Emma Geoffroy. D'ingénieure à blogueuse & photographe culinaire (REDIF)

Podcast
Saison 4
Ep 116
37 min
Marina Bourgeois
Publié le
August 20, 2025
Écoutez cet épisode SUR

À quoi s'attendre ?

Vous la connaissez sans doute si vous êtes amateur de cuisine & de pâtisserie puisqu’Emma est foodblogueuse & photographe culinaire. Son compte Instagram Casserole & Chocolat cartonne avec plus de 37 000 gourmands qui la suivent. Je peux vous dire qu’en ce qui me concerne, je salive à chacun de ses posts !

Cheffe à domicile, alsacienne jusqu’au bout des ongles, maman de trois enfants, Emma s’est créé son propre métier à 43 ans après une première vie professionnelle en tant qu'ingénieure, sans imaginer le succès qu'elle rencontrerait par la suite.

Aujourd'hui, Emma est une slasheuse : cuisinière, photographe culinaire, foodblogueuse, créatrice de contenus, influenceuse, autrice de 80 recettes faciles et sans gaspi à faire en famille... elle nous raconte son cheminement, la diversité de son quotidien, ses joies et difficultés d'entrepreneuse, et l'importance des réseaux sociaux dans son métier.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : Emma Geoffroy, de l'ingénierie aux fourneaux

[Marina Bourgeois] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice d'Oser rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. Mon invitée du jour s'appelle Emma Geoffroy. Vous la connaissez sans doute si vous êtes amateur de cuisine et de pâtisserie puisqu'Emma est food blogueuse et photographe culinaire. Son compte Instagram "Casserole et chocolat" cartonne avec plus de 36 000 gourmands et gourmandes qui la suivent. Je peux vous dire en tout cas qu'en ce qui me concerne, je salive à chacun de ses posts. Chef à domicile, alsacienne jusqu'au bout des ongles, maman de trois enfants, Emma s'est créé son propre métier qui ressemble fortement à une passion. Hello Emma !

[Emma Geoffroy] Hello !

[Marina Bourgeois] Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation Emma. Je te suis depuis un petit moment sur Instagram et je me régale vraiment en voyant tes posts. Je me dis à chaque fois que ça a l'air délicieux et tes photos sont magnifiques. Dans notre métier, beaucoup de personnes, notamment des femmes, envisagent la pâtisserie ou la photo lors d'une reconversion. Ce que je trouve super dans ton parcours, c'est que tu as combiné les deux.

[Emma Geoffroy] Oui, en fait l'un est venu après l'autre. De tout temps, j'ai fait de la cuisine, pas que de la pâtisserie. Je fais du sucré et du salé. Ça a toujours été un fil conducteur depuis que je suis gamine. J'ai eu plusieurs vies professionnelles puisque je suis ingénieure de formation. J'ai travaillé dans ce métier-là pendant plus de 15 ans et j'ai monté une société. Après une relocalisation familiale du côté de Blois, c'était le moment où je me suis posé la question de savoir que faire. De façon assez évidente, j'ai su qu'il fallait que je fasse quelque chose autour de la cuisine.

03:45 Le déclic salvateur : l'histoire des macarons ratés

[Marina Bourgeois] J'ai lu sur ton site que tout a commencé avec une histoire de macarons ratés. Est-ce que je me trompe ?

[Emma Geoffroy] C'était une expérience douloureuse qui a déclenché des trucs. J'ai trois enfants et j'ai fait trois grossesses avec diabète, donc je n'avais pas le droit de manger de sucre, à part une demi-pomme par repas. Comme certaines femmes ont des envies de fraises ou de saucisson, moi j'avais envie de faire des macarons. Je n'en avais jamais fait et je savais que je ne pouvais pas les manger. Je me suis lancée dans la confection de fournées qui ont toutes loupé les unes après les autres. J'ai mis un certain temps à y revenir et quand je l'ai fait, je suis partie avec la recette de Pierre Hermé. Là, la magie a opéré.

[Marina Bourgeois] Tu as visé haut tout de suite ! Aurais-tu imaginé, lorsque tu étais ingénieure, être à la place où tu es aujourd'hui ?

[Emma Geoffroy] Non, absolument pas. Ma vie professionnelle a suivi des étapes. Au début, on a besoin de gravir des échelons et de se prouver des choses. À un moment donné, j'ai eu envie et surtout l'opportunité de prendre du temps pour mettre en place ce projet. Se lancer comme influenceur, chef à domicile et animateur d'ateliers, ça prend énormément de temps. On ne décide pas de s'y mettre pour se verser un salaire un mois plus tard. J'ai eu la chance de pouvoir installer la chose avant que ça ne commence à porter ses fruits.

