
Dans cette nouvelle capsule, je vous parle de la trilogie des signaux annonciateurs du burn-out en faisant cette fois un focus sur les symptômes psychiques.
Bonne écoute !
Marina
[Marina] Chers auditeurs, ici Marina Bourgeois, dirigeante du cabinet Oser Rêver sa Carrière. Comme vous le savez, le podcast Cheminement, ce sont des interviews pour vous inspirer et des capsules pratiques pour vous permettre d'avancer sur des thèmes qui nous sont chers au cabinet et qui vous concernent : la carrière, ses transitions et ses accidents, le changement de vie, la souffrance au travail, l'épuisement professionnel, l'entrepreneuriat, le rebond et tout un tas d'autres sujets encore. Vous pourrez retrouver l'ensemble des références citées dans cette nouvelle capsule sur nos réseaux sociaux Facebook, LinkedIn, Instagram et TikTok. J'espère que cette capsule sera pour vous apprenante et aidante. Bonne écoute.
[Marina] Je vous ai parlé l'autre jour de la trilogie des signaux annonciateurs de l'épuisement professionnel et on a parlé notamment des signaux physiques. Nous allons aujourd'hui nous tourner vers les signaux psychiques, c'est-à-dire la deuxième catégorie des symptômes du burnout. Alors là encore, il y en a plusieurs et, une fois encore, faites attention : ces signaux ne sont pas à prendre à l'état isolé. C'est lorsqu'ils se rencontrent de façon cumulative et qu'ils s'inscrivent dans le temps qu'il faut être particulièrement vigilant.
[Marina] Quels sont les signaux psychiques annonciateurs d'une surchauffe ? Tout d'abord, on va avoir une fatigue émotionnelle, une sorte d'abattement, de sensation de vide intérieur, d'asthénie. Et on va avoir — alors ça, c'est quasi systématique — ce que l'on appelle la labilité émotionnelle, c'est-à-dire des humeurs changeantes avec très souvent une forte irritabilité.
[Marina] C'est-à-dire que tout à coup, on est contrarié, on est agacé par le moindre truc. L'humeur change, on est très sensible, on devient plus susceptible avec même parfois des pointes de cynisme ou de froideur. L'irritabilité est vraiment l'un des critères les plus récurrents dans les personnes que l'on accompagne et dans la littérature sur le sujet. Quelqu'un qui avait un tempérament calme, tranquille et plutôt zen va se surprendre à être de plus en plus irritable.
[Marina] Cela se manifeste au boulot à l'égard des collègues, du manager, des clients ou des fournisseurs, mais aussi à la maison. En rentrant le soir, l'irritabilité fait qu'on ne supporte plus le conjoint, les enfants ou le partenaire. C'est une forme d'agacement récurrent et il est vrai que ce sont souvent les parties prenantes à la maison qui "prennent", car on se contient parfois davantage au travail.
[Marina] On voit aussi une forme d'humeur dépressive avec des grands pics, des grands hauts et des grands bas, une versatilité qui n'était pas nécessairement là auparavant. On va avoir également ce que l'on appelle le détachement émotionnel. C'est, en gros, la sensation d'être là sans être là, un sentiment de distanciation ou de dépersonnalisation. On est physiquement dans la pièce, dans la réunion, on est à table avec ses proches, mais finalement, on n'est plus vraiment là. Il y a une forme d'absentéisme mental.
[Marina] C'est également un signal majeur, tout comme les troubles cognitifs inhabituels et persistants que l'on entend chez quasiment tous nos accompagnés : perte de mémoire, troubles de la concentration, ralentissement psychomoteur. Cela peut être très concret : vous allez au distributeur et vous ne vous souvenez plus de votre code, ou alors vous oubliez le code de votre immeuble. Vous ne retrouvez plus vos clés alors que vous savez exactement où vous les rangez d'ordinaire.
[Marina] Vous ne parvenez plus à lire vos mails, vous ne comprenez plus exactement ce qui se dit en réunion ou les subtilités d'un échange avec l'autre. La difficulté à lire est un signe très prégnant : quand on se rend compte qu'on n'arrive plus à comprendre un paragraphe, qu'on revient systématiquement en arrière, qu'on ne suit plus les émissions de radio, les programmes télé ou une série. Je pense à une cliente à un stade très avancé qui nous racontait qu'elle ne parvenait même plus à comprendre un dessin animé de ses enfants. On a l'impression d'être déconnecté de soi-même et de perdre ses facultés.
