Marie Drucker. Vie perso, carrière, etc... être en forme pour tout mener ! (redif)

Podcast
Saison 2
Ep 42
34 min
Marina Bourgeois
Publié le
August 23, 2023
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À quoi s'attendre ?

Vous reconnaîtrez sans doute la voix de mon invitée puisqu’elle est rentrée dans vos maisons à heure fixe pendant des années et que vous l’entendez toujours à la radio et à la télévision, dans les émissions Infrarouge et Au bout de l’enquête, la fin du crime parfait sur France 2.

J’ai en effet eu le grand plaisir de recevoir Marie Drucker pour échanger sur sa carrière et son dernier livre « En forme ! Alimentation, santé, beauté, sexe… Ma méthode pour se sentir bien ! » paru en avril dernier aux éditions Michel Lafon. Un livre qui regorge de tout un tas de trucs et astuces pour se sentir bien, pour prendre soin de soi, tout en respectant son écologie personnelle, son rythme et surtout ses envies.

Dans cet épisode, nous parlons de carrière, de méthode pour se sentir bien, d'envies, de culpabilité, d'écoute de soi, de parentalité, de conciliation vie privée/vie perso, de gestion du stress, de surchauffe, d'hygiène alimentaire, de sport, d'épanouissement, d'intuition, d'égoïsme positif et de kaïzen.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

[00:00] Introduction : Marie Drucker et le concept d'écologie personnelle

[Marina Bourgeois] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice d’Oser rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. Vous reconnaîtrez sans doute la voix de mon invitée puisqu'elle est rentrée dans vos maisons à 20h pendant des années et que vous l'entendez toujours à la radio et à la télévision dans les émissions Infrarouges et Au bout de l'enquête : la fin du crime parfait sur France 2. J'ai en effet le grand plaisir de recevoir aujourd'hui Marie Drucker pour échanger sur sa carrière et son dernier livre, En forme : alimentation, santé, beauté et sexe, ma méthode pour se sentir bien, paru en avril dernier aux éditions Michel Lafon. Un livre qui regorge de tout un tas de trucs et astuces pour se sentir bien, pour prendre soin de soi tout en respectant son écologie personnelle, son rythme et surtout ses envies. Bonjour Marie et merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.

[Marie Drucker] Bonjour Marina, c'est moi qui vous remercie. J'adore l'idée d'écologie personnelle. Je n'y avais jamais pensé.

[Marina Bourgeois] C'est vrai ? Ça vous plaît ?

[Marie Drucker] Oui. Et si vous permettez, je vais vous piquer la formule parce que je trouve que c'est très, très bien dit.

[Marina Bourgeois] Il n'y a pas de copyright donc aucun problème. Marie, est-ce que vous êtes en forme vous-même aujourd'hui ?

[Marie Drucker] Alors là, précisément au moment où on se parle, je suis très en forme. Et vous ?

[Marina Bourgeois] Et bien ça va très bien. D'autant que moi, je suis vraiment ravie de vous avoir et que j'ai adopté quelques tips justement de votre livre qui m'ont bien aidée. Donc je vous en parlerai, du coup je suis en forme. Merci.

[03:45] Genèse du livre : De la journaliste à l'auteure engagée

[Marina Bourgeois] Alors Marie, nos auditeurs connaissent déjà plusieurs de vos facettes professionnelles : celle d'ex-journaliste, animatrice radio-télévision, documentariste, productrice à la tête d'une société de production. En revanche, peut-être ne connaissent-ils pas encore votre casquette d'auteur. Alors ma première question est la suivante : Marie, comment est né l'idée d'écrire En forme ?

[Marie Drucker] Alors, j'ai écrit par le passé des livres pour enfants qui étaient des livres audio. J'ai écrit un livre d'entretien avec Frédéric Lenoir sur Dieu. J'ai écrit avec ma camarade Sidonie Bonnec deux ouvrages : un qui s'intitulait Maman pour le meilleur et pour le reste et l'autre Naturel pour le meilleur et pour le reste. Et puis, quand est venue la réflexion suivante sur quel projet on pouvait mener à bien ensemble à nouveau — parce qu'on adore travailler ensemble — je me suis rendu compte que l'on se posait tout un tas de questions entre amis sur ce qu'on mange, le sport qu'on fait et cetera. Et je me suis rendu compte que vraiment depuis l'âge de 40 ans, j'étais particulièrement en forme alors que comme tout le monde, je suis soumise à certains stress, des chagrins de la vie, enfin tout un tas de choses.

