
Un crash de vie, une sortie de route, un tsunami... tels sont les mots souvent employés par celles et ceux ayant vécu un burn-out.
Comprendre ce qu'est le burn-out, également appelé "syndrome d'épuisement professionnel", est essentiel :
- pour qui se sent en surchauffe (burn-in) et souhaite s'éviter de "prendre le mur".
- pour qui est passé par là et souhaite comprendre ce qui lui est arrivé.
- pour les proches se sentant bien souvent impuissants et désemparés.
Dans cette capsule pratique, je vous explique ce qu'est l'épuisement professionnel et comment mettre des mots sur vos maux.
Bonne écoute !
Marina
[Marina] Chers auditeurs, ici Marina Bourgeois, fondatrice d'Oser Rêver sa carrière. Comme vous le savez, le podcast Oser Rêver sa carrière, ce sont des interviews pour vous inspirer et des capsules pratiques pour vous permettre d'avancer sur des thèmes qui me sont chers et qui vous concernent. La carrière, ses transitions et ses accidents, le changement de vie, la souffrance au travail, l'épuisement professionnel, l'entrepreneuriat, le rebond et tout un tas d'autres sujets encore. Vous pourrez retrouver l'ensemble des références citées dans cette nouvelle capsule sur nos réseaux sociaux Facebook, LinkedIn et Instagram. J'espère que cette capsule sera pour vous apprenante et aidante. Bonne écoute. Bonjour à toutes, bonjour à tous. Je suis ravie de vous retrouver dans cette capsule pratique Oser Rêver sa carrière dédiée aujourd'hui au burnout. Alors le burnout, on va souvent en parler dans les capsules à venir. Pourquoi ? Parce que moi, c'est un sujet qui me tient très, très à cœur. J'ai écrit un livre sur le sujet qui s'appelle Burnout, le comprendre et en sortir. Et j'accompagne énormément de personnes qui sont frappées par ce mal du siècle. Je ne sais pas si c'est le mal du siècle mais en tous les cas par ce mal terrible qui ronge énormément. C'est un sujet qui est compliqué à aborder parfois parce qu'il est encore tabou. Et là c'est une des raisons pour lesquelles j'ai envie de prendre la parole, d'expliquer de quoi il s'agit pour mieux le comprendre, le mieux le faire comprendre, soutenir les personnes qui en sont victimes et qui hélas sont souvent très isolées dans cette situation de souffrance au travail. Et puis aussi permettre aux proches qui sont bien souvent désemparés de comprendre ce qui arrive à leur conjoint, à leur conjointe, à leurs frères, à leurs collègues et cetera et de donner des clés pour s'informer et puis pour avancer.
[Marina] Alors, je vous disais, ce sujet, il est tabou et moi c'est quelque chose qui m'énerve profondément parce que je considère qu'en 2021, on devrait pouvoir parler de ce sujet de la souffrance au travail tout à fait librement et simplement. Or, pour trois raisons qu'on a en tous les cas identifié chez Oser Rêver sa carrière, il reste très difficile d'en parler que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé, ça concerne vraiment tous les secteurs. D'une part, parce que quand on parle burnout, quand on dit qu'on est épuisé, on a l'impression qu'implicitement on accuse l'organisation dont on fait partie. Et accuser une organisation, bah c'est pas simple parce que les conséquences peuvent être terribles. Donc c'est compliqué d'en parler parce que il y a eu la peur, la crainte des répercussions que ça peut entraîner. Deuxième raison, le burnout est tabou aussi parce que il y a un tabou plus global, plus sociétal autour en France, en tous les cas de la souffrance psychique qui est une des facettes du burnout. Et puis enfin, et je crois que c'est la cause qui m'énerve le plus, il existe une croyance collective limitante souvent selon laquelle le burnout, l'épuisement, l'effondrement ne serait réservé qu'aux faibles. C'est-à-dire que finalement, si on est épuisé, bah c'est qu'on est fragile. Si on craque, c'est qu'on est quelqu'un de faible. Or, et on aura l'occasion de le redire à de nombreuses reprises dans ce podcast, c'est pas du tout le cas et c'est même plutôt l'inverse puisque le burnout concerne bien souvent des personnes qui sont solides, qui sont endurantes et qui sont très, très loin d'être des personnes, des petites choses fragiles ou des petites choses faibles.
[Marina] Alors, qu'est-ce que c'est que le burnout ? Le burnout, c'est un effondrement qui a une triple dimension. C'est un effondrement psychique, physique et émotionnel. Le burnout, on l'appelle également le syndrome d'épuisement professionnel et il a été parfaitement bien décrit en 2017 par la Haute Autorité de santé, la HAS, qui vous dit que c'est un épuisement donc physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel. Autrement dit, le burnout, c'est un véritable crash de vie. C'est un peu comme si vous voulez, comme si l'avion se crashe après avoir connu de grosses zones de turbulence. On a une première phase qui est la phase de "burn-in" qui est une grosse phase de surchauffe pendant laquelle le corps s'exprime mais bien souvent on ne l'écoute pas. On peut être dans le déni à ce moment-là. Et puis un jour, un matin par exemple, on ne peut plus se lever, on ne peut plus fonctionner, on est complètement HS, on est vidé. On ne peut plus du tout. On n'est plus opérationnel et tout ce qui nous paraissait facile autrefois nous paraît extrêmement compliqué. Quand on est en burnout, bah on est tout simplement consumé de l'intérieur. On est cramé, on est HS. On parle de burnout quand on a franchi sa réserve, en gros son capital énergétique. Les batteries sont complètement vides. On est épuisé, on est fatigué. C'est bien plus qu'une simple fatigue, évidemment ce n'est pas une méchante grippe un burnout. C'est un mal très grave. C'est le stade ultime de la fatigue. C'est une sorte de blackout complet.
