Emma Geoffroy. D'ingénieure à blogueuse & photographe culinaire

Podcast
Saison 2
Ep 33
37 min
Marina Bourgeois
Publié le
June 5, 2023
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À quoi s'attendre ?

Vous la connaissez sans doute si vous êtes amateur de cuisine & de pâtisserie puisqu’Emma est foodblogueuse & photographe culinaire. Son compte Instagram Casserole & Chocolat  cartonne avec plus de 37 000 gourmands qui la suivent. Je peux vous dire qu’en ce qui me concerne, je salive à chacun de ses posts !

Cheffe à domicile, alsacienne jusqu’au bout des ongles, maman de trois enfants, Emma s’est créé son propre métier à 43 ans après une première vie professionnelle en tant qu'ingénieure, sans imaginer le succès qu'elle rencontrerait par la suite.

Aujourd'hui, Emma est une slasheuse : cuisinière, photographe culinaire, foodblogueuse, créatrice de contenus, influenceuse, autrice de 80 recettes faciles et sans gaspi à faire en famille... elle nous raconte son cheminement, la diversité de son quotidien, ses joies et difficultés d'entrepreneuse, et l'importance des réseaux sociaux dans son métier.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : Emma Geofroid, créatrice de "Casserole et chocolat"

[Marina] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice de Oser Rêver sa Carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa Carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute. Mon invité du jour s'appelle Emma Geofroid. Vous la connaissez sans doute si vous êtes amateur de cuisine et de pâtisserie puisqu'Emma est food blogueuse et photographe culinaire. Son compte Instagram Casserole et chocolat cartonne avec plus de 36 000 gourmands et gourmandes qui la suivent. Je peux vous dire en tous les cas qu'en ce qui me concerne, je salive à chacun de ses postes. Chef à domicile, alsacienne jusqu'au bout des ongles, maman de trois enfants. Emma s'est créé son propre métier qui ressemble fortement à une passion. Mais ça, elle nous le dira juste après en nous racontant son cheminement. Hello Emma !

[Emma] Hello ! Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation Emma.

[Marina] Avec grand plaisir. Bon Emma, tu le sais je pense ou tu as dû le comprendre, je te suis depuis un petit moment sur Instagram. Je me régale mais vraiment je me régale en voyant tes posts. À chaque fois je me dis déjà : mais qu'est-ce que ça a l'air délicieux et qu'est-ce que tes photos aussi sont belles. Tu sais dans notre métier à nous, on a beaucoup de personnes et notamment des femmes qui viennent à nous pour se reconvertir et qui à un moment donné parmi toutes les pistes qu'elles ont envisagent la pâtisserie et la photo. C'est rigolo parce que c'est vraiment deux métiers qu'on entend souvent et ce que je trouve super dans ton parcours et ce qui va être inspirant aussi pour nos auditeurs et auditrices, c'est que toi finalement bah tu as combiné les deux.

03:00 Le virage après 15 ans d'ingénierie

[Emma] Oui. En fait l'un est venu après l'autre en fait de tout temps, j'ai fait de la cuisine en fait donc pas que de la pâtisserie. Moi je fais du sucré et du salé. Ça a toujours été un fil conducteur depuis que je suis gamine en fait. Et bon, j'ai eu plusieurs vies professionnelles puisque je suis ingénieure de formation. Donc j'ai travaillé dans ce métier là pendant plus de 15 ans. J'ai monté une société et puis après voilà, il y a eu un changement, une relocalisation familiale du côté de Blois. Et en fait, c'était le moment où je me suis posé la question de savoir que faire et de façon assez évidente, j'ai su qu'il fallait que je fasse quelque chose autour de la cuisine et de la pâtisserie et voilà, c'est parti de là.

[Marina] Et alors moi, j'ai lu sur ton site internet notamment que tout a commencé par vraiment avec une histoire de macaron raté à la base. Est-ce que je me trompe en disant ça ?

