Il n'y a pas la vie pro d'un côté et la vie perso de l'autre. Il y a la vie, point. Sandra Fillaudeau

Podcast
Saison 1
Ep 15
42 min
Marina Bourgeois
Publié le
September 6, 2021
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À quoi s'attendre ?

Il n'y pas la vie pro d'un côté, la vie perso de l'autre. Il y a la vie, point.

La rentrée est souvent synonyme de période dense avec mille et une choses à faire. Le rythme effréné reprend et l'on se retrouve à jongler à nouveau entre nos envies et nos obligations, personnelles comme professionnelles. Comment tout conjuguer, sans renoncer ? Mon invitée, Sandra Fillaudeau, est spécialiste de la question.

Son parcours de vie l'a en effet conduite à s'interroger sur la notion d'équilibre qui pour elle n'est pas un état mais une recherche permanente.

Sandra a commencé sa vie professionnelle "classiquement", avec le triptyque parfait sur le papier "prépa, école de commerce, grandes entreprises". Elle travaillait alors dans le marketing. Quand elle devient maman, les choses se bousculent. C'est l'heure de la prise de recul et du questionnement : comment mener une vie riche sans renoncer à
rien qui soit important pour soi ?  Sandra commence alors à s'interroger sur le sens de l'ambition, de la réussite et de la vie. Elle décide de se reconvertir et se lance dans une nouvelle aventure : la création d'un super podcast Les Equilibristes, avec un fil rouge qui nous interpelle tous : la cohabitation de l'ambition professionnelle avec l'ambition personnelle. Dans la foulée, Sandra crée sa structure Conscious Cultures pour accompagner les entreprises dans cette problématique.

Tel un funambule, Sandra jongle avec tout ce qui compte pour elle : ses deux enfants, son mari, sa vie de femme ainsi que ses aventures professionnelles. Bordelaise, slasheuse épanouie, elle cumule plusieurs activités professionnelles par choix et pour le plaisir.

Adepte du réajustement permanent, Sandra nous parle de nos ambitions plurielles et de la subtilité de l'équilibre de vie.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : Sandra, des équilibristes à la vie tout court

[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui je l'espère vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute.

[Marina] Le chemin de mon invité, Sandra, a commencé classiquement avec le triptyque parfait sur le papier : prépa, école de commerce, grandes entreprises. Sandra travaillait alors dans le marketing. Mais quand elle devient maman, les choses se bousculent. C'est l'heure de la prise de recul et du questionnement. Sandra commence alors à s'interroger sur le sens de l'ambition, de la réussite et de la vie.

[Marina] Elle décide de se reconvertir et se lance dans une nouvelle aventure, la création du super podcast Les équilibristes avec un fil rouge qui nous interpelle tous et toutes : comment mener une vie riche sans renoncer à rien qui soit important pour soi ? Dans la foulée, Sandra crée sa structure Conscious Cultures, pour accompagner les entreprises dans cette problématique. Tel un funambule, Sandra jongle avec tout ce qui compte pour elle. Bordelaise, slasheuse épanouie, elle cumule plusieurs activités professionnelles par choix et pour le plaisir. Il n'y a pas la vie pro d'un côté et la vie perso de l'autre. Il y a la vie, point. Hello Sandra.

[Sandra] Salut Marina, bonjour. Merci d'être avec moi aujourd'hui. C'est moi qui te remercie de ton invitation, c'est un plaisir.

[Marina] Ben écoute, complètement partagé. D'autant que je suis fan de ton podcast Les équilibristes qui traite d'un sujet que je vais te laisser expliquer juste après. Mais en tous les cas un sujet qui nous concerne toutes et tous, qui est assez universel et qui n'est pas forcément facile à analyser et à décortiquer. Alors, peut-être qu'on va commencer par Les équilibristes. Qu'est-ce que c'est ?

05:00 L'étincelle : La maternité et le sentiment de tiraillement

[Sandra] Alors, Les équilibristes, c'est un podcast que j'ai lancé il y a 2 ans et demi pour traiter du sujet de la conjugaison des ambitions pro et perso. C'est cette idée de comment on mène une vie qui laisse de la place à tout ce qui est important pour soi. Et comme tu le disais, c'est vraiment un podcast qui est né de ma propre problématique qui s'est posée à la naissance de mon fils il y a 7 ans.

[Sandra] J'ai été promue à mon retour de congé mat. Une belle promotion avec un poste à très grosse responsabilité, assez exposé aussi, dans lequel je me suis éclatée jusqu'à ce que ça devienne très dur parce que j'étais beaucoup en déplacement et beaucoup sollicitée pour des dîners. Je n'étais donc pas beaucoup là physiquement. Et puis aussi, il y avait ce sentiment en permanence d'être tiraillée.

