Lorsque l’on parle de prévention du burn-out, on évoque souvent la charge de travail, le management, les objectifs ou encore l’organisation.
Pourtant, un autre facteur mérite toute notre attention : la place accordée à la vie extra-professionnelle.
Cultiver son jardin intérieur et se nourrir d’autres choses que le travail constitue en effet l’un des meilleurs remparts contre l’épuisement professionnel.
Et lorsqu’un burn-out a déjà eu lieu, cela devient même un enjeu majeur pour prévenir les rechutes.
Car les personnes épuisées ont souvent un point commun : elles ont progressivement cessé d’investir ce qui les faisait vivre en dehors de leur activité professionnelle.
Ce phénomène s’installe rarement du jour au lendemain.
Au départ, il s’agit souvent de petits renoncements.
Une sortie annulée.
Une activité reportée.
Un week-end consacré au travail.
Un loisir abandonné faute de temps ou d’énergie.
Puis, peu à peu, ces renoncements deviennent la norme.
Parce que :
Le problème, c’est que ce « plus tard » finit parfois par ne jamais arriver.
Les personnes en voie d’épuisement racontent souvent une histoire similaire.
Petit à petit :
👯 Elles ne voient plus leurs amis.
🍿 Elles n’ont plus l’énergie de sortir, même pour des activités qu’elles apprécient.
🏋️ Elles arrêtent le sport.
🏡 Elles renoncent à recevoir leurs proches.
🧵 Elles abandonnent leurs loisirs et leurs passions.
👨👩👦👦 Elles reportent les moments en familles.
📖 Elles ne lisent plus.
😩 Elles cessent progressivement de prendre soin d’elles-mêmes.
Bref, elles n’ont plus de temps pour rien.
Ou plus exactement : elles n’en ont plus l’impression.
La vie finit alors par se résumer à deux sphères :
Entre les deux, il ne reste plus beaucoup d’espace pour respirer.
Lorsque le travail occupe une place toujours plus importante, plusieurs dangers apparaissent.
À force de fonctionner en mode survie, certains comportements finissent par sembler normaux.
Les semaines surchargées.
L'absence de récupération.
Le manque de temps pour soi.
L'épuisement chronique.
Pourtant, ce qui est fréquent n'est pas forcément sain.
Plus le travail prend de place, plus il peut devenir difficile de distinguer ce que l'on fait de ce que l'on est.
L'identité professionnelle finit alors par occuper tout l'espace.
Et lorsque survient une difficulté professionnelle, un licenciement, un arrêt maladie ou un burn-out, c'est parfois toute l'image de soi qui vacille.
À force de délaisser ce qui nous nourrit, nous pouvons finir par ne plus savoir ce qui nous fait réellement du bien.
Quels sont nos besoins ?
Qu'est-ce qui nous ressource ?
Qu'est-ce qui nous procure de la joie ?
Ces questions, pourtant essentielles, deviennent parfois difficiles à explorer lorsque l'on est épuisé.
Prévenir l'épuisement ne consiste pas uniquement à travailler moins.
Cela consiste aussi à nourrir davantage ce qui existe en dehors du travail.
Les relations.
Les loisirs.
La créativité.
Le mouvement.
Les moments de plaisir.
La famille.
Les passions.
Les espaces de calme.
Autant d'éléments qui nous rappellent que nous sommes bien plus qu'un poste, une fonction ou une carrière.
Réinvestir sa vie extra-professionnelle ne signifie pas remplir davantage son agenda.
Il s'agit plutôt de recréer des espaces qui nous permettent de récupérer, de nous reconnecter à nous-mêmes et de retrouver un équilibre.
Lorsque la fatigue est avancée, reprendre une activité ou retrouver une vie sociale peut sembler insurmontable.
C'est normal.
L'objectif n'est pas de tout réintroduire d'un coup.
Parfois, il suffit de recommencer modestement :
Ces petits pas peuvent sembler insignifiants.
Ils constituent pourtant souvent les premières pierres d'une reconstruction plus profonde.
Le burn-out ne se résume pas à une surcharge de travail.
Il s'accompagne souvent d'un rétrécissement progressif de la vie.
Plus le travail prend toute la place, plus nous risquons de perdre le contact avec ce qui nous nourrit, nous équilibre et nous rappelle qui nous sommes.
D'où l'importance de cultiver son jardin intérieur.
D'entretenir ce qui nous fait vibrer.
De préserver des espaces qui existent indépendamment du travail.
Parce qu'un métier, aussi passionnant soit-il, ne devrait jamais devenir notre unique source d'identité, de satisfaction ou de reconnaissance.
L'épuisement commence parfois lorsque le travail devient toute notre vie.
La reconstruction, elle, commence souvent lorsque l'on redécouvre tout ce qui existe en dehors.