07:00 L'anecdote des macarons et le diabète gestationnel

[Emma] Ben disons que ça a été un point une expérience douloureuse et en même temps qui a déclenché des trucs. Non, en fait pour la petite histoire, j'ai trois enfants, j'ai fait trois grossesses avec diabète donc j'avais pas le droit de manger quoi que ce soit de sucré à part une demi pomme par repas. Comme certaines femmes peut-être sont prises d'envie de fraises, de saucisson ou de cornichon ou que sais-je, moi j'avais envie de faire des macarons. J'en avais jamais fait de ma vie et je savais surtout que je pouvais pas les manger. Donc je me suis lancée dans la confection de fournées avec plusieurs sortes de macarons qui ont toutes loupé les unes après les autres. Sachant qu'en plus je pouvais pas les manger, j'ai mis un certain temps à y revenir et quand j'y suis revenue bah en fait voilà, je suis partie avec la recette de Pierre Hermé et voilà la magie a opéré.

[Marina] Ah oui puis tu as visé haut tout de suite avec cette recette là !

10:00 L'opportunité de prendre du temps pour son projet

[Emma] Bah en fait j'avais fait tellement de recettes que j'avais loupé que je me suis dit que je pouvais pas faire pire et du coup voilà ça a été salvateur.

[Marina] Tu aurais imaginé Emma lorsque tu étais ingénieur en tous les cas dans tes premières vies professionnelles un jour à la place à laquelle tu es aujourd'hui ?

[Emma] Non, absolument pas. Je pense qu'en fait ma vie professionnelle, elle a suivi un certain nombre d'étapes. Je pense qu'il y a quand on démarre et dans les premières années 5, 10, 15 ans de sa vie professionnelle, je pense qu'on a besoin de gravir des échelons, on a besoin d'évoluer, on a besoin de se prouver des choses aussi à soi-même. À un moment donné, j'ai eu envie vraiment de puis surtout j'ai eu l'opportunité parce qu'il y a ça aussi, on ne peut pas toujours faire ce qu'on veut faire. Moi j'ai eu la chance de pouvoir en fait prendre du temps pour moi et pour mettre en place ce projet parce que c'est clair que se lancer dans un job d'influenceur avec aussi une casquette de chef à domicile et d'animation d'ateliers culinaires, ça prend énormément de temps à mettre en place. On décide pas de s'y mettre et hop, un mois plus tard, on peut se verser un salaire. Donc moi, c'est vrai que j'ai eu cette chance de pouvoir en fait installer la chose avant que ça puisse commencer à porter ses fruits.

14:00 La création du blog et la dimension business

[Marina] Oui, c'est exactement de ce point-là que je voulais aborder avec toi Emma parce que entre le moment où tu faisais le macaron en mode Pierre Hermé et aujourd'hui dans quel ordre ça s'est passé ? Comment tu as mis une pierre à ton édifice ?

[Emma] Bah en fait je cherchais une idée un peu sympa et qui me corresponde donc autour de la cuisine. Donc j'ai eu pas mal d'idées et puis bah on creuse, on essaye des pistes où on réfléchit, on se rend compte que finalement ce sera pas viable, ça permettra pas de générer par exemple un salaire. Et au bout d'un moment, je me suis dit après tout on va y aller tranquille, on va démarrer, je vais commencer par monter mon blog. C'est vrai que j'avais tout le temps des gens qui me réclamaient mes recettes à droite à gauche et puis je me suis dit après tout je vais démarrer mon blog, je vais démarrer un compte Instagram, Facebook aussi. J'ai commencé à mettre noir sur blanc mes recettes, j'ai commencé à photographier. La photo est donc venue en fait en conséquence et en fait comme une évidence aussi parce que quand on mange, ça commence par les yeux. Et puis après petit à petit quand on a une communauté qui commence à grandir on peut se permettre de rentrer en contact avec des entreprises et surtout on commence à devenir intéressant.

[Marina] Tu avais quel âge du coup à ce moment-là Emma quand tu as fait ta bascule ?

