
Stéphanie Retailleau. Les Pas d'Chichi. Quand la maladie suscite la trajectoire professionnelle
Mon invitée du jour s’appelle Stéphanie. Elle a 42 ans, deux enfants et a déjà eu plusieurs vies professionnelles. Au cours de l'hiver 2020, à l’approche de ses 40 ans, Stéphanie apprend qu’elle a un cancer du sein. Un double cancer. Elle réalise alors qu’elle vient de traverser ce mur invisible qui sépare les bien portants des malades et qu’elle fêtera ses 40 ans sous chimiothérapie.
De nature positive et combative, Stéphanie s’interroge sur la façon dont rendre son traitement plus facile à vivre, ou tout du moins le moins difficile. Pas de recette miracle : les séances de chimie provoquent toujours le même chaos et la mettent KO. Pourtant, lorsqu’elle refait surface après les séances, elle se sent capable de travailler sur un élément : l’image et le bien-être. La chute des cheveux, rendue inéluctable, devient son obsession.
Trouver une parade à leur disparition sera son cheval de bataille et la mènera à entreprendre en créant Les Pas d’Chichi , des prothèses capillaires partielles avec les propres cheveux des malades. Objectif : retrouver rapidement son identité.
Bonne écoute !
[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa Carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa Carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute.
[Marina] Mon invité du jour s'appelle Stéphanie. Elle a 42 ans, deux enfants et a déjà eu plusieurs vies professionnelles. Ancienne coiffeuse et perruquière, elle apprend au cours de l'hiver 2020, à l'approche de ses 40 ans, qu'elle a un cancer du sein, un double cancer. Elle réalise alors qu'elle vient de traverser ce mur invisible qui sépare les biens portants des malades et qu'elle fêtera ses 40 ans sous chimiothérapie. De nature positive et combative, Stéphanie s'interroge sur la façon dont rendre son traitement plus facile à vivre ou tout du moins le moins difficile. Pas de recette miracle. Les séances de chimie provoquent tout toujours le même chaos et la mettre KO. Pourtant, lorsqu'elle refait surface après les séances, elle se sent capable de travailler sur un élément, l'image et le bien-être. La chute des cheveux rendue inéluctable devient alors son obsession. Trouver une parade à leur disparition sera son cheval de bataille et la mènera à entreprendre en créant les Patchichi, des prothèses capillaires partielles avec les propres cheveux des malades. Objectif : retrouver rapidement son identité. Et pour tout vous dire, elle et son associée Alice viennent hier de remporter le prix santé et entrepreneur d'Harmonie Mutuelle. Hello Stéphanie, merci d'avoir accepté mon invitation.
[Stéphanie] Salut Marina, merci à toi de m'avoir invité, c'est super.
[Marina] Je suis ravie. Je suis vraiment ravie parce que ton entreprise, on va en parler a tellement de sens et je pense peut aider tellement de personnes qu'on va on va essayer de détailler, de bien la comprendre. Alors Stéphanie, je te laisse peut-être te présenter, me dire qui tu es et puis surtout aujourd'hui comment tu vas.
[Stéphanie] Alors et bien tu m'as déjà bien présenté l'entreprise. Bah écoute, aujourd'hui ça va. Donc voilà, moi je m'appelle Stéphanie, j'ai 42 ans maintenant et effectivement voilà, j'ai eu un cancer du sein il y a 2 ans et puis aujourd'hui tout va bien. Euh j'ai eu aussi mon salon de coiffure pendant des années. J'ai fait de la perruque, je fais de la formation pour les coiffeurs en coloration végétale pour que les coiffeurs gardent une bonne une bonne santé. Et puis bah là, on vient de monter cette fameuse entreprise qui s'appelle les Patchichi qui fait des prothèses capillaires partielles avec les propre cheveux des femmes à teintes de chimies.
[Marina] Et alors si on revient un tout petit peu en arrière, quand tu étais perruquière et coiffeuse, est-ce que tu avais à ce moment-là déjà eu cette idée donc avant ta propre maladie, est-ce que ça t'était déjà venu à l'esprit d'envisager la perruque pour les malades ?
[Stéphanie] Non, parce qu'en fait quand j'ai commencé la perruque, je travaille au théâtre des arts à Rouen. Euh j'avais 22 ans. C'est la perruque de spectacle quoi. C'était le fun de la perruque. Et puis j'avais été faire un stage chez une dame qui était perruquière pour des femmes atteintes justement de chimio ou d'alopécie. Et puis ben moi à cet âge-là, c'était trop lourd en fait à gérer pour moi psychologiquement et je me suis dit : « Bah non en fait moi je veux pas faire ça quoi. » Et du coup je suis repartie parce que c'était trop intense psychologiquement quoi. J'avais pas l'âge je pense, il y a un âge aussi quoi.