[Marina] Ouais, ce tiraillement.

[Sandra] Ce tiraillement et ce sentiment d'être obligée de choisir. D'ailleurs, une RH m'avait dit à l'époque : « Mais tu sais, tu peux refuser et dire que tu préfères t'occuper de ton fils ». Et je m'étais dit : « Mais c'est pas le sujet en fait. Comment je fais les deux ? Comment je réussis dans mon poste ? ». Réussir, ce mot qui demande à être bien mieux défini qu'il ne l'est. Je voulais être la maman que j'avais envie d'être, pas parfaite, mais suffisamment présente pour me sentir bien, tout en gardant du temps pour moi. À l'époque, c'était ma variable d'ajustement. Je me souviens d'avoir le ventre tordu à l'idée d'aller à la danse parce que je n'avais pas vu mon fils et que je n'allais pas être la « vilaine » qui part s'occuper d'elle.

[Marina] Ouais, bien sûr. Et cette notion d'équilibre est tellement difficile à trouver. C'est vrai qu'en tous les cas pour les femmes, mais aussi pour les papas, l'arrivée d'un enfant cristallise la notion de choix et de réussite. Je vois en accompagnement qu'il y a souvent un virage qui s'opère. Ce que j'aime dans ton approche, c'est que tu dis qu'on n'est pas forcément obligé de choisir et donc de renoncer, mais qu'on peut tendre vers un équilibre sans doute imparfait qui conjuguerait toutes les ambitions.

10:00 Redéfinir l'équilibre : L'harmonie plutôt que la symétrie

[Sandra] Ouais, c'est ça. C'est cette idée d'harmonie en fait. Ce qui me gêne dans le mot équilibre, c'est l'image de symétrie qu'il renvoie. On imagine une balance avec un point équivalent de chaque côté alors que l'équilibre de vie n'est pas ça. L'équilibre de vie, ce sont des réajustements permanents. C'est une semaine où on est en déplacement, hyper content de faire avancer des projets, et la semaine d'après où on peut faire du télétravail pour investir sa vie de famille, le sport ou les amis. Il n'y a rien de symétrique là-dedans, mais au global, ça crée quelque chose où on se dit : « C'est chouette, j'ai nourri tout ce qui compte pour moi ». C'est l'idée de nourrir les différents composants de son jardin pour être en harmonie et donc être bien.

[Marina] J'aime bien cette idée du « tout » avec une vision très holistique de la vie. Tu disais dans une interview que le pro d'un côté et le perso de l'autre, ça n'existe que dans les boîtes à bento. C'est très parlant.

[Sandra] Mais oui, parce qu'en fait, c'est un sujet beaucoup plus complexe qu'il n'en a l'air. La période de télétravail que l'on vit nécessite de se recréer des barrières et des sas. Les entreprises, jusque-là, ont pensé le travail pour un « travailleur idéal » qui n'existe plus. Le travailleur idéal théorisé, c'était cette personne corps et âme dévouée à l'entreprise, souvent un homme qui pouvait faire ça parce qu'il y avait quelqu'un qui gérait à la maison. Aujourd'hui, ça ne fonctionne plus. Je suis effarée de voir la détresse que cela crée. Il faut arrêter de se dire que tout tourne autour du travail plutôt que d'organiser sa vie avec différentes composantes. Sinon, on rend les gens malheureux.

[Marina] Bien sûr. Chez nous, l'objectif est d'intégrer le projet pro dans un projet de vie. L'entreprise doit comprendre l'impact de ce qui se passe à l'extérieur. La personne qui arrive avec un dégât des eaux chez elle n'aura pas la même énergie. Ressens-tu une réceptivité des entreprises sur ce sujet via ta structure Conscious Cultures ?

15:00 Le management de demain : De la présence à la confiance

[Sandra] On est au début du sujet. J'arrive plus facilement à rentrer sur les questions d'équilibre de vie parce que c'est devenu un incontournable après le confinement. J'ai grandi aux États-Unis et je suis très branchée sur la culture anglo-saxonne où les notions de flexibilité et d'adaptabilité sont évidentes. En France, on est très en retard sur ces pratiques. C'est culturel. Quand on est en France avec ses enfants, on a l'impression de déranger, alors qu'à l'étranger, ils sont les bienvenus. Au niveau de l'entreprise aussi, c'est souvent « cache-moi cette famille que je ne saurais voir ». Mais on est arrivés au bout de ça.

