Capsule Burn-out. Les petites phrases assassines

Podcast
Saison 2
Ep 70
10 min
Marina Bourgeois
Publié le
October 9, 2024
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À quoi s'attendre ?

Les petites phrases assassines lorsque l'on est en burn-out... vaste sujet...

Bien souvent prononcées par maladresse par celles et ceux n’ayant jamais traversé ce tsunami qu’est le burn-out, elles pèsent et ajoutent à la culpabilité déjà ressentie d’être en arrêt et de ne plus « fonctionner ».

Comment s'en protéger ? Comment faire rempart ?

On en parle aujourd'hui dans cette nouvelle capsule.

Bonne écoute !

Marina

Transcription

00:00 Introduction : les phrases qui blessent en plein burnout

[Marina] Chers auditeurs, ici Marina Bourgeois, dirigeante du cabinet Oser Rêver sa Carrière. Comme vous le savez, le podcast Cheminement, ce sont des interviews pour vous inspirer et des capsules pratiques pour vous permettre d'avancer sur des thèmes qui nous sont chers au cabinet et qui vous concernent : la carrière, ses transitions et ses accidents, le changement de vie, la souffrance au travail, l'épuisement professionnel, l'entrepreneuriat, le rebond et tout un tas d'autres sujets encore. Vous pourrez retrouver l'ensemble des références citées dans cette nouvelle capsule sur nos réseaux sociaux : Facebook, LinkedIn, Instagram et TikTok. J'espère que cette capsule sera pour vous apprenante et aidante. Bonne écoute.

[Marina] Bonjour à toutes et bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons parler de ces petites phrases insupportables, presque assassines, que l'on peut entendre lorsque l'on est en plein syndrome d'épuisement professionnel, c'est-à-dire quand on fait un burnout.

01:45 Florilège des "petites phrases assassines"

[Marina] Alors, vous savez, ces petites phrases assassines, elles peuvent être prononcées par maladresse ou plus rarement par intention malveillante. Mais en gros, les voici. Ça peut être des petites phrases du type : « Bon, alors tu reprends quand ? » ; « Tu es encore en arrêt ? » ; « Mais qu'est-ce que tu fais de tes journées ? » ; « Oh, ça va, tout le monde fait un burnout de nos jours » ; « Force-toi un peu à faire des choses » ; « Mets-toi un coup de pied aux fesses quand même ».

[Marina] Ou encore : « Mais tu n'as pas peur qu'on te vire ? Ça fait vraiment très longtemps que tu es en arrêt » ; « Ton boss n'essaie pas de te contacter en permanence ? » ; « Mais tu ne te sens pas un peu coupable quand même de ne pas être avec tes équipes en ce moment ? » ; « Oh, ça va, il y a pire dans la vie que de faire un burnout » ; « Tu ne t'ennuies pas trop à la maison ? Tu n'as pas le sentiment de glandouiller ? ».

03:30 Comprendre la source de la maladresse et de la culpabilisation

[Marina] Voilà, ça ce sont les petites phrases typiques que l'on peut entendre quand on est en arrêt pour syndrome d'épuisement professionnel et qui sont évidemment dues à une méconnaissance de ce syndrome. C'est-à-dire qu'à l'évidence, c'est comme tout événement malheureux et compliqué, comme toutes les épreuves de la vie : les autres, tant qu'ils ne sont pas passés par là, ont du mal à comprendre ce que vous ressentez et ce que vous vivez.

[Marina] Une personne extérieure se dit que plusieurs semaines ou plusieurs mois en arrêt, c'est trop, c'est injustifié, et donc elle peut vous culpabiliser — une fois encore par maladresse, beaucoup plus rarement par vraie intention malveillante. En tous les cas, ces petites phrases font mal. Elles font mal à celui ou celle qui les reçoit et puis surtout elles enfoncent davantage.

