Dépendance au travail et épuisement professionnel

Article
Burn-out et surchauffe
4 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
July 2, 2026

Introduction

Si tous les épuisés professionnels ne sont pas addicts à leur travail, beaucoup de personnes dépendantes au travail glissent progressivement vers le burn-out…

Nous dressions, il y a quelques mois, le portrait-robot des personnes les plus exposées au burn-out et mettions en avant quelques caractéristiques souvent communes aux épuisé(e)s : rigueur (voire perfectionnisme), valeur travail très forte (notamment dans la construction identitaire), endurance, forte implication au travail, difficultés à dire non ou à déléguer et, parfois, une tendance à la dépendance… au travail. On constate en effet bien souvent un attachement extrêmement fort au travail, pour ne pas dire une forme d’obsession pouvant aller jusqu’à la dépendance.

Qu’est-ce que la dépendance au travail ?

Qu’est-ce que la dépendance au travail ? Comme toutes les autres addictions, l’addiction au travail est définie par une perte de contrôle sur le comportement (de travail) et sa poursuite en dépit des dommages occasionnés, avec une origine multifactorielle faisant intervenir la triade « objet addictif — individu — environnement », décrite par Claude Olievenstein.

Les “workaholics” présentent des pulsions à travailler devenues difficilement contrôlables, des envies et des “craving”, constate le psychiatre Laurent Karila. Le professeur M. Lejoyeux définit le workaholic comme « une personne qui a un besoin de travailler en permanence et une sensation de manque lors des interruptions de travail », ce qui traduit une forte centration du sujet autour de l’objet addictif. Le travail finit alors par dicter la durée et la fréquence des périodes de repos, de détente ou d’intimité. Il prévaut progressivement sur tout le reste.

Selon J.T. Spence et A.S. Robbins, le workaholic se sent dans la contrainte et se montre très impliqué dans son travail, sans forcément y trouver de satisfaction. Son rapport au travail induit alors des conséquences négatives. Pour autant, lorsqu’il ne travaille pas, “l’accro” se sent mal : il est en manque, en situation de sevrage.

Le travail devient alors l’équivalent d’une substance addictive (nicotine, cocaïne, etc.) pour d’autres profils dépendants. Au quotidien :

  • il travaille en permanence ou pense constamment au travail ;
  • il présente des troubles du sommeil ;
  • il n’exprime pas nécessairement le sentiment d’en faire trop au regard de ce que cela lui apporte (contrairement au “gros travailleur”) ;
  • une fois une tâche terminée, il en commence immédiatement une autre ;
  • il travaille au-delà de ce qui est attendu ;
  • aucun repos réel n’est possible ;
  • il pense constamment au travail lorsqu’il n’y est pas ;
  • le travail prime sur les relations sociales et familiales ;
  • la notion de plaisir dans le travail est faible, voire absente.

Un terrain favorable au burn-out

Autant de comportements susceptibles de mener au burn-out, autrement dit à l’épuisement professionnel. En effet, les conséquences de cette dépendance induisent des dommages de tout ordre : addictologiques, thymiques, somatiques, socio-familiaux, professionnels et financiers.

On retrouve notamment :

  • des conduites addictives (alcool, tabac…) et/ou des conduites dopantes ;
  • de l’anxiété, des troubles du sommeil, un possible syndrome d’épuisement professionnel (burn-out) ou encore un épisode dépressif caractérisé ;
  • des céphalées, des douleurs musculaires et intestinales ;
  • des comportements agressifs au travail, une difficulté à déléguer, une recherche constante de promotion, de valorisation sociale et de réussite ;
  • des difficultés dans les relations familiales, avec le conjoint et les enfants : faible investissement, émotions exacerbées (colère, culpabilité, anxiété, dysphorie), sentiment de manque en dehors du travail et faible accès au plaisir dans la sphère personnelle.

Prévenir l’épuisement : une prise en charge nécessaire

Afin de ne pas sombrer dans l’épuisement, une prise en charge peut s’avérer nécessaire, notamment par le biais de thérapies comportementales.

Au-delà de l’accompagnement médical ou thérapeutique, la prise de conscience du rapport au travail constitue souvent une étape clé. Apprendre à réintroduire des limites, à restaurer des espaces de récupération et à redonner une place à la vie personnelle est essentiel pour sortir de la spirale de surinvestissement.

Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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