
Dites non à une voie toute tracée. Le marathon de la reconversion
"Je deviens ma propre priorité"
Après une première carrière en tant que cadre marketing dans le secteur bancaire dans laquelle elle s'ennuyait à mourir, Anna décide de quitter son poste et de reprendre les rênes de sa vie.
Son déclic ? Une pause dans le petit square en face de son travail. Elle se rend compte que la nature a fait son travail, que les fleurs ont éclos, mais pas elle. Elle est restée à la même place. Elle se lance alors un double challenge : trouver sa voie et courir un marathon.
Anna négocie une rupture conventionnelle et démarre un long chemin introspectif car si "partir" de son poste fut pour elle une évidence, elle n'avait en revanche aucune idée de ce qu'elle pourrait faire du reste de sa vie.
Elle met alors tout en oeuvre pour redevenir actrice de sa vie, en espérant avoir un second déclic : l'évidence quant à la voie à emprunter. Anna part à la rencontre d'elle-même en testant tout un tas de choses et en s'entraînant pour devenir marathonienne.
Ce double chemin, sportif et existentiel, ne fut pas un long fleuve tranquille : orages, période d'accalmie, soleil et tempêtes se sont succédés.
Dans son livre "Dites non à une voie toute tracée", Anna Coutton fait l'analogie (tout à fait pertinente) entre son cheminement sportif et son cheminement pour trouver sa voie. Elle y raconte les désillusions, les échecs, les doutes mais aussi les nouvelles habitudes, les bonnes suprises, l'espoir et la découverte de soi.
La reconversion est en effet un challenge qui demande du courage, de la persévérance et d'accepter de ne pas trouver toutes les réponses sur-le-champ tout en étant prêt(e) à sauter sans filet.
Bonne écoute !
Marina
[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui je l'espère vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. Donner ou redonner du sens à sa carrière, changer de voix pour changer de vie. Pouvoir gérer librement son temps, décider pour soi et ne plus subir, apprendre un nouveau métier, avoir plus de temps pour soi ou sa famille, exprimer sa créativité, se réaligner avec ses valeurs. Les late motifs pour se reconvertir sont aussi nombreux que personnels.
[Marina] Si la reconversion est une merveilleuse aventure, il est important de ne pas la fantasmer ou de s'imaginer que l'on peut tout changer du jour au lendemain sans obstacle ou sans doute. Ce n'est pas un long fleuve tranquille comme en témoignera mon invité Anna Couton. Anna a été cadre dans le marketing lorsqu'elle décide de quitter son job qui l'ennuie profondément pour amorcer une longue période d'introspection, un vrai tour d'elle-même. Son déclic à elle, une pose dans le petit square en face de son bureau. Elle se rend compte ce jour-là qu'elle n'est pas à sa place, que la nature a éclos, mais qu'elle est restée au même endroit.
[Marina] Elle lâche tout et se lance un double challenge : faire un marathon et trouver sa voix. Après plusieurs rencontres et expériences, Anna redécouvre sa passion pour l'écriture. Dans le même temps, elle court son premier marathon. Devenue auteur, elle raconte son parcours dans son premier livre, Dites non à une voix toute tracée, le marathon de la reconversion, paru aux éditions Kiwi. Persuadée qu'il faut s'inspirer des autres pour arriver à faire le grand plongeon, Anna partage avec nous son expérience et nous explique l'analogie tout à fait pertinente qu'elle fait dans son livre entre reconversion et marathon. Une belle invitation à se poser la question suivante : est-ce que l'avis c'est d'attendre le soir, les weekends et les vacances pour être heureux ? Hello Anna.
[Anna] Salut Marina, merci de m'inviter dans ton podcast.
[Marina] Et bien écoute, je suis vraiment vraiment très contente de de t'avoir avec moi aujourd'hui et on va préciser tout de suite à nos auditeurs, je crois que tu es dans un van aujourd'hui ?.
[Anna] Oui, en plus ! Oui, oui, tout à fait. Ouais, je suis en road trip actuellement et là je te parle depuis le Cantal. Voilà.
[Marina] Exactement. Donc à nos auditeurs, merci pour votre indulgence si jamais on a des petits couacs de son ou de connexion. Voilà, vous êtes prévenus.
