
Des Capuches à mémé à Capuche Paris
Il faut être bien dans sa tête pour être bien dans son business
Mon invitée du jour s’appelle Juliette. Elle a 39 ans et est l’heureuse maman d’un petit Léon qui a 3 ans mais pas que… elle est aussi la maman d’une très belle marque française initialement baptisée « Capuche à mémé » et devenue « Capuche Paris » en juin dernier.
Juliette Babelot est une entrepreneure qui a su percer dans l’univers concurrentiel de la mode en s’imposant avec un concept à la fois chic et décalé puisqu’elle a réhabilité la capuche de pluie, amovible et imperméable pour la mettre au goût du jour.
Autrefois directrice artistique et graphiste, Juliette a décidé de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en partant d’une idée aussi touchante qu’originale. Elle nous en fait la genèse et nous en dévoile les coulisses.
Elle nous parle sans filtre de ses débuts, du passage de la création à la dimension business des capuches, de l'importance de la communication, de la délégation, des process et de l'accompagnement lorsque l'on est entrepreneure, de croyances limitantes, de créativité, de passion, de montagnes russes émotionnelles, de fragilité, de la fatigue des débuts et de la cohabitation de son rôle de maman et d'entrepreneure.
Bonne écoute
Marina
[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa Carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oserver sa Carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute.
[Marina] Mon invité du jour s'appelle Juliette. Elle a 39 ans et est l'heureuse maman d'un petit Léon qui a 3 ans mais pas que. Elle est aussi la maman d'une très belle marque française, initialement baptisée Capuche à Mémé et devenue Capuche Paris en juin dernier. Juliette Babelot est une entrepreneure qui a su percer dans l'univers concurrentiel de la mode en s'imposant avec un concept à la fois chic et décalé puisqu'elle a réhabilité la capuche de pluie amovible et imperméable pour la mettre au goût du jour. Autrefois directrice artistique et graphiste, Juliette a décidé de se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. En partant d'une idée tout aussi touchante qu'originale, elle nous en fait la genèse et nous en dévoile les coulisses. Hello Juliette.
[Juliette] Salut Marina.
[Marina] Je suis très contente de te recevoir au micro d'oser rêver sa carrière. On va peut-être commencer par faire notre coming out amical tout de suite hein. Qu'est-ce que tu en dit ?
[Juliette] Bah oui, de toute façon ça va se voir.
[Marina] Alors avec Juliette, on se connaît depuis très longtemps depuis le lycée. On s'est suivi, on a beaucoup d'amis commun et puis on se retrouve parfois à l'occasion de quelques restos ou soirées. Et pour tout vous dire dire petite anecdote, c'est même Juliette qui avait gentiment accepté de faire mes faire part de mariage il y a un moment. Alors Juliette, capuche Paris, ça dépotte ?
[Juliette] Ah ben ça dépotte en tout cas, on met énormément d'énergie à se faire connaître et c'est vrai qu'on commence à réellement récolter les fruits de ce long labeur.
[Marina] Et oui, écoute, je les vois partout en ce moment les capuches sur le net, dans la presse, dans la rue, dans des petites boutiques notamment de créateurs et cetera. Quelle belle aventure. Alors, c'est en 2017 que tu te lances et à ce moment-là, tu crées la marque Capuche à Mémé. Alors, le nom évidemment interpelle. Euh moi, je la connais bien l'histoire, mais est-ce que tu peux la raconter à nos auditeurs et auditrices, Juliette ?
