniques : mobilier, déco, luminaire, vaisselle, etc., chinés puis upcyclés et rénovés par Céline. Hello Céline, bienvenue dans le podcast.
[Céline] Bonjour Marina, merci de me recevoir.
[Marina] Ah ben écoute, c'est avec grand plaisir. Alors on va faire notre coming out tout de suite. Céline, je t'ai accompagnée donc je te connais bien et donc je suis, tu l'imagines bien, hyper contente de t'avoir aujourd'hui au micro. Est-ce que tu aurais imaginé il y a encore quelques années être à la tête d'une entreprise, rénover des meubles et des objets vintage au quotidien puis les vendre en ligne ?.
[Céline] Alors avant dans ces faux comme tu disais, j'ai eu deux vies professionnelles puisque même s'il s'agissait du même domaine à savoir propriété intellectuelle, l'approche du droit était bien différente en cabinet et en entreprise. J'ai aimé vraiment les vivre, mais j'ai toujours pensé et dit que je ne ferai pas du droit toute ma vie. Comme j'ai toujours aimé dénicher des maisons, des appartements, des meubles et les rénover, leur redonner une nouvelle vie, du coup ma reconversion et la création de Fauvette me sont venues plutôt naturellement.
[Marina] Je me souviens très bien au début de l'accompagnement que tu n'as pas hésité très longtemps, Céline, entre un retour dans une boîte en tant que responsable juridique et l'aventure entrepreneuriale. C'était assez clair. Pourquoi toi tu avais choisi le droit et à quel moment as-tu décidé d'en sortir ?.
[Céline] Pourquoi le droit ? Mon idée de base c'était de passer le concours de Science Po, mais comme j'ai tout de suite apprécié la propriété intellectuelle, j'ai décidé de devenir avocate. Cette évolution s'est faite naturellement avec la conjonction de deux constats. Le premier c'était mon envie de sortir de ma zone de confort professionnel, de vivre une nouvelle aventure. Le deuxième, c'était surtout un constat lié à la consommation rapide et pas responsable de la décoration. Aujourd'hui on a la chance en France d'avoir un beau patrimoine mobilier qui est oublié ou délaissé. Je me suis dit qu'ils méritaient une autre vie, qu'ils étaient solides, pérennes et qu'ils avaient le droit de retrouver une nouvelle beauté dans un intérieur moderne.
[Marina] Là, tu es bien sortie de ta zone de confort avec une reconversion radicale. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'est Fauvette exactement ?.
[Céline] Alors, Fauvette est une boutique en ligne de mobilier, d'objets déco, de luminaires et de vaisselle que je chine partout en France. La majorité, je dois intervenir dessus en les rénovant, en les remettant au goût du jour. Ensuite je les vends en les scénographiant, en faisant des photographies et des petits films qui m'amusent beaucoup. Je les poste essentiellement sur Instagram et j'utilise aussi des plateformes telles que Selency, qui est un espèce de eBay de la brocante, et Le Bon Coin.
[Marina] Pourquoi le nom Fauvette, Céline ?.
[Céline] Oh là là, la recherche du nom c'est d'une grande complexité. Je cherchais un nom d'oiseau absolument pour les symboles : l'écologie, l'économie circulaire, la liberté et l'indépendance. La fauvette est un oiseau petit et assez dynamique.
[Marina] Tu as tout de suite cartonné. Aujourd'hui, tu as ton showroom dans Paris, tes fauvettes partent comme des petits pains. Comment as-tu créé ta petite entreprise ?.
[Céline] Je suis passée, comme beaucoup d'entrepreneurs, par des périodes qui alternent très rapidement entre euphorie et doute. C'est une espèce de sinusoïde sans fin. C'est quand même un grand saut dans le vide après une vie professionnelle de presque 20 ans dans un domaine confortable. Mais l'euphorie est la partie la plus importante : quand je trouve de nouvelles pièces, quand je les transforme et quand quelqu'un se manifeste pour l'acheter. C'est une aventure passionnante.
[Marina] Tu es quelqu'un de très proactive et l'énergie que tu as mise est une dépense énergétique très importante. C'est quoi ta journée type ?.
[Céline] Je n'ai pas de journée type, aucune ne se ressemble. Mais elle tourne autour de trois piliers principaux :
[Marina] Être entrepreneur, c'est souvent se lever et s'endormir avec son entreprise en tête. Comment vis-tu l'absorption entrepreneuriale ?.
[Céline] Bien ! Mais il faudrait peut-être poser la question à mon mari et mes enfants qui vivent ça avec moi. On s'endort et on se réveille avec, mais c'est tellement enrichissant que ce n'est pas grave. J'imagine qu'avec le temps et en embauchant, j'arriverai à prendre un peu plus de distance.
[Marina] Et justement, pour les problématiques de stockage, où en es-tu ?.
[Céline] J'ai un atelier showroom à Paris, rue de la Chapelle dans le 18e, qui fait 80 m². Mais comme je fais essentiellement du gros mobilier, il faut que je trouve un autre espace de stockage en première couronne pour développer mon stock. J'aimerais bien embaucher fin 2023 ou début 2024 pour pouvoir déléguer et me développer.
[Marina] Tu parlais de ta présence sur Insta, Selency et TikTok. Aurais-tu pu avoir la même activité sans les réseaux sociaux ?.
[Céline] J'aurais pu, mais ça aurait été beaucoup plus difficile de me faire connaître. Mon métier aurait été différent car j'aurais dû avoir une boutique physique ouverte toute la journée. Avoir une boutique en ligne permet d'exercer différemment au-delà de la visibilité facile.
[Marina] Quel conseil donnerais-tu à des candidats à la reconversion ?.
[Céline] Que ce soit pour le salariat ou l'entrepreneuriat : au pire, l'échec construit et on apprend plein de choses. Écouter ses envies et ses besoins est plus important que d'avoir des regrets. Pour les entrepreneurs, il faut s'entourer de personnes positives et clairvoyantes, pas complaisantes, comme les communautés d'entrepreneurs sur Instagram qui sont des "problem solvers".
[Marina] Parlons de ton engagement écologique. On a mentionné ton adhésion à un réseau.
[Céline] Fauvette a une activité écoresponsable de recyclage. Je suis allée plus loin en adhérant à One Percent for the Planet, association à laquelle je reverse au minimum 3 % de mon chiffre d'affaires pour des associations environnementales. Cela met l'accent sur une consommation plus raisonnée.
[Marina] Tu as quitté un poste socialement prestigieux, avocate et responsable juridique dans une belle entreprise. As-tu eu l'impression d'être déconsidérée socialement ?.
[Céline] Oh non, je ne dirais pas ça. Mon entourage a trouvé ma nouvelle voix plutôt naturelle. Il y a eu de l'étonnement, mais surtout de la joie et des encouragements. J'ai la chance d'avoir un mari lui-même entrepreneur qui a été aux premières loges, même pour porter des objets lourds au début.
[Marina] Referais-tu le même parcours ?.
[Céline] Oui, vraiment. J'ai aimé mes premières vies professionnelles, elles m'ont formée, mais aujourd'hui cette nouvelle aventure n'est faite que de joie et de passion.
[Marina] Tu montres que la reconversion n'est pas forcément une fuite d'un cadre négatif, mais peut être un continuum enthousiasmant. Merci pour ton témoignage Céline. Pour retrouver ses fauvettes sur Instagram, tapez @fauvette_co. À bientôt et surtout, prenez soin de vous.