[Anna] C'est ça. Alors, en fait, j'étais donc pendant 5 ans, en fait, j'étais cadre dans le marketing, donc j'ai bossé dans la banque, essentiellement dans la banque pendant 4 ans où là, si tu veux, il y a un ennemi qui revenait de façon récurrente à faire des tableaux Excel, surtout des PowerPoints, à se prendre la tête sur les polices et les couleurs et les caractères. Enfin, c'était juste l'enfer. Donc en fait, je me suis dit : "Bon ben je vais je vais quitter la banque euh pour bah pour me laisser une chance de trouver autre chose".
[Anna] Donc là je suis partie je suis partie dans le sport. Moi qui suis sportive, je me suis dit : "Super, ça tombe bien". Euh mais en fait mais en fait j'ai j'étais déchantée au bout de 10 mois. Donc en plus j'avais eu un CDI donc le le Graal quoi comme on dit.
[Marina] Oui.
[Anna] Euh et en fait si tu veux bah les les tableaux Excel, les PowerPoint et compagnie ben ça revenait quoi. Et et en fait comme tu l'as dit en intro, ça a été le square qu'il y avait en face de mon bureau qui a fait vraiment le déclic ou si tu veux je suis passée de de mes tableaux Excel au tableau de la nature, on va dire ça comme ça quoi.
[Anna] Et où là quand j'ai vu que les arbres enfin que les enfin voilà que le square avait fleuri, ça faisait enfin ça faisait 10 mois que je passais devant. Je m'en étais même pas rendu compte, tu vois. On était en mai. Donc là c'est vraiment tu vois la floraison. Et là en fait je me suis dit : "Non mais en fait c'est là c'est pas possible quoi. Le temps le temps passe à une allure folle. Moi je fais quelque chose qui ne plaît pas... si tu veux là, j'ai vraiment eu le la sensation que que que j'avais plus d'emprise en fait sur ma vie quoi".
[Marina] Tu t'es sentie comment ce soir-là ? Enfin le soir quand tu es rentrée en tous les cas de cette journée-là, de cette fameuse journée où tu étais sur le le banc en face de ton de ton job. Euh comment tu es rentrée chez toi ? Soulagée, perdue, anxieuse ? Parce que tu si tu savais ce que tu ne voulais plus faire, en tous les cas à ce moment-là, tu n'avais, si j'ai bien compris, aucune idée de ce que tu ferais derrière. Donc ça peut être très anxiogène.
[Anna] Ah oui oui mais totalement. J'étais j'étais j'étais hyper anxieuse. Enfin franchement faut faut le dire hein parce que comme très bien résumé, je savais absolument pas ce que je voulais faire et c'est surtout en fait qu'il y a eu un truc en fait dans mon cerveau, ça a fait tilt de me dire : "Ça fait 5 ans que tu bosses et chaque année tu as la situation de l'ennui tout ça qui se représente". Donc en fait là je me suis dit : "OK il y a peut-être un signe là ou encore il y a quelque chose que tu ne comprends pas et que la vie elle te représente toutes les années quoi".
[Anna] Donc peut-être que ça serait cool de s'y intéresser quoi parce que si tu quittes... parce qu'au départ je m'étais dit je vais quitter mon l'entreprise où j'étais pour aller ailleurs et je me suis dit : "Non mais en fait tu vas faire 6e entreprise en 6 ans, 7e entreprise en 7 ans et puis à la fin de ta vie face à ça tu sais la liste elle est sans fin quoi, tu vois".
[Anna] Euh donc oui, j'étais j'étais j'étais quand même hyper anxieuse euh et puis mais quand même décidée à me dire : "OK là maintenant là j'ai j'ai vraiment envie de reprendre ma vie en main" parce que ce que j'ai pas précisé c'est que si tu veux, je commençais quand même vraiment à être, on va pas dire déprimée, mais bon, j'attendais les soirs, les weekends. Euh j'avais commencé à avoir des pertes d'appétit, la boule au ventre pour aller bosser le lundi. Enfin, tu dis c'est pas possible quoi.
[Marina] Oui. Le corps qui commence à somatiser.
[Anna] Voilà, c'est ça. Donc là, je me suis dit : "Bon écoute, on va peut-être pas faire on va peut-être pas aller au jusqu'au burnout comme enfin nombreuses personnes sont passées par là". Donc voilà quoi donc l'idée c'était oui, j'étais j'étais quand même hyper anxieuse mais en même temps je me suis dit bon et puis et si c'était maintenant tu vois le le moment pour passer à l'action finalement quoi".
[Marina] Et alors comment ça s'est passé derrière ? Tu as demandé une rupture conventionnelle ?.
