
J'ai le plaisir de vous partager l'interview de mon associée, Caroline Averty, qui était l'invitée de Jérôme Florin & Marina Giraudeau sur RTL Petit Matin. Elle y explique le mécanisme de l'épuisement professionnel.
Vous la retrouverez d'ailleurs très souvent sur le podcast à partir de janvier 2025 😀
Bonne écoute !
Marina
[Marina Bourgeois] Chers auditeurs, ici Marina Bourgeois, dirigeante du cabinet Oser Rêver sa Carrière. Comme vous le savez, le podcast Cheminement, ce sont des interviews pour vous inspirer et des capsules pratiques pour vous permettre d'avancer sur des thèmes qui nous sont chers au cabinet et qui vous concernent. Vous le savez peut-être, nous sommes huit consultantes au sein du cabinet et deux co-associées. Ma super associée Caroline était dans l'émission RTL Petit Matin il n'y a pas très longtemps pour parler souffrance au travail, épuisement professionnel et surchauffe. Je vous laisse écouter ces mots et je vous annonce d'ores et déjà que vous l'entendrez beaucoup plus souvent sur ce podcast à partir de 2025. Bonne écoute.
[Marina (RTL)] Quatre salariés sur dix en détresse psychologique. On va en parler justement dans le premier coup de fil du jour avec une auditrice dont c'est un peu le métier. On va vous expliquer tout ça. Bonjour Caroline.
[Jérôme] Bonjour Caroline.
[Caroline] Bonjour Marina. Bonjour Jérôme.
[Marina (RTL)] Vous êtes juriste de formation mais spécialisée dans le droit du travail, c'est ça ?.
[Caroline] Exactement. Alors je suis juriste de formation, après j'ai fait une carrière dans les ressources humaines et aujourd'hui je codirige un cabinet d'accompagnement à la transition professionnelle et on accompagne notamment des personnes ayant vécu un burnout vers la reprise du travail.
[Marina (RTL)] Comment ça se passe en fait ? C'est elles qui font appel à vous ? C'est l'entreprise qui vous dit d'intervenir ?.
[Caroline] Alors les deux, ça peut être l'entreprise qui nous confie un collaborateur qui malheureusement est tombé en burnout, une entreprise bienveillante qui a envie de tout faire pour que le collaborateur revienne dans les bonnes conditions. Et puis il y a aussi beaucoup de gens qui nous contactent de leur propre chef, qui ont vécu un burnout, qui sont en arrêt de travail et qui veulent préparer leur reprise et surtout éviter la rechute en fait.
[Jérôme] C'est devenu un mot un peu à la mode burnout. Qu'est-ce qu'on met dans ce mot ? C'est quoi un burnout ? On peut rappeler ça déjà, la base, avec vous.
[Caroline] Bien sûr, un burnout c'est un syndrome d'épuisement professionnel. Ça veut dire qu'on a été soumis pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs mois à un stress continu dans le cadre du travail qui nous a amenés malheureusement jusqu'à l'effondrement. Sachant que le burnout c'est vraiment multifactoriel. En général, il n'y a pas une cause unique, il y a malheureusement plusieurs causes qui vont nous entraîner vers le burnout.
[Marina (RTL)] Et alors, est-ce qu'il y a des symptômes physiques justement ? Qu'est-ce qui peut alerter les gens ?.
[Caroline] La spécificité du burnout et de ces symptômes, c'est que malheureusement c'est très insidieux. Ça va se dérouler sur plusieurs mois. Petit à petit, les symptômes vont se multiplier, vont s'intensifier. Et d'ailleurs, c'est souvent les proches qui alertent la personne en question en lui disant : « Écoute, je m'inquiète pour toi quand même. Tu as beaucoup de maux, tu as des comportements différents ». La personne ne se rend pas forcément compte qu'elle est en train de glisser vers le burnout. Les symptômes physiques sont divers : maux de dos, de ventre, de tête, maladies à répétition parce que le système immunitaire baisse. Il y a aussi des troubles du sommeil et une fatigue persistante.