[Emma] Alors en fait j'ai commencé le blog... le blog va fêter ses 6 ans le 27 avril. Donc j'avais 43 ans. Après, je pense aussi que mon parcours professionnel d'avant me permet aussi d'avoir une approche assez business quand je discute avec des entreprises, ce qui peut être quand même un bon point. Ça permet aussi d'apprendre à être flexible et à planifier les choses. Ça fait maintenant 6 ans que je fais ça et je peux dire que ça fait 3 ans que j'arrive à me rémunérer. Les trois premières années, c'était l'investissement de longue durée.

[Marina] C'est très important ce que tu dis Emma car tes compétences d'avant et ta carrière antérieure viennent au service de ce que tu fais maintenant. Il n'y a pas de coupure ou de cloisonnement hyper étanche entre ta vie d'avant et celle-là finalement.

18:00 Apprentissage autodidacte et formation photo

[Emma] Oui. Puis de toute façon, je pense qu'en fait on se construit soi-même même s'il n'y a pas un lien évident d'une activité à une autre, on grandit de ces expériences passées. C'est vrai que la première fois que j'ai dû faire un chiffrage pour une prestation pour une collaboration avec une marque, je me suis posé tout un tas de questions et j'ai essayé de réfléchir sur ce que je peux mettre en avant, ce que je peux valoriser. Ça fait du sens de s'appuyer sur son expérience passée, il y a toujours des choses qu'on peut faire fructifier.

[Marina] Comment tu as appris le métier ? Est-ce que tu es restée autodidacte ou est-ce que tu t'es formée, notamment sur la photo ?

[Emma] Alors côté cuisine et pâtisserie, je suis essentiellement autodidacte. J'ai fait quelques petites formations mais ponctuelles et de très courte durée, plus pour mon plaisir à moi que dans le but vraiment de le faire fructifier. Après, je passe beaucoup de temps en cuisine. Je fais beaucoup d'essais, je regarde des tutos, je suis pas mal de comptes divers et variés, pas que des cuisiniers français. Côté photo, mon blog a 6 ans. Parfois, je vois les photos d'il y a 6 ans et j'ai juste envie de pleurer. J'ai honte, c'est juste absolument atroce. Donc j'ai fait une formation photo assez large avec l'utilisation de logiciels comme Lightroom et des notions liées au stylisme culinaire.

22:00 La vie de slasheuse et la gestion du temps

[Marina] Alors du coup, tu es ce qu'on appelle une slasheuse avec plusieurs casquettes : chef à domicile, blog, photo, influenceuse. Est-ce que tu dors la nuit Emma avec tout ce que tu fais ?

[Emma] La nuit ça va, je dors. En revanche, les journées sont chargées. La difficulté c'est de me donner des moments de travail et des moments off. Forcément quand je fais des repas, j'en fais beaucoup le week-end parce que du coup on est en famille et quand je veux faire des choses un peu sympas, je suis en cuisine, je fais de la photo, je fais de la vidéo.

[Marina] Ça se mélange tout ça le pro et le perso chez toi dis donc !

[Emma] En fait ce qui a été dur, c'est qu'en gros pratiquement tout ce qui passe dans mes casseroles ou dans mes assiettes termine quelque part dans l'objectif de mon appareil photo. De temps en autre, je mets off quand même, je pose.

[Marina] Il faut, mais c'est un vrai sujet quand on est entrepreneur. On sent que tu es vraiment passionnée par ce que tu fais. Dans notre domaine de la transition, quand on commence à mélanger la voie pro avec la passion, ça peut être compliqué et faire perdre la notion de plaisir.

[Emma] Non en fait j'ai toujours la passion. J'adore en fait ce qui est inhérent à tout ça, à savoir partager, avoir des amis ou de la famille autour de la table. Après ce qui est plutôt compliqué pour moi, c'est qu'en fait je travaille de chez moi. Mon bureau c'est ma cuisine. Donc en fait je suis tout le temps au bureau quelque part. Je n'ai pas la coupure de prendre le métro ou la voiture pour rentrer à la maison après ma journée de boulot.

30:00 Organisation et planification des contenus

[Marina] Quels sont les trucs et astuces que toi tu as réussi à trouver côté organisation ?