[Marina] On trouve également des appréhensions excessives, une forme d'anxiété ou d'angoisse. C'est la fameuse boule au ventre sur le chemin du travail ou le dimanche à partir de 15h ou 16h quand on sait que la semaine reprend. On peut voir apparaître des crises d'angoisse, de la spasmophilie ou des crises de larmes intempestives.
[Marina] Au-delà de la somatisation physique, il y a une somatisation psychique avec des pleurs incontrôlés et répétitifs sans savoir exactement pourquoi, ou le fait de passer du rire aux larmes trop rapidement par rapport à d'habitude. On a du mal à suivre nos propres idées, on passe du coq-à-l'âne extrêmement rapidement.
[Marina] Plus largement, il y a un sentiment de surchauffe généralisée, la sensation de tirer sur la corde et de perdre pied. On est dans un tunnel, on est à bout, on agit en permanence en pilotage automatique, en mode robot, et on ne voit plus la fin de sa "to-do list".
[Marina] Cela entraîne un sentiment de baisse de la performance : on se rend compte qu'on n'est plus aussi productif qu'avant. Ce que l'on faisait en 10 minutes auparavant demande maintenant 30 ou 45 minutes. On n'a plus la même efficacité pour une tâche ordinaire, et ce sentiment de perte de performance est un critère annonciateur très fort.
[Marina] On va avoir une perte de repères, de sens, et un désintérêt progressif pour le travail. On se dit : « À quoi bon ? Ce travail m'use, j'en peux plus ». À l'inverse, on peut voir une incapacité à s'arrêter, une sorte de sentiment de surpuissance où l'on est en mode "abattage du travail", on produit sans pause, avec le risque de chute brutale derrière.
[Marina] Enfin, et surtout, l'un des plus gros critères, c'est le déni. Le déni du surmenage et de l'anormalité de la situation. On n'entend plus rien : on n'entend plus son corps, on ne fait plus attention aux signaux physiques qu'il envoie. On n'écoute plus les proches, ces "lanceurs d'alerte" du noyau familial ou amical, ni les collègues qui disent : « Tu travailles trop, tu as l'air fatigué, tu devrais souffler ou te mettre en arrêt ». La personne en plein déni répondra : « Mais non, ça va, il faut tenir, je ne peux pas lâcher mes collègues maintenant, on est en sous-effectif, je me reposerai dans deux mois pendant les vacances ».
[Marina] Non seulement on ne ressent plus les signaux corporels, mais les perches tendues par les proches peuvent même énerver. On a envie de dire au conjoint : « Arrête de me gonfler avec ces histoires de travail, je sais ce que je fais, tu m'ennuies ! ».
[Marina] Si votre humeur varie sans raison objective, si vous perdez la mémoire ou votre concentration, si l'angoisse pointe avec ce sentiment d'être dépassé, soyez vigilants. Les proches ne vous tendent pas ces perches pour vous embêter, mais pour vous éviter de vous prendre le mur. Il est fondamental de consulter son médecin, un thérapeute, un psychologue ou un psychiatre et de ne pas faire l'autruche. Sortir du déni est le niveau 1 du soin. Posez-vous et écoutez : est-ce que je pleure pour un rien ? Est-ce que mes proches me trouvent agacé ou chiant ?. Il faut l'entendre, même si cela bouscule l'agenda.
[Marina] Voilà, c'est fini comme le dit la chanson. J'espère que vous sortez enrichi de cette capsule. Si vous êtes actuellement en questionnement (bilan de carrière, épuisement professionnel, recherche d'emploi), n'hésitez pas à nous contacter. Si vous souhaitez que j'aborde des sujets particuliers, faites-le moi savoir sur Apple Podcast ou nos réseaux sociaux. Mettez des petites étoiles si le format vous a plu et retrouvez-nous sur Deezer ou Spotify. Merci de votre écoute, de votre soutien et à très vite. Salut !.