05:00 Créer son bouclier et se protéger des ondes négatives

[Marina] Une personne qui est en arrêt pour épuisement professionnel n'a évidemment pas besoin qu'on remue le couteau dans la plaie et qu'on lui adresse des petites phrases assassines. Donc si vous avez un proche qui est en épuisement professionnel et qui est en arrêt de longue durée, évitez ce type de petites phrases qui peuvent être prises comme des injonctions, comme des ordres déguisés finalement.

[Marina] Et puis si vous-même vous êtes en épuisement professionnel, ce qui va être important, c'est de créer une sorte de bouclier autour de vous et d'éventuellement mettre un peu à l'écart toutes ces personnes qui ne comprennent pas ce que vous ressentez ou, en tout cas, qui ne cherchent pas à communiquer avec vous pour comprendre. Le but, c'est de se protéger. Parfois faire un peu la tortue et rentrer dans sa coquille, ça peut être utile — pas trop longtemps évidemment — mais l'objectif est de faire rempart contre ces ondes négatives. On en produit suffisamment soi-même, l'idée est de se mettre à l'abri.

06:30 Techniques de protection : Évitement vs Information

[Marina] Il est fondamentalement important de se protéger de ces environnements toxiques, mais la question se pose de comment faire rempart, très concrètement parlant. Alors, il y a plusieurs techniques. Soit vous optez pour l'évitement ou la mise de côté de ces personnes maladroites. Très concrètement, il s'agit de ne plus les voir au moins un temps, le temps de récupérer et de pouvoir encaisser.

[Marina] La seconde technique consiste à expliquer et à informer. Là encore, il faut déjà être au clair avec soi-même sur ce que l'on vit. Or, on sait que quand on est en arrêt, au début, on peut être soit dans le déni, soit dans un état de sidération qui fait qu'on ne comprend pas ce qui nous arrive. Mais au moment où ça commence à se démêler, l'idée peut être d'expliquer ce que vous vivez à un ami, à la famille ou aux collègues. Si vous n'y arrivez pas verbalement, vous pouvez transmettre de la documentation : un podcast ou un article permettra à votre interlocuteur de commencer à comprendre.

08:00 Recourir à la métaphore et à la médiation par un tiers

[Marina] Vous pouvez également utiliser la métaphore ou le parallélisme. Par exemple : « Si je devais comparer ce que je vis à un animal, ce serait un ours, un tigre ou une araignée ». Certains vont parler de tsunami ou de tremblement de terre dans leur vie. Mettre des mots permet de faire prendre conscience à votre interlocuteur des dommages collatéraux et de l'ampleur de ce que vous vivez. C'est vraiment important pour faire comprendre ce que vous ressentez de l'intérieur car on n'a pas toujours les mots.

[Marina] Enfin, une autre technique consiste à aller consulter avec votre proche. Si c'est votre époux ou votre épouse qui vous culpabilise, vous pouvez aller consulter un professionnel de santé à deux — médecin traitant, psychologue ou psychiatre — de façon à ce que le professionnel puisse expliquer ce qui se passe en vous. Recourir à un tiers neutre qui va décortiquer ce mécanisme permet à l'autre de comprendre et d'être plus attentif aux mots qu'il emploie, et donc d'être plus aidant.

09:30 Conclusion : Apprendre à dire non pour se préserver

[Marina] Se protéger, c'est soit l'évitement, soit l'explication, soit le recours à un tiers. En tous les cas, ne restez pas heurté et fragilisé par ces petites phrases. Vous avez le droit de dire : « Ce que tu me dis là, ça m'énerve » ou « Ce que tu me dis là, ça me culpabilise ». Dire les choses, c'est important, tout comme apprendre à dire non au travail. Ce sont des gymnastiques qui s'apprennent.

[Marina] Mais en attendant, prenez soin de vous et apprenez à faire rempart contre ces maladresses. Voilà, c'est fini comme le dit la chanson. J'espère que vous sortez enrichi de cette capsule. Si vous êtes actuellement en questionnement (bilan de carrière, épuisement, recherche d'emploi), n'hésitez pas à nous contacter. Mettez des petites étoiles si le format vous a plu sur Apple Podcast, Deezer ou Spotify. Merci de votre écoute, de votre soutien et à très vite. Salut !.

Animé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.