[Juliette] Bah, tout à fait. Donc bah en fait, en en 2017, je travaillais depuis depuis 5 6 ans pour un grand groupe de presse qui qui s'appelle à nous Paris qui était du groupe l'Express. Et en fait, il y a eu un un PSE, donc une composition de départ avec une aide à la création d'entreprise. Et c'est alors que mon accompagnante me dit "Est-ce que vous avez une idée de société vous aimeriez créer et cetera. Et comme je suis graphiste, on a pensé d'abord à une agence de com et puis après je me suis dit non mais en fait j'ai envie de faire un truc beaucoup plus original. Et j'avais dans un coin de ma tête cette image de ma grand-mère portant les jours depuis sa petite capuche en plastique et en fait elle avait il y avait quelque chose qui était assez marquant c'est que elle trouvait ça pas hyper chic la capuche en plastique. Du coup elle mettait toujours un joli foulard et par-dessus sa capuche et à chaque fois ça rendait quelque chose d'hyper classe. Tout le monde regardait dans la rue genre c'est quoi ce truc ? Et moi, j'ai eu envie de créer la capuche de pluie de poche parce que un c'est ultra pratique. J'ai le souvenir vraiment qu'on qu'on se laissait pas aller dès qu'il pleuvait, on mettait la capuche et puis on continuait notre journée et en même temps quelque chose d'ultra chic. Donc j'ai envie de faire d'un seul de son idée de de superposition, j'ai eu envie d'en faire un seul morceau et c'est comme ça que j'ai créé la capuche de pluie avec des motifs. Voilà.
[Marina] C'est une histoire qui est qui est très touchante. Et alors pour deuxième anecdote, moi ma grand-mère aussi elle avait elle avait ce type de capuche transparente mais tu vois elle appelait pas ça une capuche, il y avait pas de nom mais elle disait "Je mets mon fichu, tu vois, c'est vachement moins chic quand même que les capuches à mémé ou capuche Paris."
[Juliette] Et en même temps, il y a le fichu, la Catherine, enfin, il y a plein en fait c'est marrant parce que c'est un c'est un objet qui a plein de petits surnoms. Donc, c'est vraiment lié au à l'affecte et au côté familier et au nom que les grands-mères leur donnaient qui va nous ramener nous à notre petite Madeleine et finalement nous rappeler notre grand-mère et tout ce qu'on aimait d'elle quoi.
[Marina] Complètement. Alors, avant d'entreprendre Juliette, tu étais directrice artistique beaucoup dans la presse comme tu l'as dit et graphis donc tu se lâchais entre deux activités. Comment ça s'est passé ce moment où tu as entrepris déjà ? Est-ce que tu as eu peur d'entreprendre ?
[Juliette] J'ai je n'avais pas du tout réalisé ce qu'entreprendre représentait. En fait, j'avais pas du tout réalisé le l'approche business. Donc comme tu l'as dit et puis bah voilà, tu me connais, tu sais que je suis plutôt une créative et je suis pas forcément la reine des chiffres. Mais voilà, au moment où j'ai cette idée, je me dis bon bah en un premier temps déjà essayons de faire une capuche de pluie jolie. Donc j'étais vraiment focus sur le côté euh vraiment produit et j'avais pas vraiment cette idée que c'était une entreprise, qu'après il allait falloir en faire la communication, le vendre, se déployer à l'international. Donc en fait, j'ai pas eu peur d'entreprendre parce que pour moi, je rendais physique une idée. Je réalisais mon idée mais je partais pas dans la grande aventure dans laquelle je suis aujourd'hui.
[Marina] Et c'est ce qu'on se disait avant l'enregistrement, Juliette, que peut-être que finalement si on savait à l'avant toute la dimension avec les joies mais aussi les contraintes de l'entrepreneuriat, peut-être qu'on n'irait pas finalement.
[Juliette] Alors moi je dirais plutôt que je pense que je n'y serai pas allé si j'avais réalisé l'ampleur l'ampleur du du la montagne en fait que ça représentait mais j'ai bon après j'ai appris énormément enfin on va y revenir moi c'est simplement que je pense que ce serait bien qu'on soit un peu plus informé quand on veut se se lancer dans l'entrepreneuriat de toutes les parties enfin qu'il va falloir travailler tout ce qu'il va falloir faire et c'est vrai qu'il y a de plus en plus d'accompagnements il faut vraiment pas hésit se faire accompagner avant de lancer l'entreprise vraiment au moment de la création pour être sûr qu'on aura les épaules pour assumer bah tous ces toutes ces parties qui sont qui sont très chronophages qui sont voilà et puis on n'est pas spécialiste de tout donc se former en amont sur les parties qu'on connaît moins parce que moi je me suis pas du tout formée et du coup j'ai vraiment passé mon temps à courir après des compétences que j'avais pas et à remplir boucher des trous et et avancer comme ça et je sais que si j'avais été formée avant de lancer l'entreprise j'aurais été plus armée et peut-être plus efficace plus vite pour gagner du temps.