[Anna] Oui. Alors alors au départ, je cache pas que j'étais vraiment hyper hyper stressée. Je me suis dit qu'en plus j'étais en CDI, bah je m'étais dit bah retrouver retrouver un boulot mais enfin c'est compliqué. Je m'étais dit au pire je prends un CDD pour tu vois... mais il fallait que je fasse un break en fait mental. Et donc je me suis lancée et j'ai demandé à mon à mon chef une rupture conventionnelle. Donc honnêtement je pensais vraiment que c'était impossible parce que j'étais la seule salariée. Donc tu vois le truc, tu te dis impossible quoi.
[Anna] Et en fait bah c'est faux quoi. C'est c'est une croyance. Euh non, en fait c'est possible quoi. Et puis on a beaucoup enfin on a quand même pas mal parlé avec mon employeur où en fait, si tu veux, ça a été vraiment en mode gagnant-gagnant quoi. C'est-à-dire que eux, ils avaient pas intérêt à me garder parce que moi je leur avais dit clairement que j'étais quand même beaucoup moins motivée et d'autant plus que mon travail s'éloignait vraiment de la fiche de poste qui m'avait vendu.
[Marina] D'accord. Oui.
[Anna] Euh donc eux voilà, ils m'ont dit : "Voilà on on n'a pas on n'a pas intérêt non plus à te garder". Et moi je leur avais dit euh en fait vous avez aussi besoin d'un expert sur d'autres domaines. Et moi je j'ai un background marketing, j'ai pas un background d'ingénieur. Et du coup bah si tu veux c'était quand même en mode gagnant-gagnant. Donc je pense que pour tous ceux qui nous écoutent, ne désespérez pas. Ce n'est pas parce que votre entreprise, elle a refusé des ruptures conventionnelles à d'autres personnes qu'elle va vous la refuser à vous. Ni parce que vous êtes seul salarié, ni parce que voilà... faut pas partir du principe que c'est fichu. Je connais plein de personnes qui ont réussi, OK, qui ont peut-être un peu galéré mais qui ont réussi. Donc moi, je dis osez. Voilà.
[Marina] Tu as 1000 fois raison. Et c'est vrai que alors nous on l'entend tous les jours, il y a vraiment une croyance qui consiste à penser que on n'obtiendra jamais la rupture conventionnelle parce que en façade en tous les cas ça ne se fait pas dans l'entreprise dans laquelle on est. En tous les cas, il y a une politique affichée de refus systématique. Or il faut le dire, quand on gratte un petit peu, on sait qu'en pratique beaucoup d'entreprises la pratiquent malgré un refus de façade. En tous les cas il faut toujours essayer ça très clairement et puis communiquer aussi. Je crois que le dialogue est là encore très très précieux.
[Anna] Oui. Et puis c'est peut-être aussi montrer à l'employeur quels sont ses avantages aussi à ce qu'on parte, tu vois en mode vraiment gagnant-gagnant quoi. Et je pense que voilà il faut enfin en tout cas il faut il faut le tenter quoi.
[Marina] Alors ça je suis prêcheuse convaincue. Tu dis dans ton livre, Anna, qu'à ce moment-là, en tous les cas avant cette rupture conventionnelle, tu étais spectatrice de de la vie qui te filait entre les doigts. C'était le ressenti que tu avais.
[Anna] Euh oui, bah oui, totalement. Enfin, moi quand je quand je bossais par exemple, surtout quand je bossais à la banque, si tu veux, j'avais vraiment l'impression que mes journées quoi, elles étaient je les regardais passer quoi, tu vois. Je veux dire, j'avais réunion sur réunion, des trucs qui servaient un peu à rien. Je faisais des choses qui me semblaient totalement inutiles et je j'avais vraiment l'impression que oui que ouais que ma vie elle défilait devant moi, que j'avais aucune emprise dessus, euh que j'étais pas du tout maître de ma vie en fait vraiment.
[Marina] C'était un peu le hamster dans sa roue. Tu reprends le terme de Serge Marquis, le "pensouillard" le hamster. C'était ta sensation d'être dans cette roue ?.
[Anna] Euh oui, en fait si tu veux, j'avais vraiment l'impression de pas de pas avoir d'issue. C'est-à-dire que si tu veux, j'ai fait de la banque mais pendant pendant 4 ans, ça a toujours été la même chose quoi. Tu vois, j'ai voilà quoi. Je veux dire, il y avait toujours puis alors la banque, voilà quoi, je sais pas pour ceux qui connaissent ou qui connaissent pas, c'est bon, j'exagère toujours parce que je suis marseillaise, donc désolée, mais il y a beaucoup de services de validation pour tout ce que tu écris, surtout quand tu es en marketing, faut faire super attention à tout. Bon ben enfin en fait enfin tu n'en peux plus quoi, tu vois, tu étais toujours devant ton ordi.
