
Catherine Kluger a un parcours professionnel assez dingue : après avoir été avocate pendant 15 ans, elle quitte le barreau en 2009 (nous vous laissons découvrir son déclic) pour créer les Tartes Kluger (succès immédiat !), puis, quelques années plus tard SuperNature, une gamme de Granolas bio. Une sacrée reconversion....
Ses produits cartonnent et c’est bien normal tant elle y met de la qualité et du cœur. Catherine a aujourd’hui 3 casquettes : dirigeante de SuperNature, consultante culinaire et auteure de livres de recettes. Elle a 53 ans et 3 garçons. Une femme vraiment inspirante qui a clairement osé rêver sa carrière...
Bonne écoute !
Références citées dans cet épisode :
[Marina Bourgeois] Bonjour à tous, ici Marina Bourgeois, fondatrice d'Oser rêver sa carrière. Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode. Comme vous le savez, le podcast Oser rêver sa carrière, ce sont notamment des interviews d'hommes et de femmes au parcours de vie inspirant et qui, je l'espère, vous plairont et vous aideront dans vos questionnements de vie et de carrière. Très bonne écoute.
[Marina Bourgeois] Chers auditeurs, je ne sais pas ce que vous prenez au petit-déjeuner, mais pour ma part, je mange avec mon invitée tous les matins. Enfin, pas avec elle directement, mais avec ses délicieux granolas ! J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Catherine Kluger, qui a été avocate pendant 15 ans et qui a quitté le barreau en 2009 pour d'abord créer les Tartes Kluger, puis Super Nature, une gamme de granola bio dont je me régale. Catherine a aujourd'hui trois casquettes : elle est dirigeante de Super Nature, consultante culinaire et autrice de livres de recettes. Elle a 51 ans et trois garçons. Elle a complètement osé rêver sa carrière. Bonjour Catherine.
[Catherine Kluger] Merci en tout cas, merci de me recevoir !.
[Marina Bourgeois] Tu as d'abord été juriste dans l'univers de la musique chez Virgin avant de monter ton propre cabinet. Pourquoi, à la base, as-tu choisi l'univers du droit ?
[Catherine Kluger] J'ai fait des études de droit un peu par défaut parce que je ne savais pas quoi faire. Je me suis dit : « Le droit, c'est généraliste, ça mène un peu à tout ». Mon frère faisait des études de droit et il trouvait ça cool. Et j'ai adoré ces études. J'ai trouvé que c'était hyper intéressant parce que c'est vraiment la structure de la société. C'est quelque chose que l'on peut utiliser tous les jours, que ce soit le droit constitutionnel pour comprendre les institutions de l'État ou le droit de la famille. J'ai trouvé ces études passionnantes.
[Marina Bourgeois] Et pourquoi avoir bifurqué vers l'univers de la musique ?
[Catherine Kluger] C'était un hasard, mais mon père était éditeur musical, donc c'était un univers que je connaissais. En plus, cela donnait au droit une dimension humaine et inspirante parce que j'ai rencontré des gens incroyables. De côtoyer des artistes, de travailler dans un univers artistique, cela a rendu l'exercice du droit moins aride. Autant j'ai adoré les études pour les cas pratiques, autant l'exercice pur du droit peut être peu créatif. Dans la musique, cette profession m'est devenue agréable.
[Marina Bourgeois] En 2009, tu décides de raccrocher la robe après 16 ans de carrière juridique. Il y a eu un déclic lors d'un dîner entre amis, n'est-ce pas ?
[Catherine Kluger] Oui, effectivement. Le métier d'avocat impose de ne pas compter ses heures. J'avais invité des amis à la maison, j'avais fait des tartes, et pendant tout le dîner, je faisais des allers-retours avec mon ordinateur pour envoyer des documents. Je leur ai dit qu'autant le conseil m'intéressait, autant le contentieux ne me faisait plus sentir alignée. Ils m'ont tous dit : « Tu es hyper douée en cuisine, tu devrais faire un truc qui te passionne. Tes tartes sont super bonnes et c'est dur d'en trouver des bonnes à Paris ».
[Catherine Kluger] Je les ai pris au mot. Entre ce dîner en décembre 2008 et l'ouverture de ma boutique en juillet 2009, il s'est passé à peine six mois. En mai, j'ai quitté le barreau et en juillet, j'ai ouvert. Si j'avais pris le temps de mesurer tous les tenants et les aboutissants, je ne suis pas sûre que je l'aurais fait parce que c'est un incroyable saut dans le vide.
