Ma rencontre avec Manika a changé ma vie. Catherine Gabriel-Ligutti, ex-avocate devenue auteure

Podcast
Saison 1
Ep 16
42 min
Marina Bourgeois
Publié le
November 7, 2021
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Description

De l'avocature à l'écriture

Après une pause dédiée à la sortie de mon livre Trouver sa voie co-écrit avec Caroline Averty, le podcast reprend avec une interview qui me tient à coeur. J'ai en effet eu le plaisir de recevoir Catherine Gabriel-Liguti, auteure du très beau livre L'incroyable destin de Manika.

Catherine était avocate dans un très beau cabinet lorsqu’un jour, en
2018 précisément, elle rencontre une femme – Manika – qui modifie le cours de
sa vie et sa vision du monde. Elle a, depuis, changé de v(o)ie.

Dans cet épisode, nous parlons des rencontres qui changent une vie, de notre moi profond, de coup de foudre amical, de choix de vie, de destin et d'écriture. Nombreux.ses sont les français.es à vouloir écrire, surtout depuis les confinements successifs. Catherine raconte les étapes de son cheminement pour y parvenir. Un récit personnel aussi passionnant que celui de Manika.

Bonne écoute !

Transcription

00:00 Introduction : La rencontre qui a changé le cours d'une vie

[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui je l'espère vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Catherine Gabrielle Liguti. Catherine était avocate dans un très beau cabinet lorsqu'un jour en 2018 précisément elle rencontre une femme, Manika, qui modifie le cours de sa vie et sa vision du monde. Elle a depuis changé de vie mais je ne vous en dis pas plus et vous propose de découvrir son parcours dans ce nouvel épisode. Bonjour Catherine et merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.

[Catherine] Bonjour, avec plaisir.

05:00 Le choix du droit : Entre pragmatisme et adrénaline

[Marina] Catherine tu as eu une première carrière en tant qu'avocate. Pourquoi à la base à l'origine tu as choisi l'avocature ?.

[Catherine] Alors ça ne s'est pas imposé à moi, le droit c'était pas une passion au départ. À 18 ans, j'avais plutôt envie de me tourner vers la médecine. Je me suis posé pas mal de questions et j'ai commencé à regarder autour de moi, parler, échanger. Et dans ma famille, il y a pas de médecin, il y a personne vraiment dans le domaine médical et du coup je savais que les études étaient assez longues. Moi, j'avais envie de gagner ma vie assez rapidement et je me suis dit peut-être que le droit, qui est généraliste, m'ouvrira beaucoup de portes. Donc ça a commencé par un choix, on va dire, pas avec passion, mais je me suis prise au jeu et j'ai été très contente d'exercer quelques années en tant qu'avocate.

[Marina] Oui, tu as été au sein du cabinet Baker & McKenzie qui est un beau cabinet. On dit souvent une belle étiquette sociale. Tu as été heureuse, pleinement heureuse pendant ces années d'avocature ?.

[Catherine] Oui oui oui. J'ai beaucoup travaillé mais j'étais là pour ça à l'époque. J'étais célibataire, très focalisée sur mon travail. J'ai beaucoup aimé l'ambiance, la charge de travail, l'adrénaline, tout ce qui allait avec les rencontres avec les clients. Ça a été vraiment très enrichissant.

10:00 Le tournant italien : Mariage, expatriation et indépendance

[Marina] Et pourtant à un moment donné, tu quittes ce domaine et ta vie va changer complètement. Est-ce que tu peux nous raconter ?.

[Catherine] Alors oui. J'ai travaillé pendant 3 ans et puis après j'ai rencontré un Italien qui est aujourd'hui mon mari qui avait beaucoup voyagé et on a décidé de se marier. Comme beaucoup de femmes très amoureuses, je me suis engagée à le suivre. Voilà donc on a vécu à Milan, on habite aujourd'hui à Rome. J'ai fait des enfants, donc je n'ai pas continué d'exercer en droit. Par contre, j'ai fait plusieurs choses à la fois puisque j'ai eu mes enfants mais je n'ai pas arrêté de travailler. J'ai fait des investissements financiers dans l'immobilier commercial, des petites surfaces que j'ai rénovées et louées, ce qui m'a permis d'être indépendante et autonome, ce qui était très important pour moi. Et puis je me suis mise à l'écriture grâce à une belle rencontre. Aujourd'hui, j'écris à temps complet.