[Marie Drucker] Je me suis demandé pourquoi et je me suis rendu compte qu'au fil du temps, je m'étais quand même fabriqué une méthode que j'ai eu envie de partager comme entre amis en fait, et que j'ai voulu aussi creuser pour aller voir un peu plus loin. Par exemple, je me suis dit : « Je sais aussi que je suis en forme parce que j'ai un bon sommeil », mais tout le monde n'a pas un bon sommeil. Donc il a fallu aller creuser chez les spécialistes et prodiguer quelques conseils. Ça s'est fait comme ça. Et puis comme on rit beaucoup avec Sidonie, je lui dis : « Oui, on va faire un truc sur la forme ». Elle me dit : « Alors écoute là, je ne vais pas le faire avec toi ». Je lui demande pourquoi et elle me répond : « Bah d'abord parce que je ne suis pas du tout en forme » (Rires). Et puis en plus elle avait un ouvrage en route avec Thomas Hugues. Voilà pourquoi je l'ai fait toute seule, mais j'y croyais vraiment. J'ai voulu en faire un ouvrage sympathique dans le ton, rigoureux dans le fond et utile.

[08:15] Une vision holistique : L'équilibre d'Hippocrate sans culpabilité

[Marina Bourgeois] C'est tout à fait ça parce que le livre est jonché de tips, de trucs et astuces sur des sujets qui nous concernent toutes et tous : l'alimentation, la beauté, l'exercice physique, le stress, le sommeil, le sexe. Et moi ce que j'ai particulièrement aimé, c'est l'approche holistique de l'ouvrage.

[Marie Drucker] Oui, parce que moi je suis convaincue — alors quelqu'un et pas n'importe qui l'a dit avant moi, puisque c'était 450 avant Jésus-Christ, c'est Hippocrate, considéré comme le premier médecin, l'inventeur de la médecine — qui disait que finalement être en bonne santé, c'était un savant équilibre entre l'alimentation, l'activité physique et le sommeil. Et moi, je suis convaincue de ça. Je suis convaincue que la bonne santé du corps agit aussi sur le moral, que tout finalement, une bonne santé alimentaire, de sommeil, hormonale, beauté, participe de la bonne forme générale.

[Marina Bourgeois] Je rejoins tout à fait votre approche Marie. Et ce que j'ai aimé également c'est que ce n'est pas un livre qui culpabilise, c'est pas un livre qui envoie des injonctions ou des commandements comme on peut le faire parfois. C'est tout en souplesse et en plus il y a vraiment une invitation à faire du sur-mesure pour se sentir bien. Il déculpabilise beaucoup je trouve.

[Marie Drucker] C'était le but parce que je trouve que les femmes sont soumises à beaucoup d'injonctions, souvent contradictoires, qui nous soumettent à pas mal de culpabilité, de remise en question, avec une charge mentale de plus en plus lourde. Mais elle est d'autant plus lourde que comme nous les femmes, nous sommes très adaptables et nous sommes des êtres polis, donc nous masquons beaucoup de choses. Finalement tout ça nous grignote un petit peu de façon masquée et il n'était surtout pas question de culpabiliser. Moi la culpabilité, non. Je fais du sport quand j'ai envie. Si pendant une semaine je n'ai pas envie, je ne me dis pas « oh là là », j'accepte tout à fait l'idée de ne pas avoir envie, que ce serait vraiment trop copieux dans mon emploi du temps de rajouter l'activité sportive, et la semaine d'après qui est un peu plus tranquille, j'y vais quatre fois et c'est très bien.

[12:30] Sortir des résolutions du 1er janvier : La méthode des 10 minutes

[Marina Bourgeois] Oui c'est une vraie force de ne pas avoir ce sentiment de culpabilité. Moi ça m'est arrivé combien de fois de me dire en début d'année : « Bon allez cette année salle de sport trois fois par semaine », et puis finalement au bout de 2 ou 3 mois de lâcher complètement. C'est ça que j'ai aimé particulièrement dans le livre, c'est l'autorisation à faire déjà comme on a envie de le faire, selon son propre rythme, et s'autoriser à aussi ne pas faire et laisser parfois du vide ou laisser la place à tout ce qu'il y a d'autre dans l'agenda.

