J’ai perdu ma société à 50 ans, et j’ai trouvé ma voie sur scène. Jean-Michel Rallet.

Podcast
Saison 4
Ep 122
37 min
Marina Bourgeois
Publié le
October 27, 2025
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À quoi s'attendre ?

Dans cet épisode de Cheminement, je reçois Jean-Michel Rallet.

Jean-Michel est humoriste et comédien français, mais il n’a pas toujours joué sur les planches. Ancien professionnel de la finance, il a vécu de belles années dans le capital-investissement et cofondé sa société. À l’aube de ses 50 ans, il en est exclu. Une perte qui aurait pu briser beaucoup d’autres, mais qui devient pour lui le point de départ d’une nouvelle vie.

Ayant toujours aimé les mots — et en jouer — il écrit alors un seul en scène humoristique, exutoire et moyen de réinventer sa trajectoire. Depuis quelques mois, il brûle les planches parisiennes avec son spectacle Changement de vie (in)volontaire au Contrescarpe, spectacle récompensé par le prix du jury du 43ème Festival d’Humour de Vienne.

Dans cet épisode, Jean-Michel raconte son parcours à la fois résilient et audacieux, ses stratégies pour se réinventer et comment il a transformé une épreuve professionnelle en une nouvelle vocation pleine de sens et de passion.

Bonne écoute !

Podcast animé par Marina Bourgeois.
Avec les interventions ponctuelles et précieuses de Caroline Averty & Valérie Pouliquen.

Transcription

[00:00] Introduction : Le parcours singulier de Jean-Michel Rallet

[Marina Bourgeois] Avancer, douter, reculer, hésiter, rebondir. Ce sont ces mouvements de la vie que nous traversons toutes et tous que je questionne dans ce podcast. Je suis Marina Bourgeois et je reçois à mon micro des invités au parcours de vie singulier, mouvant, parfois fracturés, mais surtout inspirants et qui, je l'espère, vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Bienvenue dans le podcast Cheminement.

[Marina Bourgeois] Mon invité du jour est un humoriste et comédien français, ancien professionnel de la finance, reconverti dans le spectacle. Après une première carrière dans le capital investissement et de belles années de réussite, tout du moins sur le papier — parce qu'on va en parler tout à l'heure — Jean-Michel Rallet est exclu de la société qu'il a cofondée. À l'époque, enjoué, il écrit alors comme un exutoire un seul-en-scène humoristique. Il brûle les planches parisiennes depuis quelques mois en jouant son spectacle Changement de vie involontaire au théâtre de la Contrescarpe, spectacle qui a reçu le prix du jury du 43e festival d'humour de Vienne. Jean-Michel Rallet a gentiment accepté mon invitation pour parler de sa reconversion, de son spectacle, de son parcours et de ses cheminements aussi bien résilients qu'audacieux, ce qui évidemment nous parle beaucoup chez Oser Rêver sa Carrière. Bonjour Jean-Michel.

[Jean-Michel Rallet] Bonjour Marina.

[Marina Bourgeois] Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation.

[Jean-Michel Rallet] Bien merci d'inviter.

[Marina Bourgeois] Jean-Michel, ça fait quelques années que je te « renifle » — ce n'est pas très joli comme terme — mais on s'était parlé une première fois je crois en 2021, donc il y a un moment. Tu nous avais fait aussi la gentillesse de participer à notre livre Trouver sa voix. Je suis très contente de pouvoir maintenant parler de ton travail. Tu as passé 30 ans dans la finance et plus précisément le capital investissement. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi, au démarrage, tu avais choisi cette voie de la finance ?

[01:45] Les débuts en finance : Le choix d'une vue globale sur l'entreprise

[Jean-Michel Rallet] Alors, je n'ai rien fait de bien original : j'ai fait une école de commerce. Je suis sorti de l'EM Lyon en 89. À la sortie, je ne voulais déjà pas rentrer dans les grosses boîtes ou dans les cabinets d'audit — ils étaient huit à l'époque — parce que j'avais envie d'avoir une vue un petit peu globale sur l'ensemble de l'entreprise.