[Marina] La maturité aussi. Comment tu apprends ta maladie ? Parce qu'on va revenir au point de départ finalement des Patchichi. C'est le moment où tu réalises que tu viens de traverser ce mur invisible qui sépare les bien portants et les malades. Alors comment toi tu te rends compte qu'il y a un problème de santé ?
[Stéphanie] Ben en fait pour tout te dire j'ai fait une grossesse extra-utérine avec un stérilet et donc avant de savoir que j'étais enceinte parce que au début on le sait pas, j'avais les seins hyper gonflés comme quand on est enceinte, logique. Et j'ai une boule qui est apparue sur le côté et du coup j'ai appelé tout de suite ma sage-femme. Elle m'a reçue, elle m'a dit : « Mais non, votre stérilet est en place. » C'était tout petit donc elle voyait rien. La boule au niveau du sein, elle me dit : « Ça bouge bien, ça me perturbe pas trop. » Elle me dit : « Vous prenez un rendez-vous pour faire une mamo » mais voilà, c'est pas de caractère urgent. OK. Donc je prends rendez-vous pour la mamo en sortant de chez la sage-femme, ils me disent : « On n'a pas de rendez-vous avant 1 an. » Bon, je dis : « Bon, OK, je prends. Au moins ça sera fait, le rendez-vous sera pris. »
[Stéphanie] Et puis 2 jours après, je me suis retrouvée à l'hôpital pour une ablation de la trompe en urgence. Donc je me suis dit : « Ouais, qu'est-ce que c'est que ce truc ? » Et puis en sortant de l'hôpital, j'ai mon chirurgien que j'aime trop à qui je dis : « Par contre, j'ai une boule au sein comment ça se fait ? J'ai pas rendez-vous avant un an. » Elle me dit : « Oh non, votre boule ça bouge bien. Il n'y a pas de caractère urgent sur cette boule mais on se voit dans 3 semaines, je veux absolument que ça soit fait avant. » OK, donc moi très bien, je m'en vais faire ma mamo et puis la boule effectivement n'était pas du tout cancéreuse mais j'avais une calcification à côté et ils m'ont dit : « On se voit dans 3 mois, on refait un point. » Et 3 mois après finalement on m'a détecté un cancer, et un bilatéral parce que forcément je fais pas les choses à moitié. J'en avais des deux côtés. Voilà, donc je n'aurais jamais eu ma grossesse extra-utérine et je n'aurais jamais rencontré ce fameux chirurgien, j'aurais jamais eu de mamo en 3 semaines quoi.
[Marina] C'est hyper important ce que tu dis Stéphanie. Si des femmes nous écoutent, de rappeler l'importance de faire des mamos régulièrement. Toi entre guillemets, tu as eu de la chance car un événement de vie a permis de voir ça, sinon tu aurais pu attendre bien plus tard.
[Stéphanie] Ouais, ça a été vraiment pris à temps. Moi j'ai eu la chance de pas avoir d'ablation, que mes ganglions lymphatiques soient pas touchés. Euh j'ai fait quand même la chimio de prévention parce que voilà, ils m'ont bien fait comprendre que ça me divisait les risques de récidive. Mais j'avais pas cette peur que la chimio fonctionne pas. Franchement, j'ai rencontré des professionnels de santé qui sont toujours auprès de moi. Si on fait pas attention à ses seins, faut faire attention, faut les regarder, faut toucher, faut tout le temps être à l'affût de ça parce que ça peut sauver des vies en fait cette autopalpation et pour moi c'est tellement important quoi. C'est pas que en octobre qu'on se touche les seins.
[Marina] Pas que octobre heureusement, on est bien d'accord. Les femmes, si vous écoutez ce podcast, n'hésitez pas à prendre un rendez-vous, prio à la santé surtout. Alors Stéphanie du coup tu apprends cette nouvelle déjà toi comment elle t'impacte, comment tu réagis ?