[Marina] Tu penses que tu aurais gagné du temps ?
[Juliette] Je pense que j'aurais gagné du temps. Après, c'est mon histoire, c'est mon destin, c'est la façon dont ça s'est passé. Peut-être pour garder la pureté créative. Il fallait pas que je soit étouffée par toutes ces informations chiffrées. Mais voilà, c'est entreprendre, c'est vraiment c'est pas rien. Il faut avoir conscience qu'on va pas juste faire un truc et que ça va être rigolo. Il va y avoir coup beaucoup de choses, beaucoup de travail.
[Marina] Ouai oui. Je te rejoins complètement sur ce point. L'entrepreneur est multicasquette et un vrai slasher pour le coup. Euh alors quand tu décides de créer euh les capuches à mémé, Juliette, déjà comment réagit ton entourage ? Comment ça s'est passé ? Est-ce qu'ils se sont dit ? Tu as perdu la boule, Juliette, retourne dans un job euh salarié que tu faisais en plus auparavant. Comment ça se passe à ce niveau-là avec l'entourage ?
[Juliette] Alors, ils ont plutôt supportifs, euh surtout que ma famille était assez touchée par l'hommage à ma grand-mère que que je faisais. Donc, il y avait un côté affectif qui a beaucoup plu. Après, sur le côté concret, comme je disais, ça s'est passé à un moment où j'étais en en licenciement économique. Et du coup, c'était une période aussi et c'est vrai que pour ça en France, on a beaucoup de chance, c'est que c'est des moments où on essaie de le transformer en opportunité plutôt qu'en échec dans l'état d'esprit en tout cas de la façon dont dont les choses sont présentées par les outlement et cetera. Et on est pas mal coaché sur le côté bah voilà, c'est l'occasion de changer, c'est l'occasion de se poser des questions. On était sur un rail, le rail a déraillé, on part sur autre chose. Il y a des changements environnants qui font qu'on suit bien licenciement, mais c'est une bonne nouvelle et c'est peut-être l'occasion de faire des choses et tout. Donc voilà, c'est pour moi ça a vraiment été ce déclic là et c'était pas j'ai pas eu envie de quitter ma ma carrière de directrice artistique.
[Juliette] Donc donc c'est pas vraiment ça. Puis en fait j'avais vraiment envie aussi d'avoir un projet à moi qui s'appelle aujourd'hui Capuche Paris donc qui était Capuche à Mémé à l'époque pour lequel j'allais pouvoir faire de la créa rigolote et de la communication rigolote intéressante pertinente parce que finalement quand on est DA on travaille pour plein de clients. On propose plein de pistes créative, mais c'est pas forcément nos choix qui sont pris à la fin. Et je me disais mais j'en ai marre de ces clients qui choisissent toujours les pistes créatifs que j'aime le moins. Si j'étais mon propre client, je pourrais peut-être faire des cré parce que personne me briderait et cetera. Donc ces capuches, ça a été aussi pour moi une façon de dire je vais faire une démonstration créative de ce que je peux faire en communication sans être bridé en étant mon propre patron, mon propre client, mon propre tout en fait.
[Marina] Bien sûr. Bien sûr. Et alors, comment ça se passe ? Donc tu as l'idée euh raconte-nous un petit peu c'est comment tu montes le projet, comment tu crées les premières capuches, comment ça s'est passé tout ça.
[Juliette] Alors les toutes premières capuches, c'est très simple. Je me dis alors où est-ce qu'on trouve plein de surface imperméables dans une matière qui ressemble à une matière Kaw. Ben, je vais chez Decathlon. La base. Tous les chemins mèent à Décathlon. Exactement. Et c'est vrai qu'à la base, je me suis vraiment été dans un rapport très factuel. J'avais cette idée de faire des petites pochettes à avec un système clic clac qui rappelait les vieux étuelles lunettes des grands-mères parce que j'avais envie d'un produit qui soit cohérent du début à la fin dans la façon de le toucher, la façon enfin qu'on manipule qui a un côté à l'ancienne aussi. Donc j'ai commencé à penser à ces petits cochons, bah comment on les réalise, à en acheter des existants, à défaire le truc pour voir comment c'était fait. Ah bah c'est de lamelles qui sont voilà et cetera pour commencer un peu à comprendre ce que je voulais faire.