[Marina Bourgeois] Tu t'es lancée dans l'inconnu, mais avec l'idée que si cela ne marchait pas, tu pourrais redevenir avocate.
[Catherine Kluger] Oui, j'avais vraiment cela en tête. C'est un statut, on ne vous radie pas du barreau, on vous omet. C'est une parenthèse que l'on peut aller chercher. J'ai même passé des entretiens sept ou huit ans plus tard et j'ai eu une vraie proposition. Savoir qu'il y a l'élastique rend le saut un peu moins vertigineux.
[Catherine Kluger] J'ai d'abord lancé un concept monoproduit avec les Tartes Kluger pendant sept ans. J'ai appris sur le tas à gérer une entreprise dans la "food". Mais quand c'est votre boîte, vous êtes la variable d'ajustement. Si un serveur ne se réveille pas, c'est vous qui y allez. J'avais l'impression de jouer avec des assiettes au bout d'une tige : vous essayez toujours d'en rattraper une et il y a toujours de la casse.
[Marina Bourgeois] Tu parles de casse, tu penses à quoi précisément ?
[Catherine Kluger] Déjà, je n'ai jamais retrouvé la même aisance financière que j'avais comme avocate. Et puis j'ai divorcé. C'est assez compliqué, mais on ne parle pas assez des dommages collatéraux de la reconversion entrepreneuriale, de l'investissement et de l'énergie que l'on y met au détriment d'autres choses.
[Catherine Kluger] J'ai été fatiguée, mais faire ce que j'aime m'a donné une énergie décuplée. On évolue, on change, et ce parcours a été un véritable accélérateur de personnalité.
[Marina Bourgeois] Au bout de sept ans, tu revends l'enseigne et tu lances Super Nature. Pourquoi le granola ?
[Catherine Kluger] J'ai voulu faire une dernière tentative dans la gastronomie avec un schéma différent. Je suis partie sur un produit sec en travaillant avec un artisan. Je n'ai plus d'équipe de fabrication en interne, c'est beaucoup plus léger.
[Catherine Kluger] Le nom "Super Nature" est un clin d'œil à une chanson de Cerrone, du disco des années 80. Cela correspond à ce que l'on fait : des recettes sans ingrédients ultra-transformés, sans huile de palme ni sucre raffiné. L'idée est de proposer une alimentation très gourmande, car manger sain ne doit jamais être une punition.
[Marina Bourgeois] Comment as-tu fait pour te faire connaître avec ce nouveau produit ?
[Catherine Kluger] Je me suis dit qu'il n'y avait qu'un seul endroit pour sortir un produit nouveau : la Grande Épicerie du Bon Marché. J'ai regardé sur LinkedIn et j'ai vu une fille de mon réseau qui y travaillait au marketing. Je lui ai envoyé un message. Elle m'a dit : « Venez présenter vos produits, j'adore votre tarte aux carottes ». C'est le travail acharné sur la qualité qui m'a permis de rebondir.
[Catherine Kluger] Elle m'a donné le feu vert en juillet pour une opération en janvier. Ces six mois m'ont permis de finaliser les boîtes, de les faire certifier et de maîtriser le produit. Cela m'a appris la notion du temps long, indispensable quand on est entrepreneur. Aujourd'hui, nous sommes distribués dans environ 600 points de vente.
[Marina Bourgeois] Tu partages aussi ton savoir à travers des livres, comme Essentiel.
[Catherine Kluger] Les livres me permettent d'évacuer ma créativité et de partager des petits "tips" appris auprès des chefs. Je veux montrer qu'on peut manger sain et gourmand. L'alimentation ne doit pas être une injonction mais un plaisir. On peut mettre de la couleur et du goût sans se limiter à la farine de blé ou aux tomates en hiver.
[Marina Bourgeois] Si tu devais nous laisser une recette phare ?
[Catherine Kluger] La tarte au chocolat ! C'est un moelleux dans une tarte, pour détourner l'éternelle ganache. Et pour moi, une salade de Soba, qui s'adapte aux saisons avec des radis au printemps ou des courges en hiver. C'est un menu parfait.
[Marina Bourgeois] Merci beaucoup Catherine pour ce récit inspirant et pour ta proactivité.
[Catherine Kluger] Merci beaucoup Marina, c'était hyper gentil.
[Marina Bourgeois] L'épisode est terminé. J'espère qu'il vous a enrichis. N'hésitez pas à le partager et à nous soutenir avec des petites étoiles. À très bientôt et surtout, prenez soin de vous.