Portrait-robot des personnes les plus exposées au burn-out

Article
Burn-out et souffrance au travail
4 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
May 15, 2026

Introduction

Elles s’épuisent et se consument de l’intérieur pour leur métier. Qui sont ces personnes qui se sacrifient - bien souvent sans s’en rendre compte - pour leur travail ?  En s’extrayant de ces classifications liées à la profession, à l’âge ou encore au métier, des dénominateurs communs peuvent être recensés chez les victimes de burn-out. Voici le portrait-robot des personnes les plus à risque.

Des personnes très engagées 

Le burn-out peut toucher absolument tout le monde : cadres, indépendants, salariés, managers, dirigeants, entrepreneurs, femmes, hommes, actifs du secteur privé comme du secteur public. Des traits de personnalité récurrents sont toutefois observables chez celles et ceux qui tombent.

La première caractéristique est un niveau d’engagement très élevé dans leur travail. Endurants, ils ne comptent pas leurs heures et préfèrent taire les alertes du corps plutôt que d’alerter leurs collaborateurs ou leurs familles lorsqu’ils fatiguent. N’écoutant pas leurs besoins, ils sont souvent persuadés que les choses ne tourneront pas sans eux. Résistants, ils multiplient les efforts pour que tout fonctionne, pour ne pas prendre de retard. L’urgence est leur quotidien. Le rush, leur normalité. Ce sont des collaborateurs sérieux, motivés, impliqués, et dotés d’une grande résistante au stress et à la charge de travail. 

Des personnes extrêmement loyales

La seconde caractéristique observable est une loyauté sans faille envers l’entreprise. Très professionnels, les « burn-outés » sont des personnes fiables, sur lesquelles on peut compter. Avec une grande conscience professionnelle. Dans les équipes, ils sont souvent perçus comme des piliers, des profils très solides qui ne rechignent pas à la tâche. Souvent atteint du syndrome du (de la) bon(ne) élève, ils encaissent la charge sans faire de vague, et ont un sens élevé de la responsabilité professionnelle. Abandonner leur équipe et quitter le navire malgré leurs maux est inconcevable. Ralentir les faits culpabiliser à outrance. Ils n’osent pas dire non, et se sentent dans l’obligation de devoir tenir coûte que coûte pour répondre aux attentes, satisfaire tout le monde, être perçus comme performants, et ne pas décevoir. Ils acceptent des missions supplémentaires, rendent service à leurs collègues et disent oui même lorsqu’ils sont déjà débordés. 

Des personnes pour qui le travail est central

Quatrième caractéristique observable : une valeur travail très forte, souvent transmise par héritage familiale ou fortement véhiculée durant leurs études, voire parfois vantée dans le secteur d’activité. Le travail a occupé une place centrale dans leur construction identitaire, représentant tour à tour un facteur de reconnaissance, une source de fierté, un marqueur de réussite. Il est devenu un élément structurant de leur image et de leur personnalité. Pour eux, la frontière entre ce qu’ils font et ce qu’ils sont peut rapidement devenir floue. Un brin workaholic, leur travail est devenu l’essentiel. Il est au centre de leur vie, aussi bien en termes d’heures passées que d’énergie fournie. Ils mettent tous leurs œufs dans le même panier, oubliant malgré eux qu’il existe une vie en dehors du travail…

Des personnes rigoureuses, voire perfectionnistes

Cinquième caractéristique : le burn-outé fait les choses bien, et même très bien. Il privilégie le « parfait » au « fait ». Bon élément, il redoute l’erreur et anticipe souvent tous les problèmes afin de garder le contrôle. Il produit un travail de qualité et obtient de bons résultats. On dit d’ailleurs souvent du burn-out qu’il est la maladie des « bons » et des enthousiastes qui aiment leur travail. Rien n’est plus vrai ! C’est d’ailleurs parce qu’ils aiment profondément leur travail qu’ils l’investissent autant pour en devenir parfois « accro ». 

Des personnes toujours connectées à leur travail

Sixième caractéristique : la difficulté à couper mentalement avec le travail. Même en dehors du bureau, ils continuent à penser « boulot » le soir, le week-end, et même parfois en vacances. Leur cerveau ne se repose jamais vraiment. Ils travaillent tard, consultent leurs mails en permanence et se montrent excessivement réactifs. 

Des personnes qui ne s’écoutent pas

Dernière caractéristique commune : une nette tendance à ignorer les signaux d’alerte. Malgré la fatigue persistante, les troubles du sommeil, une irritabilité souvent grandissante, etc, les profils à risque « persistent et signent ». Ils minimisent leurs maux, se disent que cela va passer, qu’ils se reposeront plus tard, que les vacances ne sont pas si loin… Adeptes du « faire l’autruche », ils préfèrent avancer dans leur travail plutôt que d’honorer un rendez-vous médical ou s’octroyer un moment de loisir. Souvent persuadés qu’ils ne font pas partie des personnes à risque, ils rentrent dans un mécanisme de déni délétère leur permettant de se croire invulnérable. Jusqu’au moment où leur corps leur impose une pause brutale.

Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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