Toutes les reconversions n’aboutissent pas au projet professionnel ciblé et, plus largement, à « la vie d’après » escomptée. Nous en avons longuement parlé dans les médias ces derniers temps, notamment pour Slate et Les Échos Start : l’un des principaux risques en matière de reconversion est de fantasmer « l’après » et de croire que l’herbe sera nécessairement plus verte. La fantasmagorie est en effet l’un des principaux écueils lorsque l’on décide de transiter et de changer de v(o)ie. Hélas, le rêve tourne parfois à la désillusion et certain·es se cassent les dents. Les derniers chiffres recensés sont toutefois très rassurants puisque seulement 2 % des reconversions se soldent par un échec*. C’est très peu. Ce chiffre et ses causes méritent toutefois d’être connus des candidat·es à la reconversion, un·e reconverti·e averti·e en valant deux…
Voici ce que les derniers sondages nous apprennent :
👉 38 % des personnes ayant raté leur reconversion indiquent ne pas s’y retrouver financièrement et donc ne pas pouvoir vivre de leur nouveau métier, corroborant ainsi la croyance collective (et parfois limitante) selon laquelle se reconvertir implique nécessairement une baisse de revenus (voir notre tribune pour Les Échos Start sur le sujet) ;
👉 29 % ne parviennent pas à avoir une visibilité suffisante quant à leur avenir et sont dans un flou trop important pour poursuivre dans leur nouvelle voie ;
👉 13 % ne trouvent pas l’équilibre vie pro/vie perso escompté et voient leur nouveau travail empiéter excessivement sur leur vie privée ;
👉 8 % souffrent de solitude dans leur « vie d’après », apanage fréquent des reconverti·es entrepreneurs ;
👉 6 % ne sont pas suffisamment soutenus par leurs proches ;
👉 Enfin, 6 % connaissent un rythme de travail trop dense, intenable dans la durée.
Ces chiffres rappellent la nécessité de bien préparer sa transition, de ne pas brûler les étapes, de savoir s’entourer et d’être très au clair sur ce que l’on attend d’un changement de voie.
Une solide préparation permet en effet de minimiser les risques inhérents au changement de cap professionnel, de s’épargner d’éventuelles frustrations ou déceptions et, in fine, de s’éviter un « retour en arrière » non souhaitable.
Car si les beaux discours selon lesquels « il n’y a pas d’échec, que des apprentissages » sont, sur le papier et en théorie, exacts, les conséquences d’une reconversion ratée peuvent, en pratique, être désastreuses, avec des dommages collatéraux importants, notamment lorsque la reconversion a généré des changements de vie familiaux : déménagement, inscription des enfants dans une nouvelle école, emprunt pour financer une formation longue ou le démarrage de sa nouvelle activité, recrutement dans le cadre d’une reconversion entrepreneuriale ou d’une reprise d’entreprise, utilisation de tout son crédit CPF ne permettant plus de se former à autre chose, etc.
Du rêve à la désillusion, il y a toutefois de nombreux pas… Le tout est justement d’éviter les faux pas et de se préparer !
⚠️ Prenez le temps nécessaire pour négocier ce virage dans de bonnes conditions ; faites-vous accompagner si vous sentez que, seul·e, vous atteignez une limite ; faites des prévisions financières ; créez-vous un réseau solide et soutenant ; rencontrez un maximum de professionnels du secteur convoité ; inspirez-vous de reconverti·es ayant réussi leur transition.
Bref, assurez-vous les meilleures chances de réussite !
Cela vous prendra peut-être du temps et de l’énergie, mais cela en vaut la peine : c’est sans aucun doute le meilleur investissement à réaliser si vous envisagez de changer de direction professionnelle.
Faites-nous confiance, nous sommes passées par là et accompagnons chaque jour des femmes et des hommes souhaitant se reconvertir.
Mieux vaut consacrer du temps en amont à votre projet pour le parfaire autant que possible plutôt que d’être obligé·e de rebrousser chemin quelques mois après votre transition.
Rien ne sert de courir… vous connaissez la suite ;-).