[Jean-Michel Rallet] Par une succession de hasards, je suis rentré en relation avec une entreprise qui s'appelait Initiative et Finances, qui a acclimaté le capital investissement en France. C'était à l'époque des tout petits tickets, c'était un tout petit marché très confidentiel. J'ai eu la chance d'y rentrer tout « piou-piou », en tant que junior, en 90, quelques jours avant que Saddam Hussein ne rentre en Irak. J'aimais bien ce métier parce que ça permettait de parler de finance bien sûr, mais aussi de stratégie, de commerce et puis il y avait cet aspect très humain : rencontrer des chefs d'entreprise qui sont aussi, à leur façon, des artistes.

[Marina Bourgeois] Oui, ah ça complètement, tu prêches une convaincue ! Tu as passé une belle première carrière toutes ces années dans le milieu du capital investissement. Avec du recul, donc rétrospectivement, quel regard tu portes aujourd'hui dessus ?

[04:00] L'évolution du marché : De l'artisanat à la professionnalisation

[Jean-Michel Rallet] C'est un marché qui a énormément évolué pendant les 30 ans où j'ai baigné dedans. Au début, c'était vraiment un métier d'artisan et après, ça s'est de plus en plus professionnalisé en parallèle du fait que les fonds gérés se sont beaucoup multipliés, à la fois en nombre et en montant.

[Jean-Michel Rallet] Nous avons quitté notre club de salariés avec mes associés en 2002 pour créer notre propre structure. Nous avons levé un premier fond de 120 millions, un deuxième de 150, un troisième de 180. À chaque fois des fonds plus importants. Mais ce que j'aimais beaucoup dans ce métier, ce contact avec les entrepreneurs, nous l'avions de moins en moins. C'était de plus en plus processé avec des banques d'affaires qui faisaient les intermédiaires. Cela me manquait parce qu'il fallait tout justifier, là où parfois on ne pouvait pas se justifier parce qu'on avait simplement le feeling que c'était un bon deal. C'est devenu une classe d'actif très commune aujourd'hui.

[Marina Bourgeois] Et donc tu as eu l'aventure entrepreneuriale avec tes associés. Comment cette aventure s'est-elle passée ?

[Jean-Michel Rallet] Franchement, c'était un moment incroyable. C'était assez drôle parce qu'à un moment donné, nous étions en désaccord avec le groupe qui nous employait et nous avons décidé ensemble de créer notre propre structure. On ne savait pas du tout où on allait. Il n'y avait pas de rupture conventionnelle à l'époque ! Donc nous avons démissionné et nous avons réussi à lever notre fond. Je me souviens, nous avions des Américains de Morgan Stanley qui étaient venus ; on leur avait dit qu'il y avait ces petits gars pas trop mauvais qui faisaient des bons deals. Ils ont investi. On n'aurait jamais cru que ça se passerait comme ça.

[Jean-Michel Rallet] Il fallait être un peu fou parce que nous avions de bonnes performances mais nous n'étions pas du tout experts dans la gestion pour compte de tiers. Des gens nous ont fait confiance. Ce qui est rigolo, c'est de voir tous ceux qui vous disent « allez-y lancez-vous » mais qui ne viennent pas au final ! Heureusement qu'il y en a eu d'autres. J'ai adoré cette période parce que beaucoup de chefs d'entreprise sont restés mes amis. Je ne renie pas cette période. Je trouve juste dommage que le marché évolue en laissant de côté les PME non technologiques. J'adorais discuter avec ces patrons, qui sont des artistes multicasquettes, qui vont à l'export sans parler anglais... j'ai adoré toutes ces rencontres.

[08:45] Le "Judas" et l'exclusion : La fin brutale de l'aventure

[Marina Bourgeois] Il y a cette notion d'audace et d'oser. Comment ça s'est terminé, cette histoire entrepreneuriale avec tes associés ? Est-ce qu'on peut en parler un petit peu, parce que ça explique aussi l'après.

[Jean-Michel Rallet] Ça ne s'est pas super bien terminé. Mais peut-être que ça ne pouvait pas se terminer différemment. Nous avons dû passer du job d'investisseur à un job de manager parce que la société a grossi. On a embauché des gens. Manager, ça s'apprend, et je n'avais peut-être pas un grand talent pour ça. Ce que j'aimais, c'était faire des investissements et rencontrer les patrons.