[Juliette] Je vais chez descons, j'achète des grands pchoud de pêche, j'achète du biais dans une mercerie et puis je vais voir un confectionneur, enfin un face honur qui fait plein de choses qui n'ont rien à voir avec ces toutes petites productions qui me dit mais qu'est-ce que tu veux avec ton petit truc ? Je veux juste voir à quoi ça ressemble. Est-ce que tu pourrais me faire une capuche et cetera ? Donc j'avais travaillé avec une modéliste sur le le modèle et la forme de la capuche. On avait vu vraiment à quoi on voulait qu'elle ressemble. Et donc je suis arrivée avec un petit proto qu'on avait fait vraiment à la main limite à graffé quoi avec ma toile de chez Decathlon Biais acheté à la mercerie et c'était complètement vraiment artisanal à la base. Et en fait il m'a fait les premiers photo qui était très très chouette. Ça j'ai commencé à prendre des photos, à envoyer à mes à mon réseau de la presse en disant "Qu'est-ce que tu en penses ? C'est sympa le nom, le nom est décalé, le produit est joli et rigolo et cetera." J'ai un peu testé comme ça.
[Juliette] Et très rapidement j'ai une amie qui m'a dit "Écoute, je connais quelqu'un au Portugal qui source donc des des façonniers, des marchands de tissu, enfin tout ce qu'il te faut pour produire en fait tes capuches. Donc prends rendez-vous et vas-y." Et voilà, je suis partie au Portugal. J'ai passé une semaine à faire le tour des différentes usines et à commencer à sourcer mes matières à commencer à dessiner en fait mes collections aussi en avec les tissus existants. Donc ça a été vraiment artisanal. Je suis partie d'une idée. C'était à la main quoi. C'était à la main. C'était J'ai pas du tout eu cette histoire de dimension de production dans laquelle je suis aujourd'hui avec bah voilà le l'optimisation de tissu. Enfin tout ça ça me passait complètement au-dessus.
[Marina] Tu étais vraiment sur le produit, tu étais focus sur le le plaisir et le produit.
[Juliette] J'étais j'étais focus sur ce truc il faut qu'il existe en petitte quantité puis après bah on trouvera un moyen de le faire quoi. C'était toujours ça. C'était je vais faire petit et on verra quand ce sera grand. Pas tout de suite projeté dans le grand. Voilà.
[Marina] Et alors c'est rigolo parce que on le disait, tu as été directrice artistique et notamment dans la presse et on va en parler juste après. Tes contacts de ta première vie pro tont beaucoup aidé pour la seconde comme quoi en matière de reconversion enfin reconversion de transition entrepreneuriale, rien ne se perd, tout se transforme puisque ils t'ont aidé et je crois d'ailleurs que tu as rapidement envoyé un premier dossier de presse et tu as eu des premiers articles dans la presse féminine avec notamment le premier je crois dans Madame Figaro. Comment ça s'est passé à partir de là ?
[Juliette] Bah en fait c'est vrai que Une fois qu'on a monté un dossier de presse, bon ça cétait mon métier. Donc valoriser une idée, faire un joli dossier qui donne envie, raconter l'histoire en terme de storyting, avoir quelque chose de frais. C'est vraiment mon mon corps de métier. Donc quand j'ai pu préparer mon dossier de presse et que j'ai commencé à le présenter à effectivement à mon réseau, c'est pour ça que je parlais de destin, c'est que chacun avec ce qu'il a vécu va avancer selon les chances qu'il a, les contacts qu'il a, les compétences qu'il a acquises et cetera. Et en fait, on a chacun enfin je pense vraiment que je suis un exemple de chemin inattendu, improbable. Voilà, c'est plein de surprises mais c'est aussi ce qui est chouette, c'est qu'on avance petit à petit sans savoir exactement où on va mais on se rend compte que sur le chemin, chaque étape peut être bénéfique à la suite.
