RH & managers : expliquer la surchauffe et le burn-out à vos équipes

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Burn-out et surchauffe
6 minutes de lecture
Caroline Averty
Publié le
July 6, 2026

Introduction

Que ce soit dans le cadre d’une action de prévention/ de sensibilisation ou du retour d’un membre de l’équipe après un épuisement professionnel, nous vous proposons ci-dessous des clés de compréhension de ce qu’est le burn-out, pouvant être partagées avec vos équipes.

Il est tout d’abord important de rappeler que la surchauffe professionnelle, qui peut déboucher sur un burn-out, est un mécanisme de glissement insidieux. Elle n’arrive pas d’un coup d’un seul, et il est extrêmement rare qu’un burn-out survienne du jour au lendemain. Il s’agit, au contraire, d’un processus jalonné d’étapes et d’un état qui s’instaure chez sa victime insidieusement, presque sournoisement et qui hélas, chaque jour, gagne du terrain. Plusieurs phases peuvent être identifiées. Décortiquons-les.

Phase 1. La période de « surchauffe »

Le burn-out, autrement dit l’effondrement (ou la chute), est quasi systématiquement précédé d’une phase dite de « burn-in », pendant laquelle la personne concernée est en « surchauffe ». Autrement dit, en état de stress chronique intense. Durant cette période, ses réserves (ou batteries) en énergie se vident. Votre collègue ne vit plus, il ou elle court. Vous le voyez très (trop) actif. Débordé.e, s’énervant vite, il.elle perd patience et souvent le sens des priorités. Cette phase est à dissocier de la simple fatigue.

En effet, dans nos sociétés modernes, nous vivons tous avec une fatigue et un stress plus ou moins latent : périodes de rush, soucis professionnels, problèmes personnels, logistique familiale, etc. Jusque-là, rien d’anormal. Mais cette fatigue vivable devient problématique lorsqu’elle s’inscrit dans le temps et que certains mécanismes se mettent en place.

Le basculement vers la surchauffe intervient lorsqu’on a la sensation d’être en pilotage automatique pendant plusieurs semaines, de ne plus réussir à faire face et de ne plus voir le bout de tunnel (ou plutôt de la to do list)… la charge devient alors surcharge. Les vacances et moment off ne sont plus récupérateurs. Signal alarmant : votre collègue (ou collaborateur) revient fatigué de vacances. Il est pourtant encore temps de tirer la sonnette d’alarme, pour éviter le pire.

Lorsque cet état perdure (parfois pendant des semaines, des mois, voire des années), le risque de passer de l’état de surchauffe au burn-out est grand. L’angoisse de ne plus faire face pointe le bout de son nez avec son lot de symptômes qui s’intensifient (jusqu’au bouquet final) : problèmes de sommeil, boule au ventre le matin, crise de larmes intempestives, irritabilité, douleurs et maux divers, etc. Le cercle vicieux est en place. C’est le moment où vous pouvez observer chez votre collègue (ou collaborateur) des comportements devenant inquiétants : isolement social (il/elle ne vient plus déjeuner, fuit les pauses café et les échanges), état d’irritation (les formules de politesse sautent, les rapports se tendent) et/ou de sur-engagement (horaires à rallonge, mails habituels tard la nuit ou le weekend), maladies à répétition. Bref, vous voyez votre collègue s’enfoncer, mais ne savez pas quoi faire (une sensibilisation des équipes à détecter et réagir, ou la mise en place de bienveilleurs au sein de l’organisation, peut alors faire la différence).

Le déni n’est pas rare dans cette période : pensant être à l’abri du burn-out (“réservé aux faibles, aux fragiles, à ceux qui ne supportent pas la pression”), certains continuent à tirer sur la corde… vous connaissez la suite… Craquage, effondrement, K.O technique. BURN-OUT.