[Jean-Michel Rallet] Pour faire court, il y avait un adjoint — que j'appelle Judas dans le spectacle — qui avait les dents très longues, qui voulait ma place et qui a fini par l'avoir. Mes associés ne m'ont pas trop soutenu à ce moment-là. Je me suis fait exclure — c'est le terme juridique — de la société de gestion. Je n'avais que 20 % du capital. J'ai été licencié et je me suis retrouvé à l'aube de ma cinquantaine en ayant perdu l'entreprise dans laquelle j'avais mis beaucoup de temps, de sacrifices et beaucoup de moi-même.

[Marina Bourgeois] Comment tu l'as vécu à ce moment-là ?

[Jean-Michel Rallet] Je ne le montrais pas trop, mais je l'ai mal vécu. On m'a dit que j'avais fait une blessure narcissique, qu'il fallait que je le prenne bien... mais se faire remplacer par son adjoint à qui on avait donné les clés du camion et à qui on avait appris beaucoup de choses, ce n'est pas très agréable. On a l'impression de se faire... je vous laisse terminer la phrase. Mais après, j'ai aussi ressenti un soulagement. La façon dont le marché évoluait n'était plus en phase avec ma façon de faire ce métier. Finalement — c'est une phrase de loser — c'était peut-être un mal pour un bien.

[13:00] La traversée du désert : Tri sélectif des amis et nouveaux projets

[Marina Bourgeois] Comment tu traverses cette période quand tout s'arrête ? Est-ce le flou vertigineux, une graine déjà semée, ou est-ce que tu t'effondres ?

[Jean-Michel Rallet] J'ai la chance d'avoir une famille unie, des enfants qui vont bien. Le cadre familial est important pour stabiliser les choses. Ma famille m'a soutenu. Et puis, ces périodes ont l'avantage de faire le tri. Il y a ceux qui étaient vos amis parce que vous aviez une enseigne, parce que vous les invitiez au match de foot, de basket ou au restaurant, parce que vous étiez susceptibles de leur confier des missions... et puis les vrais amis qui restent malgré l'adversité. C'est bien, ça fait le ménage.

[Jean-Michel Rallet] Si un jour je fais l'Olympia et que ces faux amis m'appellent pour des places, j'aurai un tel plaisir de les mettre au premier rang ! (Rires). Mais bon, on n'en est pas encore là, il y a encore du chemin.

[Marina Bourgeois] Je comprends parfaitement. Et après, tu as tout de suite voulu remonter quelque chose ?

[Jean-Michel Rallet] Oui, j'ai voulu être tout de suite dans l'action, peut-être que je n'ai pas pris assez de temps pour me poser. Je voulais monter un fond qui s'appelait Champion Capital pour aider des sportifs à investir intelligemment dans des PME. J'étais très proche de Tony Parker à l'époque. Mais ça n'a pas marché. J'ai travaillé plusieurs années là-dessus, mais je sentais que ça n'allait pas aboutir. C'est là qu'en parallèle, après avoir fini tous les épisodes de La Casa de Papel et commencé Peaky Blinders, je me suis dit : « Tiens, tu as toujours aimé l'humour, pourquoi pas te lancer un petit défi pour t'occuper et écrire des sketchs ou des saynètes ? ».

[16:30] L'écriture comme exutoire : Du carnet de notes au café-théâtre

[Marina Bourgeois] Comment on s'y met concrètement ? Tu as pris un bloc de feuilles ? Comment as-tu fait pour démarrer ?

[Jean-Michel Rallet] Concrètement, j'avais plusieurs petits carnets, mon ordinateur, mes notes sur mon iPhone... Je notais des idées. Au début, l'objectif n'était pas d'en faire mon métier, c'était vraiment pour m'occuper et me prouver que j'étais capable de faire quelque chose. J'ai toujours aimé l'écriture, adolescent j'écrivais des chansons. J'aime aussi les chiffres, mais j'ai toujours été un raconteur d'histoires, souvent en fin de repas. Mais raconter des histoires aux copains et écrire un spectacle, ce n'est pas la même chose.