[Stéphanie] Alors au début quand ils m'ont dit qu'il y avait une calcification, franchement j'étais complètement dans le déni. J'avais des rendez-vous professionnels, je me dis voilà... et en fait dès que j'ai passé ma biopsie sur le sein droit, franchement quand j'ai vu la tête du mec, je me suis dit : « Bon bah c'est foutu. » Et sur le sein gauche, franchement il m'a dit : « Ouais, je fais peut-être un peu de zèle mais on sait jamais. » Et quand j'ai eu les résultats, j'étais chez mon oncologue et elle m'a dit : « Bah, c'est cancéreux des deux côtés. » Je me dis c'est pas possible. Enfin, on s'est planté de dossier quoi. Puisqu'en fait tu te sens pas du tout malade. Tu as une pêche d'enfer, tu te sens bien.
[Stéphanie] Et puis enfin, tu me connais un peu. Voilà, je suis d'une nature assez positive donc je me dis : « Oui bah de toute façon allez hop, c'est 6 mois. » En fait, j'avais six chimio. Je me suis dit : « Voilà c'est 6 mois de ma vie. Oui, je vais perdre mes cheveux mais ils vont repousser. Allez hop, on va y arriver quoi. » Je vais me faire aider, ça va le faire et puis ben c'est parti quoi. Et alors du coup le "bad", ça a pas duré longtemps quoi. Mais après ça c'est moi de nature je pense aussi.
[Marina] Alors le lien du coup avec la maladie, la perte des cheveux, je te laisse le faire pour arriver aux Patchichi.
[Stéphanie] Carrément. Donc du coup je me suis dit, moi je suis quand même assez coquette dans l'ensemble. J'ai essayé les perruques, les turbans, les franges, les machins. Je me suis dit : « Bah non j'ai pas d'allure. » J'ai l'impression d'être déguisée. Je me suis dit : « Mais non mais c'est carrément pas moi. » Enfin alors oui c'était beau mais en fait j'avais carrément perdu mon identité. Je me suis dit : « Bah ouais non mais au pire je mettrai des turbans ou des bonnets. » C'était l'hiver donc j'avais un peu de chance mais je mettrai pas les cheveux de quelqu'un d'autre ou je mettrai pas de faux cheveux.
[Marina] Pas de synthétique non plus du coup ?
[Stéphanie] Pas de synthétique. Moi j'ai l'impression que ça fait vraiment cheveux de Barbie tu vois. Ça brille et puis j'ai un cheveu un peu atypique, bouclé assez fin. Et puis ben les cheveux de quelqu'un d'autre non plus. Je me suis dit : « Bah non en fait je veux pas. » Donc je suis restée là-dessus. Et puis tu penses toujours qu'ils vont pas tomber, que tu vas être l'exception.
[Stéphanie] Sauf que bah non, en fait le dimanche j'ai commencé à les perdre. Donc le dimanche soir, je les ai attachés, j'ai fait des couettes. Je me suis dit : « Mais non, faut que je les récupère. » Et puis le dimanche soir, je m'attache ces cheveux, je fais plein de couettes sur ma tête et puis j'ai ma fille qui descend. Elle me dit : « Mais tu fais quoi ? » Je dis : « Je coupe mes cheveux parce que mes enfants étaient au courant, je leur ai tout expliqué. » Elle me dit : « Mais je peux le faire et tout ! » Ah bah je dis : « Bah oui pas de souci. » Mon fils descend : « Mais vous faites quoi ? » On coupe les cheveux de maman. « Ah ben moi aussi je veux bien couper les cheveux ! » Voilà on s'est retrouvés tous les trois en salle de bain à couper mes cheveux. Après moi voilà je suis coiffeuse donc j'ai réussi à les driver un peu.
[Marina] Oui, et après ?
[Stéphanie] Et puis le lendemain matin je me suis dit OK donc maintenant tu as les cheveux courts, ils tombent parce que c'est comme un scratch en fait hein. Tu as plus le bulbe de ton cheveu qui retient ta fibre, elle est asséchée. Donc ça part très très vite de la terre. Et bien sur un cheveu, c'est exactement pareil. Donc le mercredi du coup je les ai rasés et le jeudi, je me suis confectionné mon premier Patchichi qui ne s'appelait pas Patchichi à l'époque, sur ma table de cuisine.
[Stéphanie] Je suis allée voir ma mère. Je lui ai dit : « Écoute, tu me couds cette bande de cheveux dans un bandeau ? » On a déchiré un vieux t-shirt. Hop, j'ai mis mon bonnet. Je suis allée chercher mes enfants à l'école et mon fils il me regarde, il me dit : « Maman tu as récupéré tes cheveux ? » Je dis : « Oui oui oui mais je les ai mis sur un bandeau ils sont pas attachés. » Il me dit : « Ah ça le fait grave ! » Ben je dis : « Ouais ça fait grave. » Il me dit : « On a l'impression que c'est comme avant. » Bingo.
