Reconversion : s'initier à l'artisanat

Article
Transition/Reconversion professionnelle
5 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
July 6, 2026

Introduction

Nous avons interviewé Edouard qui a créé, avec deux amis, la société Wecandoo, particulièrement utile pour celles ou ceux souhaitant se reconvertir dans l’artisanat.

Interview

“Partagez un moment d’artisanat” est la première phase que nous avons lu sur votre site. Edouard, tu nous expliques le concept de “Wecandoo” ?

Nous permettons au grand public de pousser les portes d’un atelier d’artisan, de s’initier à son savoir-faire, de fabriquer un objet avec lui/elle et de repartir avec sa création. Apprendre à fabriquer du fromage, un couteau, un sac à main, des bols en porcelaine ou encore un meuble… Nous travaillons avec plus de 130 artisans à Paris, Lyon, Bordeaux et Lille qui ouvrent les portes de leurs ateliers pour quelques heures dans un cadre convivial et intime.

L’objectif est d’apporter un relais de communication et un revenu complémentaire aux artisans mais aussi de proposer une nouvelle offre d’expérience, davantage participative, créative et génératrice de lien social. En partant du constat que l’Artisanat est moins consommé aujourd’hui à cause d’une certaine méconnaissance des savoir-faire qui engendre une perception prix élevée, nous avons souhaité connecter grand public et artisans à travers ce format.

Nous sommes fans de votre concept chez Oser Rêver Sa Carrière. Nous constatons en effet que l’une des tendances de la reconversion professionnelle depuis 3 ans est un très net retour à l’artisanat, plus largement encore, aux métiers manuels et du DIY. Est-ce une des raisons vous ayant poussé à créer Wecandoo ?

Il y a un ras-le bol de la « boîte noire » de la mondialisation où l’on ne sait pas trop ce qui se passe entre le bouton « commander » sur l’écran de l’ordinateur et le livreur à la porte. Les différents mouvements que tu cites viennent en effet de ce désir de se réapproprier sa consommation, de vivre à une échelle plus humaine et de recréer du lien social dans son quotidien. De plus, la tertiarisation du marché du travail nous éloigne du concret et il y a vrai besoin de « mettre la main à la pâte ».

Cela faisait en effet partie des raisons de la création de Wecandoo, nous souhaitions créer des moments qui soient à la fois participatifs, concrets et générateurs de lien social.

Quel regard portes-tu Edouard sur cet engouement pour l’artisanat ? Tendance de fond ou effet de mode selon toi ?

Comme dit juste avant, je pense que cet engouement pour l’Artisanat est dû à une frustration et finalement un éloignement de ce que nous sommes. On finit par se perdre un peu dans un marché du travail très complexe et assez déconnecté de la réalité. Le retour au vrai me paraît donc être une tendance de fond. Il se matérialise aujourd’hui par un engouement pour l’Artisanat mais peut-être sous une autre forme demain.

Vous êtes trois reconvertis ? Vous nous racontez vos histoires respectives ? Comment vous êtes-vous trouvés ?

Rapidement reconvertis disons ! A la base, nous sommes trois amis et avions à cœur de travailler dans l’Artisanat pour défendre une certaine idée du beau et un goût du travail bien fait.

Grégoire, par ses attaches limougeaudes, voulait mettre en avant les hommes et les femmes qui ont façonné son territoire C’est après une école de commerce et plusieurs années dans la finance qu’il choisit de passer le cap. Il voit l’Artisanat comme un moteur de dynamique territoriale.

Arnaud, lui, a bossé pendant 4–5 ans dans l’audit de systèmes d’informations dans un gros cabinet d’audit/conseil et voulait tout plaquer soit pour devenir développeur, soit pour devenir meunier et reprendre le moulin de son parrain. Wecandoo était le bon mix entre ses deux projets !

De mon côté, j’ai toujours été très manuel. Après quelques années en restauration en France et à l’étranger, j’avais très envie de monter un projet qui met en avant les savoir-faire manuels.

Beaucoup de nos client(e)s en reconversion professionnelle optent pour l’entrepreneuriat et, plus précisément, l’artisanat. Quelles sont les difficultés selon vous de ces métiers ?

C’est un sujet que nous abordons souvent avec les artisans reconvertis de notre collectif. Les difficultés dépendent beaucoup du secteur d’activité ou encore des canaux de distribution que vous choisissez mais certains grands traits ressortent :

- Il est compliqué de se lancer sans un minimum de capital ;

- Cela prend forcément du temps pour se faire connaître ;

- Il faut networker et rencontrer un maximum de personnes, ne pas hésiter à solliciter les différentes aides qui existent (et il y en a pas mal) ;

- Les métiers de l’Artisanat sont des métiers physiques et les journées sont longues, etc.

Après, c’est un choix et une passion donc tous les matins, ce sera un plaisir de se lever !

Nous suivons et avons interviewé Magali Perruchini des Mains Baladeuses. Vous participez, selon nous, au renouveau de la perception des métiers de l’artisanat. Le secteur avait-il besoin d’un dépoussiérage selon vous ?

Dépoussiérage, c’est un peu violent mais en effet, il est important d’intégrer davantage l’Artisanat dans les habitudes de consommation du grand public. Cela passe par davantage de canaux de distribution physiques, par une digitalisation plus importante du secteur et surtout par une pédagogie autour des savoir-faire. C’est cette méconnaissance des savoir-faire qui engendre une perception prix élevée qui elle-même engendre derrière une consommation relativement faible de produits d’Artisanat.

Qui sont les personnes qui recourent à vos services ? Avez-vous beaucoup de personnes souhaitant découvrir un nouveau métier via une expérience “one shot” ?

Oui, complètement. Le fait que nous ne travaillions qu’avec des artisans professionnels et que les ateliers se déroulent chez eux permet d’être réellement au contact du métier, d’avoir des retours « vrais » et de mieux comprendre le fonctionnement d’un atelier.

Les autres participants aux ateliers sont la plupart du temps des particuliers cherchant une activité qui sorte de l’ordinaire, ils participent d’ailleurs parfois parce qu’ils ont reçus l’atelier comme cadeau.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour l’avenir ?

De continuer notre développement et ainsi de permettre à n’importe qui en France de pouvoir vivre un atelier à moins de 50km de chez lui !

Oser Rêver Sa Carrière : Merci Edouard et longue vie à Wecandoo !

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Ca m'intéresse
Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.