[Emma] Quelque chose qui peut paraître évident mais c'est de planifier mes posts sur Instagram. Ça me donne le rythme des recettes qu'il faut que je fasse. Quand il s'agit d'une nouvelle recette, il faut aussi que je prenne le temps d'écrire l'article sur le blog, d'écrire la recette. Toutes mes recettes sont traduites en anglais. J'ai un petit fichier Excel où j'ai les jours du mois et je sais à quel rythme j'avance.

[Marina] Et tu fais tout toute seule, Emma ? La cuisine, la photo, le graphisme, le community management ?

[Emma] Ouais, je fais tout toute seule. Je suis un peu l'homme orchestre. Je fais la vaisselle aussi hein ! J'ai pas quelqu'un qui lave mes assiettes et mes bols une fois que j'ai fini une recette. Je fais tout de A jusqu'à Z. Le dimanche matin en période, je vais en brocante pour trouver de nouvelles assiettes ou des nouvelles fourchettes pour donner de la variété à mes photos.

[Marina] Tu travailles en moyenne combien d'heures par jour ?

[Emma] C'est très variable. Je pense que je travaille 8 à 9h par jour et au moins 6 jours par semaine.

33:00 Le rôle crucial des réseaux sociaux et le soutien familial

[Marina] Est-ce que ta notoriété et ta visibilité sont venues exclusivement des réseaux sociaux ?

[Emma] Je ne pourrais pas faire ce métier sans les réseaux sociaux. C'est vraiment les réseaux sociaux qui ont créé ce métier. C'est ce qui permet aux créateurs de contenu d'exister et d'être visible.

[Marina] Tu parlais de tes proches. Quand tu as fait ta transition, ils ont été soutenants ?

[Emma] C'est pas une décision que j'ai annoncée comme ça un soir à l'apéro. C'est venu naturellement et c'est presque un projet de famille. Le gros point positif en tant que femme et maman, c'est que ça me donne énormément de liberté sur la gestion de mon emploi du temps. Partir de la page blanche avec zéro revenu au début, ça a été une décision familiale.

[Marina] Et alors quand tu as pu te verser ton premier salaire, Emma, ça t'a fait quoi ?

[Emma] Le jour où effectivement j'ai pu mettre en place ce virement permanent et que j'ai pu dire oui je me verse un salaire, là c'était vraiment chouette. Au début les gens pensaient que je faisais ça un peu en mode « elle s'amuse, ça lui fait une occupation ». Alors qu'en fait il y a un vrai business plan derrière.

35:00 Pourquoi "Casserole et chocolat" et perspectives d'avenir

[Marina] Pourquoi casserole et chocolat ? Qu'est-ce qui a motivé ce choix-là ?

[Emma] D'une part, je voulais que mon nom évoque le sucré et le salé. Casserole pour le salé et chocolat pour le sucré. Et puis je voulais également un nom qui puisse se dire assez facilement en anglais : Casserole and Chocolate. Et puis j'adore le chocolat !

[Marina] Comment tu vois l'avenir aujourd'hui Emma ?

[Emma] J'essaie de réfléchir à pouvoir apporter plus de choses à mes abonnés. L'année dernière, j'ai sorti mon premier livre chez Hatier. Là, je suis en train de travailler sur une application Casserole et chocolat façon premium pour les abonnés.

[Marina] C'est passionnant de t'écouter Emma. On peut quand on a une envie, il faut juste avoir un peu d'énergie.

[Emma] Ouais, beaucoup ! Il ne faut pas avoir peur que ça prenne du temps. Il faut juste connaître ses limites et particulièrement ses limites financières. Il faut être au carré sur pendant combien de temps je peux ne pas me verser de salaire parce que c'est le nerf de la guerre.

[Marina] Merci beaucoup Emma de m'avoir consacré de ton temps. Je voudrais juste finir cet épisode en dédicaçant à une toute jeune fille, elle s'appelle Louise, elle a 14 ans et elle est passionnée de pâtisserie. Je voudrais lui dire à travers ton exemple : Louise, crois en tes rêves et tout est possible. Grand merci Emma. À bientôt. Prenez soin de vous.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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