[Marina] Ça ne fonctionne plus, en effet.

[Sandra] C'est vrai pour les enfants, mais aussi pour les aidants. La « génération sandwich » est à la fois parente d'enfants jeunes et accompagnante de parents âgés. Si les entreprises ne prennent pas en compte la vie en dehors, c'est la recette du désastre.

[Marina] Il y a une asymétrie entre l'agilité demandée aux collaborateurs et la rigidité de certaines organisations sur le télétravail.

[Sandra] Je suis tout à fait d'accord. On parle de « symétrie des attentions ». Il y a encore beaucoup de peur et un gros sujet autour de la confiance et du management par les résultats. Le manager de demain est un leader qui construit les conditions de la confiance, pas quelqu'un qui contrôle et vérifie. La période actuelle a révélé tout ce qui ne marchait plus, notamment le management par la présence.

[Marina] C'est un leitmotiv de nos accompagnés : le présentiel pour le présentiel n'a plus de sens.

[Sandra] Fondamentalement, ça n'a plus de sens parce qu'on a affaire à des adultes compétents. Si on les a embauchés, c'est qu'ils savent faire. Faisons-leur confiance pour remplir leur mission. La façon dont ils se connectent importe moins que le contrat rempli. Ce ne sont pas des révolutions impossibles, mais des petits changements qui créent quelque chose de fondamentalement différent.

20:00 Marketing RH et flexibilité : L'argument d'attractivité

[Marina] La flexibilité organisationnelle est le critère numéro 1 de nos accompagnés. J'espère que les entreprises mettront plus de souplesse pour ne pas perdre leurs talents.

[Sandra] C'est un gros sujet de marketing RH. Le vrai marketing s'intéresse à la demande pour créer une offre qui y réponde. Et la demande est claire : 92 % des salariés français veulent de la flexibilité. Les entreprises qui ne prennent pas le train en marche auront beaucoup de mal à garder leurs talents. C'est devenu un prérequis de base pour les nouvelles générations. Il y a 3 ans, on me regardait avec des gros yeux quand je parlais de ça, aujourd'hui c'est un vrai sujet.

[Marina] Beaucoup de femmes portent ce combat pour gagner en souplesse et travailler différemment. En reconversion, beaucoup optent pour l'entrepreneuriat ou le freelancing pour gagner cette souplesse. La modalité de travail l'emporte parfois sur le cœur de métier.

[Sandra] Je le vois aussi, mais ça m'alerte un peu. Aller vers l'entrepreneuriat uniquement pour la flexibilité est risqué car au début, on a la pression financière de devoir rentrer de l'argent. Il faut être sacrément pris aux tripes par son projet pour supporter les montagnes russes émotionnelles. La flexibilité doit être un bonus, pas le motif principal.

[Marina] Tu as dû déconstruire des idées reçues, notamment le fait qu'on ne peut pas bien vivre à son compte. Comment t'es-tu affranchie de ces héritages culturels ?

25:00 Déconstruire les croyances : Le coaching comme désherbage mental

[Sandra] C'est un vrai processus. On ne se réveille pas un matin en ayant tout réglé. Je suis passée par des phases intermédiaires, comme être salariée à côté au début. Le coaching m'a énormément aidée pour prendre du recul sur mes pensées et leur impact. Tant que je pensais que je ne pouvais pas gagner ma vie à mon compte, je ne la gagnais pas.

[Marina] Tu projetais le scénario négatif.

[Sandra] Tout à fait. Ma coach disait que c'est comme arracher des mauvaises herbes. C'est un travail constant. Il faut observer ses pensées et se demander si elles sont vraiment utiles. L'entrepreneuriat est un exercice de développement personnel rude qui nous pousse dans nos retranchements face à nos pensées limitantes.

[Marina] C'est un travail de dentelle pour décortiquer ces peurs. Pour ta propre reconversion, c'est la naissance de ton fils qui a créé la bascule ?

[Sandra] Pas tout de suite. Il a fallu deux ans après sa naissance pour que je quitte mon poste. Si tu m'avais dit il y a 4 ans que je ferais ce que je fais aujourd'hui, je ne t'aurais pas crue. C'est un processus de petits pas. J'ai d'abord dû déloger cette idée que la vie d'adulte, c'est forcément en baver au travail.

[Marina] On n'est pas obligés de souffrir, en effet.

[Sandra] Non, on n'est pas obligés. Je me suis un peu épuisée, j'ai quitté ce boulot et j'ai lancé Les équilibristes alors que j'étais enceinte de ma fille. J'avais cette idée de lier ambition et flexibilité. À l'époque, quand je pitchais mon truc, on me riait un peu au nez en me disant que je planais.