[Juliette] Et là, en l'occurrence effectivement dans la presse par rapport à mon expérience passée, j'avais pas mal d'amis en dans dans les rédactions. J'avais aidé beaucoup de gens à l'époque où j'étais chez Anou Paris parce quAnou Paris, c'est un dénicheur de bonne quand même. Donc voilà, il y a quand même tout un réseau qui était qui est vraiment lié à la bonne idée et en fait du coup, il y a plein de gens que j'ai pu aider pour avoir des parutions, pour en parler à la rédaction et cetera. Et j'ai vraiment eu euh un super retour, un super soutien et des rédactions et des marques qui s'étaient lancées et donc des partenariats et donc voilà, plein de choses qui ont m'ont permis d'avoir de la visibilité parce qu'en fait c'est génial d'avoir une bonne idée, c'est génial d'avoir un produit qui commence à ressembler à un truc qu'on pourra commercialiser.
[Marina] Il faut le faire savoir.
[Juliette] Il faut le faire savoir et plus il y a de gens qui connaîtront le produit, alors peut-être que une personne sur deux va se dire "C'est nul, mais en attendant bah il y en aura toujours une qui sera convaincue." Faut aller voir les gens. Donc la visibilité et la notoriété, c'est absolument essentiel surtout quand on a un objet mode comme un accessoire de mode comme le mien. Et oui. Et au début, tu vendais en e-hopping, tu étais sur le boutique sur le net. Exactement. En fait, quand j'ai lancé le bah déjà, comme je ne connaissais rien au business, je ne voyais pas l'intérêt d'aller vendre à une boutique. En gros, entre les COF des boutiques, c'est entre 2 et 3. Donc, on va diviser par de par de 5 ou par 3 son prix de vente publique pour aller le vendre à une boutique.
[Juliette] Et alors quand j'ai vu ça, j'ai fait "Ah bon ? Mais les boutiques elles achètent au maximum le prix divisé par de mais attends et du coup là je commence à me dire mais mes coûts de revient donc combien ça me coûte à fabriquer ? Donc maintenant je sais he que bon d'abord on fabrique on calcule combien ça coûte et puis on multiplie par 4 pour pouvoir faire un x 2 quand on va au bitc donc au clients en direct et puis un un qu'on puisse se faire un divisé par de un cof2 de 5 ou 3 quand on voit une boutique et continuer à faire un petit peu de marge. Donc ça j'avais pas très bien saisi.
[Juliette] Et j'avais pas très bien saisi l'intérêt d'avoir des boutiques. Donc je me disais bah attends ils achètent la moitié du prix je vais faire le buzz sur internet, des vidéos de dingue. Vu que c'est mon métier, je vais savoir, donc je vais tout faire sur mon es-hop et cetera. Bon, en réalité, c'est pas du tout comme ça que ça se passe. Les gens ont besoin de toucher le produit, donc ils ont besoin d'avoir des des points physiques où aller à la rencontre du produit. On a besoin d'être vu un peu partout en fait. La façon de de quand quand on crée un produit comme le mien qui en plus est inattendu, ne serait-ce que par sa fonctionnalité, euh si on veut aller toucher le plus de gens possible, il faut que dans leur esprit, ils aient l'impression qu'on est installé partout.
[Juliette] Donc plus nous voit dans telle telle telle boutique. Ah tiens, même quand je vais à la montagne, il y a me gè il y a une boutique qui distribue. Ah elle est partout. Donc il faut qu'il y ait cette sensation d'indispensable incontournable parce qu'en plus c'est un accessoire qui est indispensable et incontournable. Les gens de on on me bénit de l'avoir dans son sac mais voilà c'est il faut qu'il y ait cette sensation là. Et du coup les boutiques, elles vont servir à la notoriété, à la visibilité et aussi à rassurer rassurer les clients quant au fait qu'on a pas honte de montrer notre produit. On est là pour le montrer pour que les gens puissent le toucher, l'essayer. Et quand il décident de l'acheter à ce moment-là, on a encore plus content. Donc voilà, effectivement, j'étais partie sur un business model et en réalité aujourd'hui, je fais 50 enfin je fais même 60 % de mon chiffre en retail quand au tout début je faisais 80 % que sur internet.
