Changer de travail, déménager, lancer son activité, avoir des enfants, changer d'idées, de cercle social, s'installer à deux ou encore divorcer…
Autant de virages de vie aussi importants que… flippants.
Le changement fait peur, c'est bien connu.
S'il est évidemment plus facile d'opérer un changement lorsqu'il est choisi plutôt que subi, modifier un élément de sa vie constitue pour certain(e)s une véritable épreuve. Modifier une habitude, même minime, peut déjà s'avérer extrêmement compliqué. Qui n'a jamais décidé d'aller deux fois par semaine à la salle de sport sans parvenir à tenir dans la durée ? Ou encore d'arrêter de fumer, de perdre du poids ou de changer certaines routines bien installées ?
Nous le constatons tous les jours en matière de transition professionnelle : démarrer un bilan de carrière, envisager une reconversion, changer de métier, de secteur ou même simplement d'entreprise génère du stress et parfois de véritables angoisses.
« On sait ce que l'on perd, mais on ne sait pas ce que l'on trouve. »
Cet adage résume parfaitement l'une des principales difficultés liées au changement.
La peur qui l'accompagne peut prendre de nombreuses formes :
Or, la peur favorise l'immobilisme.
Elle pousse à rester dans ce qui est connu, même lorsque ce connu n'est plus réellement satisfaisant.
Elle nous maintient dans notre zone de confort, ou plus exactement dans ce que nous appelons parfois une « zone de confort inconfortable ».
La peur du changement est normale, saine et profondément humaine.
Elle participe à notre instinct de survie.
Cependant, lorsqu'elle devient omniprésente, qu'elle empêche systématiquement toute évolution ou toute prise de décision, elle peut prendre une forme plus marquée que certains spécialistes appellent la métathésiophobie, c'est-à-dire la peur excessive du changement.
Dans ce cas, chaque évolution potentielle est perçue comme une menace.
La personne finit alors par renoncer à de nombreux projets ou opportunités, non pas parce qu'elle ne les souhaite pas, mais parce que l'anxiété liée au changement devient plus forte que le désir d'avancer.
Cette situation peut devenir particulièrement frustrante et limitante à long terme.
Avant d'engager un changement important, il est utile de s'interroger :
Cette phase introspective est essentielle.
Plus vous comprenez les raisons qui vous poussent à évoluer, plus vous augmentez vos chances de réussir votre transition.
L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire qu'ailleurs sera forcément mieux.
Or, changer pour changer n'a pas de sens.
Le changement n'est pas une valeur absolue.
Il ne constitue pas à lui seul une garantie de bonheur ou d'épanouissement.
Nous rencontrons régulièrement des personnes persuadées qu'un nouveau poste, une nouvelle entreprise ou une nouvelle activité résoudra automatiquement toutes leurs difficultés.
La réalité est souvent plus nuancée.
Le bon changement n'est pas celui qui répond à une mode ou à une injonction extérieure.
C'est celui qui répond à un désir profond et personnel.
Nous vivons dans un monde qui valorise fortement l'adaptabilité, la flexibilité et la transformation permanente.
Pour autant, il est important de distinguer :
Tout quitter pour se réinventer peut être une formidable aventure lorsqu'elle naît d'une envie sincère.
À l'inverse, changer uniquement pour répondre aux attentes des autres ou à une pression extérieure risque de générer davantage de frustration que d'épanouissement.
Les spécialistes du changement sont unanimes : les transformations durables se construisent progressivement.
C'est le principe du Kaizen.
Notre cerveau aime les habitudes.
La très grande majorité de nos comportements quotidiens sont automatisés.
Il est donc illusoire de vouloir tout bouleverser du jour au lendemain.
Mieux vaut procéder étape par étape :
L'objectif n'est pas de gravir la montagne en une journée.
L'objectif est de continuer à avancer.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, démarrer n'est pas toujours le plus difficile.
Le véritable enjeu réside souvent dans notre capacité à maintenir l'effort dans le temps.
Nous ne sommes pas tous égaux face à cette difficulté.
Certaines personnes disposent d'une forte capacité de persévérance.
D'autres ont besoin d'un cadre, d'un accompagnement ou de davantage de répétitions pour ancrer durablement de nouvelles habitudes.
Car le changement durable repose sur un principe simple :
Répéter.
Puis répéter encore.
Et continuer à répéter.
Sortir de sa zone de confort demande de l'énergie.
Des hésitations.
Parfois des reculs.
Parfois des pauses.
Tout cela fait partie du processus.
Comme le rappelle le psychiatre Christophe André :
« C'est parfois un miracle de réussir à changer tellement il y a d'obstacles dans la vie. »
Inutile donc d'exiger de soi une transformation parfaite et immédiate.
L'important est d'avancer dans une direction qui fait sens.
La peur du changement ne disparaît pas toujours avant l'action.
Bien souvent, elle nous accompagne pendant une partie du chemin.
L'enjeu n'est donc pas nécessairement d'attendre de ne plus avoir peur.
L'enjeu est plutôt d'apprendre à avancer malgré elle.
Car derrière certains changements se cachent parfois des opportunités, des rencontres, des apprentissages et des satisfactions que nous n'aurions jamais découverts autrement.