[Marie Drucker] Oui parce que ces décisions qu'on prend le 31 décembre ou le 1er janvier, c'est le meilleur moyen d'arrêter au bout de 3 semaines parce qu'on n'y arrive pas. Non, faut pas se dire ça. Faut se dire : « Tiens à partir de la semaine prochaine, je fais 3 fois 10 minutes dans la semaine ». Lucile Woodward, que j'ai interrogée dans le livre, elle dit quand les gens vous disent « Non mais 10 minutes ça sert à rien », c'est pas vrai. Vous commencez à faire 10 minutes, vous vous rendez compte que vous y prenez du plaisir, que ça passe assez vite, le coup d'après vous passez à 20 minutes. Il faut trouver ce qui nous plaît. Ne vous dites pas « Tiens je vais aller courir pendant une heure sur un tapis » si ça ne vous plaît pas, allez plutôt prendre un cours de Pilates. C'est très, très rare que je me rentre dans la salle en me disant que je suis tellement contente d'y aller ; c'est en sortant que je suis contente d'y être allée.

[Marina Bourgeois] C'est ça. On se sent bien physiquement et il y a cette petite fierté de s'être dit : « Allez, je me suis poussée aux fesses comme on dit et je l'ai fait ».

[Marie Drucker] Exactement. Mais ne pas culpabiliser si on ne l'a pas fait. Je voulais proposer une méthode qui est la mienne, augmentée d'avis de spécialistes pour que chacun puisse se faire sa propre méthode. C'est une hygiène alimentaire, pas un régime.

[18:00] Apprendre à s'écouter et tester ce qui nous ressource

[Marina Bourgeois] Je suis très partisane du testing parce qu'il y a plein de gens qui ne cultivent pas d'activités extra-professionnelles parce que l'emploi du temps est trop chargé. On arrive parfois à un certain âge — pour ma part Marie, j'ai 41 ans — et on se dit : « En dehors du boulot, quelles sont les activités qui vraiment me ressourcent ? ». Parfois c'est le vide.

[Marie Drucker] Je pense qu'il faut s'écouter. Avant je comprenais rien à ce que ça voulait dire s'écouter, je trouvais ça un peu bidon. En fait, c'est très vrai. Il faut savoir reconnaître qu'on est fatigué, qu'on a besoin de vacances, ou qu'on n'a pas envie d'être avec ses enfants et qu'on veut aller boire un verre avec des copines. Tout ça, il faut l'entendre. Il faut essayer des choses et se fabriquer son truc à soi.

[Marie Drucker] Il faut changer radicalement ce qui peut l'être et ne pas changer ce qui nous coûte trop. Faire du sport du jour au lendemain quatre fois par semaine, personne ne peut faire ça. En revanche, passer des pâtes classiques aux pâtes complètes, c'est quelque chose qu'on peut tester très facilement. C'est comme pour l'écologie : dire non au sac plastique, c'est indolore. Faut pas mener tous les combats de front, sinon on va exploser.

[Marina Bourgeois] C'est tout à fait ça. Et est-ce que vous connaissez Marie la notion de Kaizen ? C'est une méthode où l'on fait les choses petit à petit. Plutôt que de voir le sommet de la colline, allons-y tranquillement parce qu'à mettre la barre trop haut, on a l'impression que c'est une montagne inatteignable.

[Marie Drucker] Je trouve ça assez juste. Ça me rappelle quelqu'un qui construisait sa maison. Je lui demandais : « Tu imagines tout ce qu'il faut faire ? ». Il m'a répondu : « Je ne pense jamais à ça parce que si j'y pense, je ne fais pas. Je pense simplement qu'à la fin de la journée, il faut que j'aie posé tant de briques ».

[22:00] Gérer son stress : La méthode des 4 R du Professeur Bensabat

[Marina Bourgeois] Le professeur Soly Bensabat préconise face à un événement contrariant d'utiliser la méthode des 4 R. Pouvez-vous nous en parler ?

[Marie Drucker] Alors, les 4 R... j'espère que je ne me trompe plus ! (Rires). Par exemple, vous recevez un SMS ou un mail qui vous contrarie fortement. Il faut d'abord Réinterpréter : est-ce que j'ai lu la chose de la bonne façon ? Ensuite, il y a Relativiser (remettre les choses dans leur contexte et comparer à des choses bien plus graves), Prendre du Recul, et Se Réinscrire (ou se réancrer) dans la vie en s'accrochant tout de suite à quelque chose qui fait plaisir.