[Juliette] Donc en fait, je suis arrivée à un moment donné, c'est 50 et la tendance est en train de s'verser. faire plus de quantité en en B2B. Exactement. Donc en fait l'idée du l'idée du B2B, ça va être d'aller vendre donc soit des boutiques, soit des entreprises. C'est vrai que DHL, c'est une rencontre qui a eu lieu lors d'un de mes accompagnement. L'année dernière, j'ai eu la chance d'être accompagnée pendant une année par la Fédération française du prête à porter féminin avec le programme talent.
[Juliette] Ils sont en partenariat avec DHL et DHL s'adresse donc euh à la Fédération en disant "Est-ce que vous avez un jeune talent ? Vous avez envie de faire travailler sur une collaboration ?" Et en fait, en discutant, on se rend compte qu'ils ont vraim vraiment envie de créer la surprise en ayant un objet complètement inattendu. Et puis on se dit "Bah, en fait, en terme de valeur, DHL c'est un c'est un partenaire du quotidien qui est presque un peu invisible hein, qui paraît pas essentiel. C'est une chaîne en fait de tous nos business mais ça paraît pas vraiment crucial et en fait ça l'est." Et la capuche, bah quand il pleut et qu'on peut même continuer à se déplacer, bah c'est pas mal quoi. On se dit en terme de valeur, on est dans le quotidien des gens, on a un côté un peu invisible, créons une capuche où voilà mon travail ça a été vraiment je suis revenue sur mon travail de DA, un détournement du logo, j'en ai fait en fait un super joli motif. On voit presque pas le logo DHL finalement.
[Juliette] C'était un gros challenge et c'était génial du coup parce que j'ai utilisé mes compétences de graphiste et de DA pour vraiment faire des propositions. Et après du coup ce qui est génial c'est de mêler ces deux univers de la mode du transport. On est vraiment dans deux échelles d'entreprises complètement différentes. Ils sont énormes. Moi je suis toute petite et à se retrouver finalement à se à se servir mutuellement le propos. Eux ils m'ont donné une espèce de de d'assise c'est-à-dire que quand DHL vous fait te fait confiance l'air de rien, bah ça donne une certaine crédibilité pour aller voir d'autres personnes.
[Juliette] Je commence à être implanté un peu partout. Donc en Europe, ça y est, l'Europe, on est bon. Ça la case est cochée, ça c'est fait. On a au moins un distributeur par pays européen. Donc ça c'est génial. Donc là, on va attaquer l'Asie et les États-Unis notamment. Et ça c'est vraiment une grosse partie. L'autre partie, ça va être vraiment de continuer à développer la capuche surmesure et en fait rentrer dans un une idée de de goodies de luxe puisque'en fait toute entreprise peut faire appel à moi pour revisiter son image de marque en partant de leur logo ou en partant de et voilà mon idée maintenant c'est de de revenir un peu à mes compétences initiales, me sentir forte aussi parce que c'est ça c'est un appui solide. Ça fait 15 ans que voilà j'ai étudié les arqués, j'ai fait ça depuis toujours.
[Marina] Tu parlais de tes proches. On le disait tout à l'heure, tu as un petit garçon Léon qui a 3 ans qui est en bas âge et comment tu fais surtout pour ne pas t'épuiser ?
[Juliette] Bah déjà je pense que enfin on s'épuise quoi qu'il arrive quand je parlais de se faire accompagner et de formation donc la la Fédération française du prête à porté féminin et le programme talent ça a été vraiment tout plein de tiroirs mais un des tiroirs très importants de de ces formations a été l'organisation en fait plus alors j'y arrive pas encore je vais pas vous faire rêver dans la vraie vie je suis encore complètement tous les matins avec 12000 trucs dans ma tête et par quoi je commence. Euh parfois j'arrive, parfois non. Ça dépend aussi voilà de de l'état de fatigue. Mais pour pas s'épuiser, je pense en tout cas que le meilleur conseil à donner, c'est de vraiment bien s'organiser. On parlait de on parlait souvent de de tous ces logiciels type très low.
