
Accepter l’arrêt de travail de son médecin n’est pas toujours facile : soulagement pour les uns, il est parfois vécu comme une punition par les autres.
Et ça ne s’arrête pas là… : une fois le principe de l’arrêt intégré, s’ouvre alors une phase non moins difficile : celle du repos chez soi, sans prise sur le temps de récupération : 2 semaines ? 1 mois ? 3 mois ? 6 mois ?
Cette inconnue est particulièrement anxiogène puisqu’il faut alors gérer les rendez-vous successifs avec le médecin avec toujours la même inquiétude intérieure : va-t-il me renouveler ? Vais-je devoir retourner au boulot lundi ?
On en parle aujourd'hui !
Bonne écoute,
Marina
[Marina] L'angoisse du renouvellement de l'arrêt de travail quand on fait un burnout. Vaste sujet. Accepter l'arrêt de travail du médecin, c'est pas toujours simple. C'est un soulagement pour les uns et parfois pour d'autres il est vécu comme une punition. Et ça ne s'arrête pas là parce qu'une fois le principe de l'arrêt intégré, ce qui est déjà pas simple, s'ouvre alors une phase non moins difficile qui est celle du repos chez soi sans qu'on ait de prise sur le temps de récupération, parce qu'on ne sait jamais à l'avance si l'arrêt va durer deux semaines, trois semaines, un mois, trois mois, six mois, un an et cetera. Il n'y a pas de prise sur la longévité de l'arrêt.
[Marina] Cet inconnu est particulièrement anxiogène parce qu'il faut gérer les rendez-vous successifs avec le médecin avec toujours la même inquiétude intérieure : est-ce qu'il va me renouveler ? Est-ce que je vais devoir retourner au boulot lundi ?. Du coup, chaque consultation devient stressante, que ce soit avec votre professionnel de santé, donc le médecin traitant si c'est lui qui vous prescrit l'arrêt, ou votre psychiatre si c'est lui qui le prescrit. Il y a une appréhension du verdict en particulier, d'ailleurs, lorsque le médecin opte plutôt pour des arrêts de courte durée (une semaine, dix jours, quinze jours). Clairement, le renouvellement de semaine en semaine, c'est ultra angoissant et du coup, c'est peu propice à la sérénité d'esprit, qui est pourtant nécessaire dans cette phase de repos, d'extraction du travail et de récupération. Les médecins qui connaissent bien le mécanisme de l'épuisement l'ont compris et eux optent plus volontiers pour un renouvellement mensuel par exemple. Comme ça, ils réduisent l'appréhension de l'épuisé.
[Marina] D'autant qu'après le rendez-vous chez le médecin, hé bien il y a encore d'autres petites joies compliquées à appréhender puisqu'il faut annoncer le renouvellement au RH ou à votre boss. Et là, l'angoisse qui va avec : j'appelle ? Est-ce que je passe un coup de fil ? Est-ce que j'envoie un mail ? Est-ce que j'envoie mon arrêt par la poste et cetera ? Ça crée une angoisse. Évoquer d'emblée la gestion des potentiels renouvellements avec votre médecin, c'est important. Ça vous permettra de mieux vivre cette période d'extraction qui déjà en elle-même est suffisamment difficile à traverser, sans oublier la pression de l'éventuel contrôle de la Sécu. Mais tout ça, nous vous en reparlerons.
[Marina] En attendant, suivez bien les conseils de votre professionnel de santé lorsqu'il vous dit de vous arrêter. Votre médecin, c'est un lanceur d'alerte. Il vous suggère l'arrêt pas pour vous embêter, mais pour votre santé parce qu'il sait très bien que plus vous allez attendre pour vous arrêter, plus après le temps de récupération sera long. Donc vraiment, arrêtez-vous lorsque cela vous est suggéré par le médecin et extrayez-vous complètement de l'entreprise. C'est-à-dire que la période d'arrêt de travail est faite pour couper totalement et pas pour checker ses mails toutes les deux secondes ou pour prendre les appels téléphoniques ou même pour donner des tips, des conseils aux personnes qui seraient susceptibles de vous remplacer. Non, la période d'arrêt, qui est déjà suffisamment culpabilisante, est faite pour se reposer et pas pour angoisser sur le fait de savoir si l'arrêt va être renouvelé, quand et comment je fais et cetera. Essayez de gérer cela au mieux avec votre médecin en lui faisant part de votre angoisse. Parce que si vous ne verbalisez pas les choses et que vous ne dites pas à votre médecin que des arrêts courts et à renouveler auprès de vos RH en permanence vous stressent, bah il ne peut pas le deviner. Donc verbalisez.