[Marina Bourgeois] La méthode est très chouette parce qu'elle invite vraiment à se distancier finalement de l'objet stressant. C'est bien d'avoir une petite méthode comme une piqûre de rappel pour regarder la situation avec un peu de hauteur.

[Marie Drucker] Et j'ajouterais : ne jamais réagir à chaud. Dans le travail ou la vie privée, quand vous êtes en colère ou vexé, c'est justement à ce moment-là qu'il ne faut pas répondre. On se rend compte que plus tard les choses n'ont plus la même portée et on se fait du bien en évitant des regrets.

[26:30] Maternité à 40 ans et transition de vie professionnelle

[Marina Bourgeois] Marie, vous avez été maman à 40 ans. Est-ce que ce virage de vie vous a donné l'envie d'écrire En forme ? On sait que la vie change avec l'arrivée d'un enfant et la charge mentale qui gonfle.

[Marie Drucker] Oui, bien sûr. Qu'on soit mère à 25 ou 40 ans, c'est une charnière. Quand ça vous arrive à vous, c'est le plus grand bouleversement de la vie. On change de paradigme radicalement. On porte un regard différent sur la vie, la mort, sa propre enfance, son couple, son identité même. Et c'est forcément un des éléments qui m'ont conduite aussi à changer de vie professionnelle, à prendre plus de temps pour moi. C'était un choix d'être mère à cet âge-là et je l'ai vécu de façon formidable.

[Marina Bourgeois] Vous avez eu une carrière très dense. Est-ce que ça vous est arrivé de frôler la zone rouge ? Je voulais savoir si vous aviez senti l'épuisement poindre.

[Marie Drucker] Pas vraiment. J'ai été absolument passionnée par le métier de journaliste pendant 23 ans dans des rédactions intenses comme Canal Plus ou France 2. J'ai adoré ça. C'était ce que le professeur Bensabat décrit comme le stress positif, celui qui nous permet de nous dépasser, l'adrénaline. En revanche en 2015-16, j'ai eu envie de changer de rythme, d'aller plus vers la création. Aujourd'hui, je fais aussi du conseil et j'alerte les gens quand je vois des signes d'épuisement.

[30:45] L'égoïsme positif et le profil de "slasheuse" assumé

[Marina Bourgeois] Vous parlez de la notion d'égoïsme positif, de savoir garder du temps pour soi. Est-ce plus facile aujourd'hui que quand vous étiez aux news pendant 23 ans ?

[Marie Drucker] C'était impossible aux news, mais je n'avais pas de frustration car j'étais passionnée. Aujourd'hui, je dirais que tout ce que je fais est du temps pour moi : passer du temps avec mon enfant, me nourrir de culture. Il faut savoir reconnaître quand une dynamique intense nous satisfait et ne pas se voiler la face si on est au bout du rouleau.

[Marina Bourgeois] Dans notre jargon, on dirait que vous êtes une slasheuse parce que vous avez plusieurs activités. Avez-vous besoin de cette diversité pour votre équilibre ?

[Marie Drucker] À 2000 % ! Depuis enfant, j'ai beaucoup de mal avec la contrainte, sauf celle que je m'impose. On m'a reproché ce pluralisme plus jeune : « Tu fais trop de choses, tu vas brouiller ton image ». Plus on me disait ça, plus je me disais que j'étais dans ma vérité. Mon plan de carrière, c'était d'être heureuse, épanouie et apprendre des choses. Ne vous laissez pas enfermer dans une case. N'oubliez pas qu'il se peut aussi que vous ayez raison contre tout le monde ; votre intuition sait mieux que quiconque ce qui vous convient.

[33:15] Conclusion : Distance professionnelle et sommeil réparateur

[Marina Bourgeois] On en revient à la notion de savoir s'écouter. Nous ce qu'on voit en pratique, c'est que le déclic se fait souvent suite à des événements difficiles comme le burnout. Il faut absolument trouver le moyen de s'écouter bien avant ça. J'ai une dernière petite question Marie : quand on présente Au bout de l'enquête, est-ce qu'on arrive à bien s'endormir ? Parce que moi, j'aurais les pétoches à votre place.

[Marie Drucker] Oui, j'y arrive. J'imagine que c'est comme un chirurgien ou un médecin qui voit des choses douloureuses toute la journée. Il y a une espèce de distance professionnelle qui fait que oui, on y arrive.

[Marina Bourgeois] Marie, un très grand merci pour votre confiance et votre temps. Je recommande vivement votre livre pour les mois qui arrivent. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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