15:00 La rencontre avec Manika : Un coup de foudre amical à Rome

[Marina] Et oui, de l'avocature à l'écriture. C'est en 2018 précisément à Rome que tu rencontres une certaine femme qui s'appelle Manika. Vous avez eu un vrai coup de foudre amical.

[Catherine] Ouais vraiment. Elle m'a profondément touchée. On a eu tout de suite une belle complicité et très rapidement, elle m'a dit des choses extrêmement intimes. Alors que tout nous séparait, du physique à la religion, à l'éducation, au milieu culturel, tout nous séparait et pourtant je me suis sentie très proche d'elle très rapidement.

[Marina] Et comment tu l'as rencontrée concrètement ?.

[Catherine] Alors, c'est une belle coïncidence de la vie. Une copine, ma prof de yoga, m'a téléphoné pour me demander comment s'était passé mon déménagement à Rome. Elle me dit qu'elle est avec sa copine indienne Manika qui rentre bientôt en Inde et elle me demande si je pouvais lui trouver des clients pour des massages pendant 4 ou 5 jours à Rome avant qu'elle reparte. Je lui ai expliqué que je venais d'arriver, que ce serait difficile de remplir son agenda, mais j'ai dit spontanément : « Ben si elle veut venir faire du tourisme à Rome, on fait connaissance ». Ma copine m'a rappelé une heure plus tard pour me dire : « Écoute, j'espère que tu as prévenu ton mari, elle arrive, elle débarque Manika ».

20:00 Quatre jours de confidence : L'histoire qui empêche de dormir

[Marina] Et alors donc tu la rencontres et elle se livre à toi assez rapidement. Combien de temps vous allez passer ensemble ?.

[Catherine] Quand elle est arrivée, c'était un petit peu bizarre. Elle m'a dit : « Bonjour, voilà. J'avais pas envie de venir, je suis fatiguée, je dois faire attention financièrement mais quand on me l'a proposé, j'ai su que je devais te rencontrer ». Elle me dit : « J'ai 3 ou 4 jours pour comprendre pourquoi je devais te rencontrer ». Elle est restée 4 jours à la maison.

[Marina] C'est une drôle d'entrée en matière ! Quand elle repart, son histoire tournait toujours dans ta tête, au point que ça t'empêchait de dormir.

[Catherine] Exactement. Je pensais qu'elle voulait découvrir Rome, le Colisée ou la Fontaine de Trévier, mais elle voulait juste qu'on fasse connaissance et discuter. On s'est assis à une terrasse et elle a commencé à me raconter sa vie depuis l'enfance. Elle me racontait des choses atroces avec un détachement incroyable. Son mari était violent, elle me racontait sa violence avec ce détachement extraordinaire. Elle me disait : « Sa violence est son problème. Si je ressassais, je tomberais malade, je serais en colère physiquement et ce serait moi qui paierais ». Elle disait toujours : « His violence is his problem ». Elle prenait tous les petits plaisirs du quotidien avec une facilité incroyable. Mais elle a un secret.

25:00 De l'obsession à la plume : L'incroyable destin de Manika

[Marina] Elle a un secret mais on ne va pas tout raconter. Tu te décides donc à écrire son histoire, un livre qui va s'intituler L'incroyable destin de Manika.

[Catherine] J'avais toujours un petit journal intime, j'ai toujours aimé écrire, ça me faisait du bien. Mais son histoire m'a un peu traumatisée et en même temps, j'étais fascinée par sa résilience. C'est une femme qui a un instinct de survie, une poigne, elle est très spirituelle et médite des heures par jour. Je racontais son histoire à tout le monde, notamment à mon petit mari qui n'en pouvait plus. À un moment, je me suis dit que si je voulais garder mon mari et mes copines, il fallait que je fasse quelque chose. Manika m'a dit qu'elle avait peur des représailles car son mari est quelqu'un de puissant, mais elle m'a dit : « Toi, je te fais confiance ». Le livre est sa vie romancée.