[Stéphanie] Je croise la mère d'une copine elle me dit : « Ah mais en fait tu as commencé ta chimio mais c'est cool tu as toujours pas perdu tes cheveux ! » Ah je dis : « Si si ils sont plus accrochés à mon crâne ! » Elle me dit : « Non mais c'est dingue mais ça se voit carrément pas ! » Forcément parce que tu gardes tes cheveux. Les gens te reconnaissent parce que tu as tes cheveux. Et puis Alice donc qui est mon associée, qui est une super pote qui habite à 10 m de la maison, qui vient prendre le café après l'école et elle me dit : « Non mais Stef tu tiens un truc de ouf ! » Je lui dis : « Bah oui écoute c'est cool si ça le fait quoi. » Elle me dit : « Non tu as pas compris. Non mais moi si je suis malade je veux que tu me fasses ça ! »
[Marina] Tu voyais pas plus grand toi à ce moment-là ?
[Stéphanie] Ah mais pas du tout. Elle me dit : « Non tu as pas compris en fait il faut que toutes les femmes de France et du monde entier puisse garder leurs cheveux même si elles sont malades. » Et puis elle a mis 3 mois à me décider et puis j'ai dit : « OK, bon go, on y va. » On a créé la société en mars 2022.
[Marina] Alors est-ce que tu peux expliquer concrètement ce que c'est exactement qu'un Patchichi ?
[Stéphanie] Alors un Patchichi c'est comme un bandeau. Le terme exact c'est une prothèse capillaire partielle. Donc c'est un bandeau en fait qui se met sur la tête et sur lequel je fixe en fait des cheveux. Donc le bandeau passe dans la nuque, au-dessus des oreilles et au niveau du front et en fait les cheveux descendent au niveau de votre visage et après bah on agrémente le haut du crâne qui lui n'est pas couvert avec un turban, avec un bonnet, avec ce qu'on veut en fait et qui est interchangeable.
[Stéphanie] En fait, on peut tout mettre parce que ben on peut commencer une chimio d'hiver à avoir besoin d'un bonnet en laine et on peut finir sa chimio au mois de mai où il fait super beau et on a envie de mettre juste un petit foulard en soie pour pas avoir chaud. Et son bandeau de cheveux reste toujours le même. Et la particularité c'est qu'on les femmes nous envoient leurs cheveux avant qu'ils tombent. Elles les prélèvent, elles les attachent, elles les coupent, elles nous les envoient via un bordereau d'envoi et je les reçois et je leur renvoie après le Patchichi tout fait.
[Marina] Non mais c'est formidable. Et qu'est-ce que ça a comme sens ? On sait que c'est moins traumatique si on sait qu'on les retrouvera.
[Stéphanie] Ah ben complètement. Là, j'ai eu un témoignage d'une cliente hier qui m'a envoyé un message. Elle me dit : « J'ai mis du temps à vous renvoyer un message parce que j'avais pas encore perdu mes cheveux et je me suis fait raser hier et j'ai mis mon Patchichi et quel réconfort en fait de retrouver les cheveux que je viens de perdre ! » Elle dit : « Mais c'est exceptionnel ce que vous m'avez apporté parce qu'ils sont plus accrochés mais ils sont avec moi. » Ça m'a fait ma journée. Parce que moi les femmes, elles me confient quand même leurs cheveux. C'est une grosse responsabilité que je prends vraiment à cœur. Et puis j'ai leur photo sur le site, on demande une photo d'elle pour savoir moi comment je dois implanter les mèches de cheveux.-
[Stéphanie] Et du coup bah quand je reçois des cheveux, elles mettent toujours un petit commentaire. Je vois sa tête, j'ouvre le colis, je me dis : « Ah tes cheveux sont trop beaux, je suis trop contente ! » Et du coup je lui renvoie son postiche, je lui fais son petit brushing et puis je lui mets un petit mot. Je veux pas qu'elle soit qu'un numéro de commande.
[Marina] Tu permets de renouer avec le monde des non-malades car il n'y a plus de différenciation apparente. On peut continuer à s'occuper de soi.
