
Il n’est pas rare de se reconvertir après un épuisement professionnel.
Les raisons sont nombreuses et évidemment propres à chacun (aversion pour le métier antérieur, impossibilité de « retourner sur les lieux du crime », etc). Il existe toutefois un dénominateur commun chez les « reconvertis post burn-out » : le besoin — pour ne pas dire la nécessité — de se retrouver dans un métier (et plus largement une vie) qui fait sens.
Le burn-out engendre en effet souvent, une fois le creux de la vague passé, un questionnement de fond que l’on peut qualifier d’existentiel : qu’ai-je envie de faire de ma vie à présent ? Suis-je à ma juste place ?
Je vous en parle dans cette nouvelle capsule.
Bonne écoute !
Marina
[Marina] Changer de voix ou pas après un burnout, c'est un vaste sujet et c'est une question que quasiment tous les épuisés se posent à un moment ou un autre. Très clairement, il y a bien souvent un avant et un après burnout. En gros, une fois le plus gros de la turbulence passée et la pente remontée, c'est l'heure des choix. Des questions fondamentales qui sont d'ailleurs bien souvent existentielles et elles sont nécessaires clairement, et bien souvent d'ailleurs elles sont latentes depuis un certain temps. Elles sont d'ailleurs vos meilleurs garde-fous pour l'avenir parce que, on le dit souvent, il s'agit de surtout ne pas repartir comme en 40. Le risque de rechute, on le sait, est trop grand.
[Marina] Du coup, il faut se poser les bonnes questions et évidemment essayer de trouver les bonnes réponses. Parmi ces questions, l'une des plus délicates très clairement concerne l'avenir professionnel. Que faire à présent ? Est-ce que je retourne dans mon entreprise ou mon cabinet ou mon ancienne activité à l'issue de mon arrêt ? Est-ce que je change d'environnement de travail, c'est-à-dire d'entreprise ? Est-ce que je change de poste ? Est-ce que je change de cœur de métier ? Est-ce que je me reconvertis ? On voit nous très clairement en pratique que beaucoup se reconvertissent même partiellement, par choix souvent et par défaut parfois. Parce que la peur de retourner dans la même entreprise, de faire face aux mêmes sources de stress qu'avant, de revoir ses équipes, ses collaborateurs ou sa hiérarchie et de se retrouver à nouveau piégé dans un rythme effréné, ça pousse certains à ne pas retourner sur les lieux du crime et à envisager du coup un changement de voie, autrement dit à faire le grand saut de la reconversion.
[Marina] Pourquoi alors beaucoup d'épuisés décident de faire le grand virage professionnel après leur épuisement ? Souvent c'est pour remettre déjà du sens là où pour eux ils n'y en avait plus. C'est aussi pour travailler en accord avec leur propre valeur et ne plus être en contradiction et en contresens professionnel. C'est aussi pour ne plus être en sur-effort permanent et en sur-adaptation. Bien souvent aussi, c'est pour retrouver une liberté qui a été perdue dans l'ancien job pour laisser parler leur créativité qui a pu être annihilée ou complètement bridée sur leur ancien poste et évidemment surtout pour pouvoir vivre ça très clairement de façon plus équilibrée en ne dédiant plus exclusivement leur temps et leur énergie au travail. Il s'agit de ne plus mettre leurs œufs dans le même panier et du coup évidemment pour réintroduire les mots plaisir et épanouissement au travail.
[Marina] Parce que on sait que l'une des conséquences de l'épuisement professionnel, et ça c'est plutôt une heureuse conséquence, c'est la redécouverte de soi et en gros d'une nouvelle façon de percevoir la vie. La victime de burnout se rend compte bien souvent qu'elle avait auparavant mis tous ses œufs dans le même panier en misant quasiment que sur sa vie professionnelle qui était du coup largement surinvestie. Du coup, il faut se réemparer des autres pans de sa vie après un burnout pour créer un équilibre, une écologie personnelle et la faire durer en ancrant de nouvelles habitudes, en gros en se créant un cercle vertueux. Du coup, retrouver un métier qui a du sens et, je dis bien ET, se créer une meilleure organisation de vie sont des objectifs que nous entendons tous les jours.
[Marina] Clairement, ce sont deux démarches qui sont indispensables et non exclusives l'une de l'autre. Du coup, pour ne pas rechuter ou décider d'une reconversion trop rapide, trop hâtive, il est essentiel de travailler parallèlement sur deux sphères qui sont connexes : votre projet de vie et la bonne intégration de votre travail à ce projet de vie. À méditer.