[Juliette] C'est vrai que c'est des choses on sait pas forcément que ça existe quand on commence et c'est vraiment classer les tâches par sujet. Dans la production, il y a déjà une énorme il y a voilà mais du coup il faut déjà se dire qu'est-ce qu'est-ce qu'il y a comme grosse partie, qu'est-ce qu'il y a comme sous-partie et essayer de prendre un agenda. On a toujours la sensation que c'est une perte de temps que de s'organiser parce que on n'est pas en train de faire, on est en train de dire comment on va faire et ça c'est épuisant. Mais la réalité c'est que les périodes où j'arrive à le faire de façon très suivie notamment quand j'étais coachée où j'avais quelqu'un qui me disait mon coach référent qui me disait toutes les semaines OK ta liste elle est où ? Tu as fait ta liste OK c'est bon et au rapport.
[Juliette] Il faut être militaire il faut réussir à avoir cette rigueur et se l'imposer à soi parce que sinon on se noie complètement donc ça c'est le premier truc et deuxième truc pour pour parler tu me posais la question par rapport au fait de déléguer déjà euh ces coaching j'insiste vraiment sur le fait que pour moi faut être faut j'aurais aimé me faire coacher dès la création d'entreprise et pas au bout de 2 ans. Ces coachings là ils vont aussi vous apprendre à c'est c'est pas des des bilan de compéten mais presque, c'est que vous allez avoir plusieurs experts face à vous. Vous allez très vite voir la différence entre un expert digital et toi qui oui c'est poster une faire du Facebook Ads 2 secondes et faire trois campagnes et l'expert en fait. Et ce qui est super important c'est de savoir qu'il y a c'est de réaliser qu'en fait il y a des experts sur des sujets, il y a des budgets éventuellement à allouer.
[Juliette] Apprendre à formuler ses besoins et ses demandes, c'est vraiment hyper important parce que le jour où on veut donner un des bébés, un des petits sujets là qui ça à quelqu'un, il faut avoir aussi des éléments à à à donner. Donc voilà, tout ça, ça prend du temps mais il faut vraiment le faire. Si tu te effectivement tu te nois dans la masse de travail.
[Marina] Tu arrives à passer malgré tout Juliette du temps un temps suffisant et on va dire de qualité avec avec avec ton petit Léon ?
[Juliette] Bah complètement en fait de toute façon, c'est même pas une question, c'est il est petit, je veux profiter à fond de lui avant qu'il soit ado et qu'il veille plus parler. Donc dans ma tête en fait quand j'organise enfin vraiment aujourd'hui, j'essaie de passer mes vendredis ou mes lundis selon comment s'est passé la semaine à organiser la semaine suivante, la semaine qui arrive, mais dans ma façon de déjà de poser mes horaires et de me dire "OK, cette tâche là, elle va prendre tant de temps, je me donne 2 heures pour faire ça parce que que sinon je peux passer 4h sur une créa, 12h sur une créa parce que j'adore ça. Non, là tu as 2h et en fait le fait de tout timer, je rentre dans le de le timing, le fait qu'à 5h, à 17h 17h 10 maximum, je vais chercher mon fils et après je ne retravaille pas avant le lendemain 8h30. C'est rentré dans mon timing et c'est et pour moi ça fait tellement partie de mon équilibre que je peux pas envisager que ce soit ce qui passe à la trappe.
[Marina] Quelle est la suite ? Comment tu vois un peu ta suite en tant que que chef d'entreprise ? Comment tu t'imagines dans 5 ans ?
[Juliette] Ben moi dans 5 ans, je me vois vraiment je me vois vraiment avoir développé cette partie. Enfin la ce qui ce qui m'anime en ce moment, c'est vraiment ça, c'est de renouer avec mon métier initial de graphiste parce que c'est ce qui me fait du bien. On disait pour que l'entreprise aille bien, faut que l' enfin l'entrepreneur aille bien. Moi je vais bien quand je fais de la création. Et c'est vrai que là, j'ai passé 4 ans à à créer ce ce tout petit empire qui est en train de prendre vraiment de l'ampleur. Aujourd'hui, j'ai vraiment envie de déléguer les sujets qui dont je suis moins experte pour revenir à ce que j'aime faire réellement. Donc dans 5 ans, je me vois agence de com spécialisé dans le goodies de luxe.