[Stéphanie] Ouais. À être vraiment toi. Tu sais quand tu te retrouves sans sourcil, sans cil, la tête un peu bouffie par les traitements... tu remaquilles, tu remets tes cheveux et hop, c'est reparti. En fait, tu n'es plus malade. Et moi, j'ai une copine qui m'a vu qui me voyait toujours avec mon postiche. Un jour, je lui ai enlevé, elle s'est effondrée. Elle me dit : « En fait, je te voyais tellement pas malade. Tu as tellement pas changé d'apparence que pour nous, tu n'étais pas malade. » Donc, l'illusion elle est là pour toi et elle est là pour tes proches.-
[Marina] Et pour le noyau dur, le mari, les enfants ?
[Stéphanie] Moi je dirais que oui parce que j'ai fait les 10 ans de mon fils avec mon postiche, toute la journée personne n'avait vu que j'avais des faux cheveux. Mon conjoint me disait : « Bah non mais ça va pas » quand je testais des modèles blonds. Les gens ne veulent pas te voir malade. Toi tu n'as pas envie de voir dans leurs yeux que tu fais pitié. Le fait qu'ils voient pas que tu es malade, bah ça t'évite quand même pas mal de réflexions. Moi j'ai fait les 50 ans de ma sœur, j'ai fait le mariage d'un pote, franchement je me sentais pas différente des autres personnes.-
[Marina] Et alors, combien ça coûte un Patchichi ?
[Stéphanie] Un Patchichi, c'est 390 € avec le bandeau et après on a un turban qu'on met aussi dans la commande comme ça la cliente, elle reçoit son pack. C'est hyper simple, c'est comme Vinted : elle télécharge son bordereau d'envoi, elle nous les envoie et moi je télécharge son bordereau de retour.-
[Marina] Tu me parlais de quelqu'un de Nouméa ?
[Stéphanie] Il y a eu quelqu'un de Nouméa qui nous a trouvé sur internet. On lui a renvoyé ses cheveux et son mari nous envoie un mail et il nous dit : « Merci, quelle émotion ! Quand ma femme a retrouvé ses cheveux et quel bonheur pour moi de la retrouver comme avant. » Et là, on sort les mouchoirs nous.-
[Marina] C'est émouvant. Et les enfants peuvent aussi participer en donnant leurs cheveux ?
[Stéphanie] Alors ouais, ça m'est arrivé trois fois où la maman n'avait pas assez de matière. J'ai eu une maman qui m'a dit : « Est-ce que vous pouvez mélanger les cheveux de mon fils pour faire mon Patchichi ? » Bien évidemment ! L'enfant participe. J'ai eu quelqu'un au Luxembourg aussi dont la fille voulait faire un don de cheveux pour que sa maman porte ses cheveux pendant qu'elle est malade pour qu'elle soit toujours avec elle.
[Marina] L'objectif maintenant, j'imagine, c'est de rendre le Patchichi remboursable par la Sécu ?
[Stéphanie] Alors là, c'est un peu notre cheval de bataille 2023. C'est d'obtenir ce remboursement Sécu. Forcément, vu que les Patchichi c'est quelque chose qui n'existe pas, on n'a pas vraiment de case pour nous. On est très très bien entourées mais c'est long, c'est long, ça coûte cher. C'est pour ça qu'on participe à plein de prix. On a gagné le deuxème prix national d'Harmonie Mutuelle. Ça nous donne de la légitimité. Le but c'est de se faire connaître avant que les cheveux tombent.-
[Marina] Et pour les hommes ?
[Stéphanie] On a un bonnet qui va sortir là, qui est neutre. Un homme m'a appelé hier, il a les cheveux longs, il me dit : « Mon cheveu long, c'est mon identité. » J'ai dit : « Ils vont pas être perdus en fait. On va les utiliser puis vous allez les retrouver. » On va aussi développer pour les ados, on le fait en "off" pour l'instant parce que c'est du sur-mesure. On veut que notre communication soit pleine de soleil.-
[Marina] Comment on peut aider ?
[Stéphanie] Diffuser à fond ! Diffuser à fond la bonne nouvelle : on peut garder ses cheveux pendant la chimiothérapie. Diffuser ça parce que souvent on leur dit « Coupez vos cheveux courts », mais non moi il me faut de la matière ! Il faut diffuser la bonne nouvelle.-
[Marina] On va diffuser la bonne nouvelle Stéphanie. C'est un bel encouragement. Bravo à Alice et toi. Merci beaucoup Stef.
[Stéphanie] Merci Marina, bisous.
[Marina] À bientôt. L'épisode est terminé. J'espère que cette interview vous a plu. N'hésitez pas à la partager et à nous soutenir sur Apple Podcast ou les réseaux sociaux. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.