[Marina] Alors moi j'avais envie d'aborder avec toi un thème particulier : la notion de déclic. Parce que toi tu as eu ce moment dans ce petit square où tu as eu un déclic, une sorte d'évidence qu'il fallait changer. Mais ce qui m'a intéressée particulièrement dans ton livre et que je dis souvent à nos accompagnés, c'est que si on peut avoir un déclic pour quitter son job, on n'a pas forcément le déclic pour après, pour la suite. L'idée pour l'après, elle ne vient pas d'un seul coup d'un seul. Il n'y a pas de baguette magique.
[Anna] Mais totalement et c'est une chose sur laquelle j'aime bien insister. Euh parce que oui, quand on dit ça y est, j'ai le déclic le matin je me lève, je sais ce que je veux faire de ma vie. Bah ça c'est un peu le "mythe déclic" quoi. Si tu attends d'avoir le déclic de te lever le matin en disant ça y est, je veux faire ça... alors je dis pas que ça arrive pas. Je pense qu'il y a des gens pour qui clairement ça arrive ou un jour c'est une évidence.
[Anna] Mais en tout cas si tu es dans une situation inconfortable, j'ai pas eu le déclic de me dire le matin "Ah ben un matin, je ça y est, je sais, je vais faire ça". Mais par contre le square en fait, ça a été juste le déclic de me dire : "OK, en fait là ça va plus, ta vie elle ne te convient plus". Là, ça a été le déclic de me dire : "OK, maintenant en fait je me mets en premier, je deviens ma priorité, tu vois ? Parce que jusqu'ici je me conformais à la société, je me conformais ben à une voix toute tracée en fait".
[Anna] Et après il y a le fameux déclic qui moi n'est pas forcément venu. Je l'ai beaucoup cherché chez les autres dans toutes les rencontres que j'ai pu faire et les expériences plus ou moins perchées. Mais en fait enfin voilà, je pensais qu'à la ligne d'arrivée du marathon, ben genre limite, il y aurait un panneau qui m'aurait dit "C'est bon, ta voix c'est par là", tu vois. Mais en fait pas du tout quoi. C'est-à-dire le panneau il n'est jamais venu hein.
[Marina] Tu soulèves quelque chose également de très intéressant : quand la personne entame un chemin pour trouver sa voix, il y a systématiquement un passage par ce qu'on appelle aujourd'hui le développement personnel. Est-ce que tu avais conscience à ce moment-là jusqu'où t'emmènerait ce chemin d'introspection ?.
[Anna] Alors au tout début, pas du tout. Au tout début, pas du tout. Et en fait ce qui est assez rigolo, c'est qu'à partir du fameux jour du déclic dans le square, il y a eu beaucoup de synchronicités qui se sont présentées sur mon chemin. Par exemple, quand j'allumais YouTube, je tombais sur une vidéo d'une conférence de développement personnel ou je commençais à recevoir des pubs Facebook. Enfin vraiment beaucoup de signes en gros où je me suis dit : "Bon en fait peut-être là il va falloir que je m'intéresse à moi un peu plus".
[Anna] Et en fait j'ai compris quand même assez vite que le voyage il va être un peu houleux parfois, que ça ne va pas être très facile tous les jours parce que j'avais réalisé que c'était pas que le pro quoi, c'était plus global. Et c'est une des raisons pour lesquelles je me suis inscrite à mon marathon tout simplement tu vois parce qu'au-delà du fait que j'avais envie d'en courir un, je savais que la période elle allait être compliquée. Donc il me fallait un exutoire en fait à côté hein. Il me fallait des moments où je débranche de la reconversion parce qu'on est toujours dans le mental.
[Marina] Bien sûr. Et alors on va y revenir au marathon bien entendu mais je reviens un tout petit peu en arrière sur la notion de montagne russe émotionnelle. Je te cite quand tu dis dans ton livre : "Je ne compte plus les moments de doute qui m'ont envahie. La tristesse, le désespoir. Parfois, ces moments où j'ai presque culpabilisé d'avoir tout lâché".