30:00 Le processus créatif : Coaching, discipline et état de "Flow"

[Marina] Comment tu as fait très concrètement pour démarrer ?.

[Catherine] J'ai rencontré par hasard un coach à l'Institut français de Rome qui organisait des ateliers d'écriture guidée. Je lui ai dit que je voulais qu'il m'aide à écrire le récit de vie d'une femme. Il était sceptique car je n'avais jamais écrit, mais j'étais très déterminée. J'ai pris mon ordinateur, j'ai mis mon encens préféré, une belle musique classique — les quatre saisons de Vivaldi — et j'ai commencé à mettre les moments clés de sa vie. J'étais en mode écriture automatique, parfois j'oubliais que j'écrivais. J'ai passé un an à écrire tous les jours, tous les week-ends, toutes les vacances. J'aimais ça, ça me procurait énormément de joie. Je n'ai jamais eu l'angoisse de la page blanche.

[Marina] Tu sais ce que tu me décris, on appelle ça un moment de Flow. C'est quand on s'adonne à une activité sans voir le temps passer, profondément dans le moment présent.

[Catherine] Ça me parle énormément. Après 3 ou 4 heures d'écriture, j'avais une énergie incroyable. Pour réussir, il faut des rituels. Je suis du matin, l'énergie et la créativité sont là à 6h ou 7h. Il faut décider que c'est sa priorité. Le thé, le même fauteuil, l'ordinateur sur les genoux. Si on coupe une semaine, c'est très difficile de reprendre le train. Les habitudes font que ça ne fatigue pas. La discipline est la clé.

35:00 L'aventure de l'édition : De l'auto-édition à L'Harmattan

[Marina] Comment tu as fait concrètement pour te faire éditer ?.

[Catherine] Je l'ai fait relire par des relectrices professionnelles et j'ai été coachée tout au long du roman. J'ai d'abord testé l'auto-édition sur Amazon KDP avec l'aide d'un ami pour mon Instagram et LinkedIn. Mais la communication prend un temps fou. J'avais le fantasme de la maison d'édition accompagnante. J'ai sollicité une dizaine de maisons et envoyé le livre à des chroniqueuses. En 2020, quatre chroniqueuses m'ont sélectionnée dans leurs cinq livres préférés de l'année. L'une d'elles m'a conseillé L'Harmattan. J'ai envoyé mon roman en plein confinement et ils ont accepté très rapidement.

[Marina] Qu'est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ?.

[Catherine] J'ai hurlé ! Mes enfants sont arrivés paniqués, le chien a fait un bond d'un mètre. C'était un grand moment de joie. Être édité permet de rentrer dans toutes les librairies, c'est un plus non négligeable par rapport à l'auto-édition.

40:00 Nouvelle vie : Écrivaine et gardienne des histoires

[Marina] Aujourd'hui, comment tu te présentes ?.

[Catherine] Je dis : « J'écris des livres ». Les gens trouvent ça extraordinaire. Je travaille sur un deuxième roman et j'ai déjà un troisième projet. Le métier d'avocate n'est pas si loin car j'ai l'impression de continuer à défendre, à écouter et à réparer. Je défends Manika, je l'honore.

[Marina] Comment tu as fait financièrement pour gérer cette année d'écriture ?.

[Catherine] J'ai eu le luxe de pouvoir écrire à temps plein grâce à mes investissements immobiliers. Je pense qu'il faut écrire par plaisir et pas pour s'enrichir. C'est un luxe d'écrire et il faut assurer ses arrières car il faut avoir l'esprit extrêmement libre pour la créativité. On ne peut pas écrire 8 heures par jour, je suis efficace 2 ou 3 heures maximum. Le reste du temps, il faut se nourrir : lire, sortir, voyager. Si on est stressé financièrement, il vaut mieux ne pas tout lâcher d'un coup. Merci infiniment Marina.

[Marina] Merci à toi Catherine. L'épisode est terminé. J'espère que cette interview vous a plu et que d'une façon ou d'une autre, elle vous a enrichi. N'hésitez pas à la partager à vos proches. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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