[Jean-Michel Rallet] Je faisais mes petits trucs devant les copains, puis en 2018, je suis allé pousser la porte d'un café-théâtre à Lyon, Le Nombril du Monde. C'est là que Florence Foresti a fait ses premiers pas. Je suis allé voir le directeur, Thierry Buenafuente, qui est un comédien. Je lui ai dit : « Voilà, je ne suis jamais monté sur scène, j'aurais besoin d'un coup de main pour structurer tout ça ».

[Jean-Michel Rallet] Il ne me répondait pas, je l'ai relancé... je ne lâche pas ! Il me pose un lapin, je ne lui en veux pas, je reviens. Finalement, on s'est vus régulièrement tous les 15 jours. C'est moi qui écrivais, mais s'il faisait une grimace, j'oubliais le texte. Il m'a donné les rudiments de la présence sur scène, tout ça pour arriver au 19 octobre 2019 pour jouer ma première.

[20:30] Le baptême du feu : La première scène et le trac

[Marina Bourgeois] Et alors, comment on se sent quand on se dévoile pour la première fois ? Tu étais excité, effrayé, stressé ?

[Jean-Michel Rallet] Oui, une semaine avant, je me suis dit : « Mais qu'est-ce que tu as été faire ? Quelle idée ! ». Mais une fois que les dates sont calées et les places vendues, il faut y aller. Mon entourage était là, ce qui est à la fois bien et pas bien. Une copine m'a dit : « On est venus en se demandant : si c'est nul, est-ce qu'on va oser lui dire ? ».

[Jean-Michel Rallet] Honnêtement, ce n'était pas brillant, mais ce n'était pas si mal. J'ai passé un bon moment. Entre la première et la deuxième, j'ai déjà enlevé des trucs qui ne marchaient pas. Aujourd'hui, les gens testent leurs blagues en comedy club, mais moi je suis parti tout de suite sur 1h45 non-stop.

[Marina Bourgeois] Est-ce que dans ta tête, à ce moment-là, c'était déjà professionnel ou encore un loisir ?

[Jean-Michel Rallet] Ce n'était pas encore mon chemin professionnel, mais si je le faisais, je voulais le faire bien. Je n'allais pas y aller pour raconter des blagues de fin de repas. Si je regarde le spectacle aujourd'hui, même s'il a le même titre, il ne reste peut-être que 15 % du texte d'origine. Mais ces 15 % sont passés à l'épreuve du temps, même s'ils sont joués différemment.

[24:15] La conquête de Paris : Le théâtre de la Contrescarpe

[Marina Bourgeois] Aujourd'hui, tu es sur la scène parisienne au théâtre de la Contrescarpe. Pour toi, est-ce une consécration ou juste la suite logique ?

[Jean-Michel Rallet] C'est une consécration parce que c'est un beau théâtre avec une belle renommée et une vraie programmation. J'ai attendu 180 représentations avant d'avoir une vraie scène parisienne, parce qu'à Paris, il ne faut pas se planter. Je voulais un lieu qui me convenait.

[Marina Bourgeois] Et aujourd'hui, le cordon avec la finance est-il coupé ?

[Jean-Michel Rallet] Oui, le cordon est coupé. J'ai encore quelques petites activités résiduelles de ma vie d'avant que je gère avec plaisir. J'aime toujours les entrepreneurs. D'ailleurs, pour être sur scène, j'ai une licence d'entrepreneur du spectacle ! Mon métier aujourd'hui, c'est aussi du marketing, de la communication, de la stratégie... ce sont les mêmes problématiques qu'en PME. Mais la finance, ça me gonfle. On ne peut pas faire de façon amateur quelque chose qu'on a fait de façon professionnelle. J'ai définitivement arrêté.

[27:30] Le sens du titre : "Changement de vie (in)volontaire"

[Marina Bourgeois] Pourquoi ce titre, Changement de vie involontaire ?

[Jean-Michel Rallet] Parce que c'est le fait générateur. Le « in » est soit entre parenthèses, soit un peu de côté. Dans tout changement, il y a une part de volontaire et d'involontaire. Je pense que j'avais ça en moi depuis mes 15 ans. On me dit que j'ai fait un virage à 360°, je réponds que c'est parce qu'ils n'ont pas fait un bac S ! (Rires). Mais au final, ils ont raison : je suis revenu au point de départ où j'étais à 15 ans. Si je n'avais pas été exclu, je ne serais vraisemblablement pas là aujourd'hui.