[Jérôme] C'est le corps qui lâche en quelque sorte ?.
[Caroline] Exactement. Le corps se manifeste et puis après il y a des symptômes plus psychiques. Les gens vont parler d'un brouillard mental, d'une impression de ne plus réussir à rien gérer du tout, une incapacité à prendre des initiatives. Et puis il y a des symptômes comportementaux : irritabilité, agacement, repas décalés, abandon des activités extraprofessionnelles et un certain repli social. Jusqu'au crash où d'un seul coup on n'est plus capable de se lever le matin.
[Marina (RTL)] Est-ce qu'il y a un profil type parmi les gens qui viennent vous voir ? Plus des hommes, des femmes, des jeunes ?.
[Caroline] Très bonne question. Non, il n'y a pas de profil type malheureusement, tous les âges font appel à nous, même des gens très jeunes qui commencent tout juste à travailler. Par contre, ce qu'on repère, c'est qu'il y a un portrait-robot de personnes plus à risque que d'autres : le profil du "bon élève". Ce sont des gens très investis, très engagés, très endurants dans le travail. Ils vont au bout du bout, ne comptent pas leurs heures et ont souvent du mal à dire non. Si ces profils sont couplés avec un environnement délétère ou un job qui n'est pas fait pour eux, cela peut donner un syndrome d'épuisement professionnel.
[Jérôme] Comment on réagit face à ça ? Qu'est-ce qu'il faut faire dès que les symptômes se manifestent ?.
[Caroline] Première chose à faire : aller voir son médecin. Beaucoup de gens ne l'osent pas par culpabilité ou endurance, mais c'est le seul capable de poser un diagnostic de burnout. Il faut suivre ses recommandations et trouver de l'aide auprès d'un psy, psychologue ou psychiatre.
[Marina (RTL)] Là vous parlez tout de suite de solutions médicales, mais est-ce qu'il y a des choses plus simples, comme faire du sport ou aller se promener ?.
[Caroline] Oui bien sûr, mais ce n'est pas évident parce que quand on est pris dans ce cercle insidieux, c'est très dur de s'en extraire. Il faut ralentir, écouter les proches et remettre le travail à sa juste place. Baisser le rythme pour faire autre chose que travailler est essentiel. Il faut aussi apprendre à dire que ça ne va pas en communiquant auprès de son manager ou d'un collègue.
[Marina (RTL)] Et vous-même, comment accompagnez-vous ces personnes ?.
[Caroline] Ce sont des solutions sur mesure pour aider à la reconstruction et à la compréhension de ce qui s'est passé. Il s'agit de comprendre nos propres mécanismes, car même si ce n'est pas la faute de la personne, son rapport au travail a pu mettre de l'huile sur le feu. On les aide à reprendre confiance en elles, car le burnout s'accompagne d'une terrible perte de confiance. C'est un vrai effondrement intérieur, pas une déprime passagère ou une simple dépression, même si les symptômes peuvent se confondre.
[Jérôme] Caroline, il faut combien de temps pour se remettre d'un burnout ?.
[Caroline] C'est variable mais c'est long. Les gens espèrent se remettre en quelques semaines, mais c'est généralement plusieurs mois. Plus on a laissé glisser et plus le corps a été soumis longtemps au stress, plus il mettra de temps à se remettre.
[Marina (RTL)] Merci beaucoup Caroline pour ces explications et ces conseils.
[Jérôme] Merci Marina, merci Caroline.
[Marina Bourgeois] Un salarié sur dix en burnout sévère, vous vous rendez compte ? C'est énorme. Un burnout sévère, c'est une personne en arrêt de travail depuis un très long moment qui n'est pas retournée en poste. Caroline le disait très bien : plus on tarde à intervenir, plus l'arrêt est long. C'est un très mauvais calcul de se dire « je me reposerai plus tard » ou « je ne peux pas quitter le navire ». Mieux vaut prévenir et ralentir avant que la corde ne se rompe. Premier réflexe : si vous sentez des signaux de surchauffe, allez voir votre médecin. Prenez soin de vous.