Phase 2. L’effondrement

L’ensemble des témoignages sur le sujet convergent : un jour, plus rien. Le black-out. Votre collègue ne peut plus. « Je n’ai pas réussi à me lever », « impossible de me rendre au travail », « je n’ai plus pu… ». Epuisé(e), « cramé(e) » disent certain(e)s. Tout demande alors un effort surhumain. Le corps et la tête, pour schématiser, se mettent en mode « off ». Le corps dit stop. Le cerveau aussi. Difficile à imaginer pour ceux ne l’ayant pas traversé, le burn-out entraine un véritable état de sidération, qui place la personne en mode survie.

Il n’y a alors plus d’autre choix que de s’arrêter. Sur tous les plans : au travail, à la maison… impossible de faire ce que l’on faisait habituellement de façon quasi automatique. Les réflexes ne sont plus là, la concentration se fait la malle, le corps ne porte plus. Il faut quitter le navire professionnel, avec parfois le sentiment de trahir ses équipes et ses collègues. C’est tout cela un burn-out. Avec ses dommages collatéraux : impact sur le couple, la vie de famille, la vie tout court.

Un autre challenge arrive alors, pour ces personnes ayant résisté de tout leur être : s’autoriser à se reposer… Souvent perçue comme une « traversée du désert », cette période d’effondrement est extrêmement douloureuse. Elle peut elle-même se décomposer en plusieurs phases : le déni et la culpabilité d’être en arrêt, suivi de la prise de conscience de la pertinence et de la nécessité de l’arrêt, puis enfin le retour progressif des fonctions et de la vie sociale.

Ces étapes, que va traverser votre collègue ou votre collaborateur, ne peuvent pas être brûlées. Elles sont toutes importantes et déterminantes pour la convalescence, puis la guérison. Elles impactent d’ailleurs potentiellement le risque de rechute. En gros, « chaque chose en son temps » dans cette turbulence de vie.

La situation est particulièrement compliquée lorsque l’épuisement se double d’un syndrome dépressif, ce qui est parfois le cas. La prise en charge est plus longue, tout comme le temps de récupération et de reconstruction.

Phase 3. La remontée

Nous l’avons souvent répété mais, cela rassurera les concerné(e)s, et l’entourage personnel et professionnel de ceux-ci : si, si il y a bien un après burn-out. Arrive en effet le moment où « la machine se remet en route ». Vient alors le temps de retrouver sa vie sociale, sa vie familiale parfois perturbée, et sa vie professionnelle.

Parfois à temps partiel thérapeutique, parfois dans un autre poste. Parfois à temps complet au sein de la même équipe. Les situations sont variées, mais une constante demeure : si la reprise a été bien préparée, par l’ensemble des parties prenantes, elle se passe généralement bien.

Qu’est-ce qu’une reprise bien préparée nous direz-vous ?

- Ce sont d’abord des équipes informées et sensibilisées à la situation de leur collègue ;

- C’est un plan de reprise préparé, adapté au collaborateur (avec parfois un accompagnement mis en place) et partagé ;

- C’est enfin une reprise suivie pas à pas.

L’accompagnement d’un collègue ou d’un membre de l’équipe dans une situation d’épuisement est évidemment un véritable challenge managérial et RH. Il invite à questionner le cadre de travail, les pratiques professionnelles, et à mettre en place des mesures adaptées. Cependant, il est aussi l’occasion de sensibiliser, de prendre soin, d’échanger : toutes ces actions qui sont au cœur de la prévention des RPS, et surtout des attentes et besoins des collaborateurs aujourd’hui, dans un monde (du travail) toujours plus complexe. Un « mal pour un bien ».

Accompagner l'épuisement professionnel

Vous accompagnez des personnes traversant ou ayant traversé un burn-out ? Nous vous formons à l’ensemble des facettes de l’épuisement professionnel afin que vous puissiez les comprendre, parler le même langage & les suivre dans les meilleures conditions possibles, de la période de surchauffe jusqu’à leur reprise d’activité.

Ca m'intéresse
Rédigé par
Caroline Averty
Forte de douze ans en ressources humaines, elle accompagne aujourd'hui les transitions professionnelles et le développement de carrière, en individuel comme en entreprise. Spécialisée en thérapie brève, elle est également co-animatrice du podcast Cheminement et co-auteure des livres Trouver Sa Voie et Accompagner les transitions professionnelles.