La démission reconversion, de quoi s'agit-il ?

Article
Transition/Reconversion professionnelle
5 minutes de lecture
Marina Bourgeois
Publié le
July 1, 2026

Vous souhaitez changer de métier mais ne pouvez pas obtenir de rupture conventionnelle ?

Nombreux sont celles et ceux qui rêvent de pouvoir se reconvertir sans avoir à passer par une longue négociation de départ avec leur employeur et sans prendre le risque de se retrouver sans revenus.

La démission constitue rarement la solution idéale puisqu’elle ne permet généralement pas de bénéficier de l’assurance chômage et donc de sécuriser financièrement sa transition professionnelle.

Pourtant, il existe un dispositif encore méconnu du grand public : la démission-reconversion, qui permet, sous certaines conditions, d’ouvrir des droits à l’allocation chômage après une démission.

Notre invité de l’épisode 83 du podcast, Jérôme Vachellerie, a ainsi utilisé ce dispositif pour quitter son poste de Directeur de la performance et devenir menuisier.

Alors, comment fonctionne concrètement ce mécanisme ? Qui peut en bénéficier ? Et quelles sont les démarches à accomplir ?

Qu’est-ce que le dispositif « démission-reconversion » ?

La démission-reconversion permet aux salariés en CDI de droit privé de quitter volontairement leur emploi afin de :

  • suivre une formation dans le cadre d’un projet de reconversion ;
  • créer une entreprise ;
  • reprendre une entreprise existante.

L’objectif est de permettre aux salariés de mener à bien leur projet tout en bénéficiant de l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi), c’est-à-dire de l’allocation chômage.

Pour les personnes qui souhaitent changer de voie mais ne disposent pas d’une solution de départ négociée, ce dispositif représente une véritable opportunité de sécuriser leur transition professionnelle.

Attention toutefois : il ne s’agit pas d’un droit automatique. Plusieurs conditions doivent être réunies et une procédure précise doit être respectée.

Qui peut bénéficier de la démission-reconversion ?

Être salarié du secteur privé

Le dispositif est réservé aux salariés en CDI de droit privé.

En sont notamment exclus :

  • les agents de la fonction publique ;
  • les salariés des établissements publics ;
  • les agents de la SNCF ;
  • les agents de la RATP.

Justifier de cinq années d’activité salariée

Pour être éligible, vous devez avoir travaillé au moins cinq ans en continu en tant que salarié, soit l’équivalent de 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la fin de votre contrat de travail.

Certaines périodes ne sont toutefois pas prises en compte dans ce calcul :

  • les congés sabbatiques ;
  • les congés sans solde ;
  • certaines périodes de disponibilité.

Autrement dit, un long voyage ou une interruption d’activité peut avoir un impact sur votre éligibilité.

Vérifier son éligibilité avant toute démarche

Avant d'aller plus loin dans votre projet, il est indispensable de vérifier que vous remplissez bien les conditions requises.

Cette première étape permet d'éviter de construire un dossier qui ne pourrait finalement pas être accepté.

Les étapes à suivre pour bénéficier du dispositif

1. Construire son projet avec un CEP

Avant toute démission, vous devez impérativement être accompagné par un Conseiller en Évolution Professionnelle (CEP).

Cette étape est obligatoire.

L'objectif est de construire et formaliser votre projet de reconversion :

  • formation ;
  • création d'entreprise ;
  • reprise d'entreprise.

Le CEP vous aidera notamment à clarifier votre projet, analyser sa faisabilité et préparer les éléments qui seront ensuite étudiés par la commission.

Point de vigilance important : votre accompagnement CEP doit impérativement débuter avant votre démission.

2. Constituer un dossier solide

Une fois votre projet défini, vous devrez constituer un dossier détaillé présentant :

  • votre projet professionnel ;
  • les démarches déjà réalisées ;
  • les éventuelles formations envisagées ;
  • les modalités de financement ;
  • les perspectives d'emploi ;
  • ou, dans le cas d'une création d'entreprise, la viabilité économique du projet.

3. Faire examiner son projet par une commission

Votre dossier sera ensuite étudié par une commission paritaire chargée d'évaluer le caractère réel et sérieux de votre projet.

Plusieurs critères sont analysés :

  • la cohérence globale du projet ;
  • la pertinence de la reconversion envisagée ;
  • les débouchés professionnels ;
  • la qualité de la préparation réalisée ;
  • la faisabilité financière du projet.

La commission dispose d'un délai maximal de deux mois pour rendre sa décision à compter de la réception du dossier complet.

4. S'inscrire à France Travail après validation

Si votre projet est validé, vous pourrez alors vous inscrire auprès de France Travail afin que vos droits à l'allocation chômage soient calculés.

Attention : cette inscription doit intervenir dans les six mois suivant la validation de votre projet par la commission.

Les erreurs à éviter absolument

La principale erreur consiste à démissionner avant d'avoir obtenu la validation officielle de son projet.

Beaucoup de salariés découvrent l'existence du dispositif mais ignorent qu'il repose sur une procédure très encadrée.

Avant de remettre votre démission, assurez-vous donc :

  • d'être éligible ;
  • d'avoir rencontré un CEP ;
  • d'avoir constitué votre dossier ;
  • d'avoir obtenu l'attestation validant le caractère réel et sérieux de votre projet.

Sans cela, vous risquez de vous retrouver sans emploi… mais également sans indemnisation.

Un dispositif précieux pour sécuriser une reconversion

La démission-reconversion constitue une solution particulièrement intéressante pour les salariés qui souhaitent changer de métier, créer leur activité ou reprendre une entreprise sans dépendre d'une rupture conventionnelle.

Bien préparée, elle permet de sécuriser financièrement une transition professionnelle souvent porteuse d'incertitudes.

Si vous envisagez aujourd'hui une reconversion et que la rupture conventionnelle semble difficile à obtenir, ce dispositif mérite clairement d'être étudié.

Une chose est sûre : dans ce type de projet, mieux vaut prendre le temps de préparer son départ que de démissionner dans la précipitation.

Pour plus d’infos, vous pouvez également consulter la rubrique dédiée à ce dispositif sur France Travail.

Rédigé par
Marina Bourgeois
Après quinze ans dans le secteur juridique et la chasse de têtes, Marina Bourgeois accompagne depuis maintenant dix ans les femmes et les hommes souhaitant y voir clair dans leur vie professionnelle et/ou traversant une période de surchauffe ou d’épuisement.

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