[Marina] Et on distingue, on va dire dans la littérature informationnelle sur le sujet, trois types de burnout. On a le burnout qui résulte d'une surcharge de travail, d'une exposition chronique au stress et d'une période plus ou moins longue selon les individus. Ça peut être des semaines, des mois, parfois des années. Toute une période comme ça où on a été en surchauffe permanente dans un rythme de vie absolument effréné. Donc ça c'est le burnout. On a aussi le "bore-out" qui est l'épuisement par l'ennui au travail. Par exemple quand on est sous-missionné, quand on est placardisé, quand l'organisation à laquelle on appartient a réduit notre travail à peau de chagrin et que concrètement on n'a plus rien à faire. Donc on perd le sens. Et on a également le "brown-out" qui est l'épuisement par perte de sens totale. Ça rejoint notamment des sujets dont vous avez peut-être déjà entendu parler, les "bullshit jobs", les jobs où il n'y a pas de sens. C'est-à-dire que dès lors qu'on perd le sens de son travail, le risque d'épuisement existe. Donc je voudrais vraiment mettre fin à une idée préconçue selon laquelle le burnout n'existe que par surchauffe parce qu'on a trop travaillé. Non, un burnout ça peut également venir d'une période longue de sous-activité où la vie au travail est devenue dénuée de sens, dénuée d'intérêt, dénuée de plaisir et ça peut faire chuter notamment dans des syndromes dépressifs. Donc vous voyez le burnout, c'est une grosse zone de turbulence dans la vie de quelqu'un. C'est un accident de vie. C'est une sortie de route en quelque sorte dont on parlera souvent via des interviews, via des capsules pratiques sur les différentes sous-problématiques engendrées par le burnout.
[Marina] En tous les cas, le petit conseil que je peux vous donner aujourd'hui, c'est si vous vous sentez proche de l'épuisement, si vous sentez que vous êtes en zone rouge ou alors que vous avez un proche concerné par le sujet, informez-vous. C'est extrêmement important de ne pas rester seul et de comprendre ce qui se passe, de comprendre ce qui nous arrive, de comprendre ce qui arrive à l'autre, un frère, un collègue et cetera. Et donc de se renseigner, de se documenter. On a la chance aujourd'hui, contrairement il y a 10 ou 15 ans où c'était extrêmement compliqué de parler de burnout parce qu'on ne connaissait quasiment pas le terme, on a la chance d'avoir tout un tas de ressources à notre disposition. Il y a pléthore de livres sur le sujet, des livres d'ailleurs informationnels, des guides sur le burnout. Je pense par exemple au Burnout pour les nuls de Marie Pezé ou à tous les ouvrages de Sabine Bataille qui avait préfacé mon ouvrage. Mais on a aussi aujourd'hui, et on a la chance d'avoir ça, c'est hyper précieux, des romans qui sont très pertinents et qui racontent avec finesse cette espèce de descente aux enfers, ce cauchemar qu'est le burnout. Je pense notamment au livre de Kika, Je ne te pensais pas si fragile. Je pense également au livre d'Ariane Dubois, Ne t'inquiète pas, tout va bien. Je pense aux ouvrages d'Utelli, Le travail m'a tuer. Il y en a beaucoup qui sont sortis notamment là depuis fin 2020 sur le sujet et je vous incite vraiment à aller les consulter pour comprendre, pour mieux vous comprendre, pour comprendre ce qui arrive aux proches et donc vous documenter parce que le burnout, c'est comme pour tout sujet. Si on ne comprend pas les choses, on ne pourra pas bien les exprimer et donc on ne pourra pas bien être pris en charge. Donc l'expression de son mal, l'expression de ses maux par les mots est vraiment capitale. Dernier petit conseil bibliographique, il y a aussi le livre de Gaëlle Josse, Ce matin-là, qui parle d'une femme qui un matin se rendait au travail, qui montant dans sa voiture n'a pas réussi à la faire démarrer et elle, ce jour-là, n'a plus réussi à démarrer.
[Marina] J'espère que cette capsule vous servira et vous incitera, en tous les cas à vous documenter, à trouver de la ressource, à comprendre, à ne pas vous isoler et potentiellement derrière aller chercher de l'aide. Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle capsule Oser Rêver sa carrière. Voilà, c'est fini comme le dit la chanson. J'espère que vous sortez enrichis de cette capsule. Si vous souhaitez que j'aborde des sujets particuliers, n'hésitez pas à me le faire savoir dans votre avis sur l'application Apple Podcast ou sur nos réseaux sociaux. Profitez-en pour mettre des petites étoiles si le format vous a plu. Et puis si Apple Podcast n'est pas votre truc, vous pouvez retrouver les capsules sur Deezer ou Spotify. Merci de votre écoute, de votre soutien et à très vite pour une nouvelle thématique. Salut !