[Juliette] Dans 5 ans, je pense que c'est une agence de com qui produit ses propres goodies inattendus. Donc d'ici là, j'auraiis plein d'autres idées. En même temps, bah c'est une marque de vêtements à part entière qui a grandi. Je me vois toujours là et je me vois aussi faire du coaching pour les en gros proposer la direction artistique des marques. Ce que je sais faire tout en coachant sur justement l'épuisement, la gestion de son temps, enfin tout ce que j'ai moi j'ai tellement appris que je serais très heureuse de à mon tour transmettre.
[Marina] Quel conseil tu donnerais pour finir Juliette à à un inspir à l'entrepreneuriat. Si tu devais donner comme ça des tes conseils principaux, qu'est-ce que tu dirais ?
[Juliette] Je dirais vraiment si vous vous lancez dans cette aventure, soyez vraiment prêt en fait à ce que tout soit enfin comment dire soyez solide dans vos convictions. Il faut se préparer à entrer dans l'arène, faut vraiment se préparer à entrer dans l'arène en terme de compétences. Donc de formation, faut pas hésiter à se faire former sur les sujets. On n'est pas forcément bon. Il faut il faut vraiment travailler sur ces croyances limitantes parce que euh c'est ça peut vraiment bloquer. Je pense que la confiance en soi, la confiance en son projet, vraiment rester dans l'essence et pourquoi j'en ai eu envie. En fait, le plus dur quand on entreprend, c'est de garder la passion de ce qu'on fait parce que l'épuisement venant, on a tendance à même plus vraiment ressentir cette excitation qu'on pouvait avoir au début.
[Juliette] Moi, quand je sens que cette excitation, elle retombe Je coupe, je coupe, j'arrête tout. Je me fais un peu peur comme ça. Je vais faire autre chose. Je vais faire des expos, je vais faire du sport, je vais faire des séances d'acupuncture. Je vais prendre soin de moi et là je reconnecte avec ma passion, mon pourquoi. Je me recharge. Voilà, faut vraiment pour moi, faut avoir conscience qu'entreprendre c'est pas que fun, quoi. Et ça va être Alors, il y a un autre truc, c'est que c'est les montagne russe. C'est ça va vraiment avec. On va aller je vais avoir par exemple quand j'ai fait les l'émission qui veut être mon associé sur M6, ça fait décoller la marque parce que d'un coup il y a plein plein plein de gens qui m'ont parlé, cétait génial.
[Marina] L'épuisement des entrepreneurs, on en parlait avant, on en parle très peu. Il y a quelque chose de très tabou sur ce sujet parce que l'aventure entrepreneuriale, on se dit il faut y aller, il faut paraître aussi.
[Juliette] Ça me fait vraiment marrer parce que c'est vraiment l'inverse de la liberté, c'est avoir sa boîte quoi. C'est voilà, il y a pas de fantasme. Ma marque c'est ça, évidemment que c'est ça que j'ai envie de transmettre et mais derrière cette société Capuche Paris, il y a Capuche Paris et il y a Juliette et du coup tu as faut aussi accepter que on est des humains. En fait c'est pas pour dire c'est pas pour se plaindre, c'est juste pour que un autre entrepreneur demain a un moment de mou qui complexe pas. En fait c'est évidemment normal en fait on a tout sur nos épaules, on monte un truc, c'est un énorme challenge. On se met en danger donc il y a de l'adrénaline, il y a tout ça. Faut juste accepter que ouais on n'est pas c'est pas assez évident ça peut pas être mon fond de commerce de parler de les difficultés d'entrepreneur par moment parler du positif pour du positif mais il faut pas quand tu es entrepreneur il faut pas non plus le nier ou faire ouais faire un déni de ça vaut mieux se faire accompagner se faire aider et pour garder la pêche le plus longtemps possible.
[Marina] Merci beaucoup Juliette. L'épisode est terminé. J'espère que cette interview vous a plu et que d'une façon ou d'une autre, elle vous a enrichi. N'hésitez pas à la partager à vos proches et comme d'habitude, je vous mettrai toutes les références citées dans l'épisode sur nos réseaux sociaux Facebook, LinkedIn et Instagram. Si vous souhaitez me suggérer un nouvel invité au parcours de vie inspirant, n'hésitez pas. À très bientôt et surtout prenez soin de vous.