[Anna] Oui, totalement. Je pense que c'est aussi la réalité de la vie. On nous montre beaucoup des parcours de personnes qui ont réussi, on voit que le côté hyper positif. Mais derrière en fait, on oublie que ces gens-là sont des êtres humains qui vivent toute la palette des émotions. C'est vrai que durant toute cette phase notamment d'introspection et même après quand j'ai testé plein de trucs, ça a été difficile. Tu peux te demander si tu as vraiment fait le bon choix parce qu'aussi tu vis un peu en décalé, parce que les gens te posent 15 000 questions.
[Anna] Et puis la colère de pas avancer assez vite. Je m'étais dit : "Ah ben 6 mois c'est plié quoi". Mais peut-être que juste la clé moi je l'ai comprise après plusieurs mois, c'est juste d'accepter en fait ce qui se passe quoi. Un de mes mantras c'est "Cela passera aussi". Et en fait ça passera. Quand tu arrêtes de taper sur ton émotion et ben tu lâches. "OK bah tu es triste, tu sais quoi, pleure et puis va te prendre un carré de chocolat, fais-toi un thé... autorise-toi en fait à vivre cette émotion-là".
[Marina] Tu as testé plein de choses Anna. Tu dis dans ton livre que tu as fait des ateliers, des séminaires, tu es même partie à Bali espérant ce fameux déclic. Tu dirais quoi ? Que l'addition de toutes ces expériences a été au final payante ?.
[Anna] Oui, moi je suis persuadée que tout ce que tu fais dans la vie est là pour t'apporter quelque chose. Je suis pas forcément d'accord quand on parle d'échec. Pour moi, c'est juste un apprentissage quoi. Une de mes phrases préférées c'est "Le chemin se construit en marchant". Qui je suis aujourd'hui provient de la somme de toutes les expériences en fait que j'ai faites. J'avais dégagé des axes : l'écriture, la parole et l'écologie. Et j'ai essayé de monter une petite communauté sur l'écologie et ben en fait, tu sais quoi ? Je me suis aperçue que ça me plaisait pas. Mais c'est pas grave ! Mais j'ai essayé.
[Marina] J'arrive sur le marathon. Tu as fait Marseille-Cassis, tu as fait le marathon de Paris en 2019. Est-ce que tu as vu des similitudes psychologiques entre ton cheminement pour trouver ta voix et ce training pour être marathonienne ?.
[Anna] Alors oui, il y en a plein. Déjà apprendre à se connaître. Autant pour la reconversion tu vas te poser des questions sur toi, autant sur le marathon j'ai aussi appris à connaître mon corps, mes limites, mes degrés de fatigue. On s'aperçoit que bon bah finalement les limites c'est que toi qui te les mets. Ensuite il y a l'aspect le regard des autres. Ça a été ma plus grosse difficulté. Durant la reconversion tu sors de la voix tracée, tu es bombardée de questions qui sont surtout leurs peurs à eux. Pour le marathon, les gens te regardent : "Mais tu es sûre ? Pourquoi tu fais ça ? Tu vas abîmer ton corps". Et puis l'entourage. C'est une clé de la reconversion de savoir s'entourer de personnes ressources. Le fait d'avoir fait des soirées réseaux, des weekends entre entrepreneuses, tu te crées un nouvel entourage. C'est comme mes copines du club de sport : quand tu en peux plus après 10 tours de stade, on se supporte tous pour y arriver.
[Marina] Pour finir Anna, l'avenir, tu le vois comment ? Tu es devenue auteur. Je crois savoir que l'écriture est quelque chose de vraiment très important dans ta vie. Comment tu vois justement l'avenir ?.
[Anna] Mon rêve c'était d'écrire un livre et courir un marathon, donc voilà c'est coché. J'ai réalisé vraiment que l'écriture c'était vraiment mon truc. Quand j'ai écrit mon livre je me suis sentie nourrie, à ma place. J'aimerais peut-être à moyen terme d'essayer d'arriver à en vivre. Je travaille sur un projet de BD pour les enfants sur l'écologie et un projet de roman. Et après clairement alors là comme je te disais, je suis en road trip donc ça c'est aussi un de mes rêves. Osez croire en vos rêves et si vous avez un rêve, bah foncez quoi. C'est comme on m'avait dit pour le livre "Tu ne trouveras pas d'éditeur" ? Ben j'en ai trouvé un et c'est un vrai compte d'éditeur.
[Marina] Belle conclusion. Merci beaucoup Anna et je vais conclure par une citation de Gandhi que tu as posée dans ton livre : "Le plus grand voyageur n'est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même". À méditer.
[Anna] Merci beaucoup pour ton invitation.
[Marina] L'épisode est terminé. J'espère que cette interview vous a plu. N'hésitez pas à la partager. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.