07:15 La construction du projet : du blog à la photographie culinaire

[Marina Bourgeois] Comment as-tu posé les pierres de ton édifice ? Dans quel ordre cela s'est-il passé ?

[Emma Geoffroy] Je cherchais une idée sympa qui me corresponde autour de la cuisine. J'ai creusé plusieurs pistes pour me rendre compte que certaines n'étaient pas viables pour générer un salaire. Je me suis dit qu'on allait y aller tranquille en commençant par monter mon blog. Des gens me réclamaient tout le temps mes recettes. J'ai démarré le blog, un compte Instagram et Facebook. J'ai commencé à mettre noir sur blanc mes recettes et à photographier. La photo est venue en conséquence car on mange d'abord avec les yeux. Il faut donner envie. Petit à petit, quand la communauté grandit, on devient intéressant pour les entreprises et on commence à vivre de ce métier.

[Marina Bourgeois] Tu avais quel âge au moment de cette bascule ?

[Emma Geoffroy] Le blog va fêter ses 6 ans, donc j'avais 43 ans. Mon parcours précédent me permet d'avoir une approche assez business quand je discute avec des entreprises. L'expérience permet aussi d'apprendre à être flexible et à planifier. Cela fait 6 ans que je fais ça et 3 ans que j'arrive à me rémunérer. Les trois premières années étaient un investissement de longue durée.

[Marina Bourgeois] C'est important ce que tu dis. Rien ne se perd, tout se transforme. Tes compétences d'avant sont au service de ce que tu fais maintenant. Comment as-tu appris le métier ? Es-tu restée autodidacte ou t'es-tu formée, notamment pour la photo ?

11:30 Apprentissage et professionnalisation : entre passion et technique

[Emma Geoffroy] Côté cuisine et pâtisserie, je suis essentiellement autodidacte. J'ai fait quelques petites formations ponctuelles pour mon plaisir, mais pour la réalisation, c'est tout moi-même. Je passe beaucoup de temps en cuisine, je fais des essais, je regarde des tutos et je m'inspire beaucoup de ce qui se fait à l'étranger. Côté photo, c'est rigolo car quand je vois mes photos d'il y a 6 ans, j'ai juste envie de pleurer. J'ai honte ! Quand j'ai le temps, je reprends mes anciennes recettes pour changer les photos car je ne peux pas rester avec des horreurs pareilles. J'ai fait une formation photo assez large qui incluait l'utilisation de logiciels comme Lightroom et des notions de stylisme culinaire.

[Marina Bourgeois] Tu es ce qu'on appelle une "slasheuse" avec tes multiples casquettes. Est-ce que tu dors la nuit avec tout ce que tu fais ?

[Emma Geoffroy] La nuit ça va, je dors ! En revanche, les journées sont chargées. La difficulté est de se donner des jours de repos. Comme je travaille de chez moi, tout ce qui passe dans mes casseroles termine souvent dans l'objectif de mon appareil photo. C'est une gymnastique compliquée et je n'en suis pas encore arrivée au bout. Les réseaux sociaux, c'est du H24 et il y a parfois un vrai effet de saturation. De temps en temps, je mets sur "off".

[Marina Bourgeois] C'est un vrai sujet pour les entrepreneurs, surtout quand la passion se mélange au professionnel.

[Emma Geoffroy] J'ai toujours la passion. J'adore partager et avoir des amis ou de la famille autour de la table. Ce qui est complexe, c'est que mon bureau, c'est ma cuisine. Je suis tout le temps au bureau. Je n'ai pas la coupure du trajet pour rentrer à la maison. C'est une complexité supplémentaire.

16:45 L'organisation d'une "femme-orchestre" au quotidien

[Marina Bourgeois] Quels sont les trucs et astuces d'organisation que tu as réussi à appliquer durablement ?

[Emma Geoffroy] Je planifie mes posts sur Instagram pour donner le rythme des recettes à faire. Quand c'est une nouvelle recette, cela prend beaucoup de temps : écrire l'article sur le blog, traduire la recette en anglais, faire la mise en place sur WordPress. J'ai un fichier Excel assez simple où je séquence mon travail. Je fais tout toute seule, je suis un peu l'homme-orchestre. C'est sympa quand tu es chef d'orchestre, moins quand tu fais la vaisselle ! Je n'ai personne pour laver mes bols après une recette. Je fais tout de A à Z, même les brocantes le dimanche pour trouver de la vaisselle variée pour mes photos.

[Marina Bourgeois] On n'imagine pas forcément toutes ces facettes. Tu travailles combien d'heures par jour en moyenne ?