[Marina Bourgeois] Financièrement, comment as-tu géré cette transition ? C'est une question que beaucoup se posent.

[Jean-Michel Rallet] C'est mon luxe : j'avais mis de l'argent de côté. Je n'ai pas de gros besoins, pas de pensions alimentaires à payer. Je me suis adapté à mes ressources mais j'avais des économies. C'est un confort qui permet de transiter plus sereinement.

[30:00] La réalité du métier d'artiste : L'iceberg et l'autoproduction

[Marina Bourgeois] Comment l'entourage a réagi professionnellement ? Passer de la finance à l'humour, ça a dû faire peur à certains.

[Jean-Michel Rallet] Il y avait certainement de la peur, mais mes enfants trouvaient ça sympa d'avoir un papa qui fait ça. Ce qui est compliqué, c'est le regard des autres qui ne voient pas tout le travail derrière. Faire des vidéos pour Instagram ou répéter devant une glace, ça ne fait pas très sérieux ! Il faut expliquer que c'est un vrai métier d'entrepreneur.

[Jean-Michel Rallet] Moi, je suis autoproduit, je prends les risques financiers. Certains ont un producteur et sont salariés, mais moi je voulais garder ma liberté. Je réfléchis maintenant à avoir un diffuseur — un distributeur — mais il faut trouver le bon. À mon âge, une saison ratée, c'est presque la fin ! (Rires). Il faut gagner du temps sans perdre sa liberté.

[32:45] Le personnage : Mimi le Puissant et l'amour des mots

[Marina Bourgeois] Peux-tu nous expliquer qui est Mimi le Puissant, le personnage central du spectacle ?

[Jean-Michel Rallet] Mimi le Puissant, c'est un milliardaire arrogant, climatosceptique, parfois grossier. Il vient donner une leçon sur la réussite et comment devenir riche rapidement. Il est un peu puant, faut le reconnaître !

[Marina Bourgeois] On ne l'aime pas déjà !

[Jean-Michel Rallet] Non, on ne l'aime pas, et tout mon challenge est de le faire aimer à la fin. On ne commence pas par lui directement. Il y a une quinzaine de personnages dans le spectacle pour garder le rythme. Le lien entre tous, c'est l'amour des mots.

[Marina Bourgeois] Justement, tu cultives cet amour des jeux de mots. Est-ce un entraînement quotidien ?

[Jean-Michel Rallet] C'est une maladie ! Chaque fois qu'on me parle, je réfléchis à la façon de torturer le mot. Ma femme me dit que c'est pénible. J'ai regardé sur internet et je suis tombé sur une vraie maladie : la Witzelsucht. C'est une lésion du lobe frontal qui pousse aux jeux de mots. Je n'ai pas la maladie réellement, mais j'ai cette tournure d'esprit. Déjà en comité d'investissement, je faisais la blagounette pour détendre l'atmosphère.

[Jean-Michel Rallet] Je suis en train de cogiter un texte sur la politique actuelle. Comme nous avions un ministre de la défense nommé Lecornu, je voulais dire qu'il était « incornu au bataillon ».

[Marina Bourgeois] (Rires). Pas mal ! J'aime beaucoup.

[34:30] Conclusion : Reconversion et transmission

[Marina Bourgeois] Jean-Michel, tu es aussi conférencier. On te sollicite pourquoi aujourd'hui ?

[Jean-Michel Rallet] Je me cherche encore sur ce format. J'ai essayé des trucs où je me suis planté, mais ça fait partie de la vie. Aujourd'hui, je parle de mon parcours, des peurs liées au changement et de la courbe du deuil quand on reçoit un taquet derrière la tête. Je montre les coulisses du spectacle.

[Jean-Michel Rallet] Je réutilise plein de choses de ma vie d'avant. Mes régisseurs aiment travailler avec moi parce que je suis très structuré. Ma conduite est claire, tout est imprimé, on ne part pas en « live ». C'est mon côté exigeant hérité de la finance. Rien ne se perd, tout se transforme.

[Marina Bourgeois] Jean-Michel, un immense merci pour ce partage. Rendez-vous au théâtre de la Contrescarpe le 26 octobre, le 23 novembre et le 14 décembre.

[Jean-Michel Rallet] Merci Marina. À bientôt

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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