30:00 Le cheminement intérieur vers l'alignement professionnel

[Marina] C'est un témoignage précieux parce qu'il montre que derrière le changement, il y a un processus d'introspection qui mène à l'alignement. Aujourd'hui, tu es dans la pluri-activité. Tu as le podcast, ta boîte, et tu as intégré le Lab de Welcome to the Jungle. C'est ultra riche.

[Sandra] Ah mais oui ! Même quand j'étais slasheuse avec des activités très différentes, il y avait une richesse folle. Aujourd'hui, ce que j'écris pour Welcome to the Jungle nourrit mes accompagnements et mes interviews. Chaque projet nourrit l'autre.

[Marina] Arrives-tu aujourd'hui à avoir du vrai temps pour toi dans cette vie de multi-entrepreneuse ?

[Sandra] Oui, parce que le fait d'être à son compte donne cette souplesse de décider quand on travaille sans se justifier. Mais j'ai aussi appris à m'écouter. S'écouter est souvent connoté négativement alors que c'est la base de tout. Quand c'est trop, je sais intégrer des temps off. Le temps pour soi n'est pas une récompense, c'est le carburant. Ce n'est pas forcément une journée au spa, ça peut être 20 minutes de méditation ou une balade. Il faut mettre de l'intentionalité et graver ces moments dans le marbre plutôt que de ne s'accorder que les miettes.

35:00 L'organisation : Outils et délégation pour libérer l'esprit

[Marina] L'organisation est au cœur de tout ça. Est-ce un gros sujet pour toi ?

[Sandra] J'ai toujours l'impression de ne pas être organisée, mais comme je fais pas mal de choses, je dois l'être un peu. J'ai des habitudes aidantes, comme prévoir ma semaine le dimanche soir. J'utilise toujours un agenda papier, une sorte de bullet journal où je note mes tâches. J'ai une vision globale de ce que je veux accomplir.

[Sandra] Là où j'avais du mal, c'était sur la programmation des réseaux sociaux. J'ai décidé de déléguer cette partie à quelqu'un de formidable. C'est une étape de lâcher ça. Rien que de regarder son planning édito, je me sens allégée parce que je savais avoir l'idée, mais pas l'implémenter.

[Marina] Savoir se délester libère le disque dur mental. C'est une vraie étape pour un entrepreneur de pouvoir déléguer.

[Sandra] Oui, tout à fait. Tu connais bien ça toi aussi ?

[Marina] Oui, et la première fois, on est partagé entre la peur que ce ne soit pas fait « comme on veut » et le soulagement de gagner du temps. J'ai une dernière petite question de podcasteuse : quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut lancer son podcast ?

40:00 Conseils pour se lancer dans l'aventure du podcast

[Sandra] Avoir une expertise que l'on maîtrise est la recette idéale. Le podcast est un format hyper généreux et souvent gratuit qui permet de partager des richesses de parcours de vie incroyables. Le plus gros ingrédient est de trouver sa singularité. Il ne faut pas se dire qu'il y a déjà trop de podcasts sur un sujet. Même sur le vin, il y a mille façons de traiter le sujet selon sa façon de poser des questions.

[Sandra] Il y a toujours de la place pour des choses singulières. Mon conseil est simple : allez-y, lancez-vous. Techniquement, il n'y a pas de barrière, un micro ne coûte pas cher. On peut se former avec des tutos en ligne, les logiciels de montage sont gratuits. Il faut juste être prêt à y consacrer du temps. Il faut dépasser la peur de faire un truc « pas terrible » au début ; on s'améliore en marchant. Il faut y aller avec générosité et envie de partager.

[Marina] Tu as raison, il n'y a pas grand-chose à perdre. Je recommande d'ailleurs le livre de Pénélope Bœuf, Le Podcast pour les nuls, qui donne beaucoup de clés simples. Tu illustres parfaitement qu'on peut faire bouger les lignes d'une vie que l'on croyait figée.

[Sandra] Rien n'est figé. C'est le principe même de l'équilibre. J'adore l'idée que dans 5 ans, ce sera peut-être encore différent. Je n'ai pas de plan à 5 ans parce que je suis consciente que des choses inattendues peuvent se produire, et c'est chouette de rester ouvert à ça.

[Marina] Merci beaucoup Sandra pour ce moment très sympathique. Je mettrai toutes les références de ton podcast sous l'épisode. L'épisode est terminé. J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à le partager et à nous soutenir sur les réseaux. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.