[Emma Geoffroy] C'est variable mais je pense travailler 8 à 9 heures par jour, au moins 6 jours par semaine. Il y a deux semaines, mon week-end a démarré le dimanche à 16h30. Je ne compte pas tout le temps passé sur les réseaux pour la veille ou pour répondre à 100 % des messages, car j'essaie de répondre à tout le monde.

21:00 La puissance des réseaux sociaux et la gestion de la solitude

[Marina Bourgeois] Ta visibilité est-elle venue exclusivement des réseaux sociaux ou as-tu développé une communication locale ?

[Emma Geoffroy] Sans les réseaux sociaux, ce métier n'existe pas. C'est ce qui permet aux créateurs de contenu d'être visibles. Ma notoriété, bien que modeste, a fait que localement je peux intéresser des marques ou des restaurants. Sans cela, je serais seule dans ma cuisine à régaler mes amis. Ton compte est vraiment appétissant et on sent l'effort de transmission. Comment as-tu fait grandir ta communauté Instagram ?

[Emma Geoffroy] J'ai démarré il y a 7 ans, c'était plus facile à l'époque. Aujourd'hui, les algorithmes changent tout le temps. Je passe beaucoup de temps à échanger, commenter et liker. L'important est d'avoir un travail de qualité et une ligne directrice, un ADN. Les gens reconnaissent ma "patte". Il ne faut pas se focaliser sur le nombre d'abonnés car ce n'est pas ça qui paye à la fin du mois. On peut très bien vivre de la photo culinaire avec moins de 10 000 abonnés. C'est un métier solitaire, mais j'ai pu rencontrer d'autres créateurs pour échanger sur notre quotidien et nous rassurer.

26:30 Un projet familial et une liberté retrouvée

[Marina Bourgeois] Comment ton entourage a-t-il réagi à ta reconversion ?

[Emma Geoffroy] Ce n'est pas une décision annoncée un soir à l'apéro, c'est venu naturellement. C'est presque un projet de famille. Avec mon mari, c'est une décision que nous avons prise à deux. Le gros point positif est la liberté sur la gestion de mon emploi du temps pour mes enfants. C'est un choix familial car on passe d'un job sécurisé avec un salaire fixe à une page blanche avec zéro revenu au début.

[Marina Bourgeois] Qu'as-tu ressenti quand tu as pu te verser ton premier salaire ?

[Emma Geoffroy] C'est surtout le jour où j'ai mis en place le virement mensuel permanent. Au début, les gens pensaient que je m'amusais pour m'occuper, mais il y a un vrai business plan derrière. Pouvoir dire que j'en vivais enfin était vraiment chouette. Pourquoi avoir choisi le nom "Casserole et chocolat" ?

[Emma Geoffroy] Je voulais que cela évoque le sucré et le salé, et que cela se dise facilement en anglais. Et puis j'adore le chocolat ! Cela me définit bien : des plats qui mijotent et du chocolat.

30:45 Projets d'avenir : livre, application et transmission

[Marina Bourgeois] Comment vois-tu l'avenir à 5 ou 10 ans ?

[Emma Geoffroy] J'essaie de grandir sur les réseaux pour pouvoir mieux facturer, mais je réfléchis surtout à apporter plus à mes abonnés. L'année dernière, j'ai sorti mon premier livre avec l'éditeur Hatier. C'est un projet pour faire découvrir les métiers aux enfants à travers 80 vraies recettes. C'était un travail passionnant d'un an où j'ai réalisé toutes les photos. Je travaille aussi sur une application mobile pour proposer du contenu premium et je continue mes ateliers culinaires et mon activité de chef à domicile.

[Marina Bourgeois] C'est admirable d'avoir créé ton métier de A à Z. Quel conseil donnerais-tu à ceux qui ont une envie similaire ?

[Emma Geoffroy] Il faut de l'énergie et ne pas avoir peur que cela prenne du temps. Surtout, il faut connaître ses limites financières et savoir combien de temps on peut tenir sans salaire. C'est le nerf de la guerre. J'ai aussi la chance d'être dans un domaine qui nécessite peu de trésorerie au départ.

[Marina Bourgeois] Merci beaucoup Emma pour ton temps et ta réactivité. Je voudrais dédicacer cet épisode à une jeune fille, Louise, passionnée de pâtisserie, pour lui dire de croire en ses rêves. À bientôt Emma.

[Emma Geoffroy] Avec plaisir, à bientôt.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

La  newsletter

Des articles, des parcours de vie, des interviews, des tips et des outils dans votre boîte mail.
*En m’abonnant, j'accepte de recevoir des communications de Oser Rêver Sa Carrière.
Merci pour votre inscription ! ☺️
Une erreur est survenue. Veuillez réessayer plus tard.

À écouter également