Lorsque l’on décide de changer de job, de quitter son entreprise, voire de changer de voie, il n’est pas rare que cela se produise après un déclic. Moment souvent super puissant, dont on se souvient encore des années plus tard. Ce fameux instant où l’on se dit : «Ca ne peut pas continuer comme ça, c’est décidé il FAUT que je change » ; ce n’est alors plus une option, mais déjà une décision.
Cela peut venir d’une discussion, d’une rencontre, d’une simple phrase entendue, d’un événement qui vient bouleverser nos certitudes, ou même de la lecture d’un livre… Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un AVANT et un APRÈS. Pour Carole, c’est la question de sa fille de 6 ans : « Maman, tu fais quoi comme métier ? », et son incapacité à lui expliquer son job, qui a agi comme un détonateur. Pour Christelle, c’est une discussion avec son mari, qu’elle a vécu comme « un électrochoc et qui (l’)a sauvée du burn-out » qui la guettait. Ça peut aussi être la remarque ou la demande de trop de la part de notre manager ou d’un collègue. La fameuse goutte d’eau. Qui fait tout déborder et crée un courant qui nous emporte avec lui.
Et à cet instant, ce qui était encore confus il y a quelques jours devient alors une évidence : je dois partir. Ce qui, avouons-le, peut être assez déroutant ! Cette décision, on a en quelque sorte l’impression qu’elle s’est prise sans nous, sans qu’on en soit vraiment maître. «Ca s’est imposé à moi», entend-on souvent.
Pour toutes les personnes ayant vécu ce déclic, le même constat : il y a donc un avant et un après. Mais alors, qu’est ce qui fait qu’une situation confuse devienne limpide d’un seul coup ? Quel mécanisme se joue ?
Cette décision, qui semble s’être imposée parfois brusquement, est en réalité le fruit d’un long processus intérieur, sous-marin, souvent invisible pour celui qui le vit. Il y a bien un sentiment global de démotivation, de mal-être, de ras-le-bol, mais on n’a pas toujours conscience de ce qui se joue et se dessine intérieurement.
Alors, qu’est-ce qui nous conduit au déclic ?
Il y a d’abord un temps de préparation à la décision, plus ou moins long, où se rencontrent désir de changement et résistances. Freins, peurs et désirs discutent ensemble, se répondent les uns les autres, et sont en quelque sorte en équilibre, nous maintenant dans cet état de latence. C’est le temps de l’incertitude, des questionnements sans réponse. Puis vient le moment où l’un prend le pas sur l’autre. Les résistances finissent par lâcher et/ou le désir de changement s’exprime de plus en plus fort, jusqu’à prendre le dessus. L’équilibre de la phase de latence est rompu. Il devient alors évident qu’on a plus à perdre en restant ainsi qu’en changeant. Le chemin de la réflexion intérieure est terminé et le basculement a lieu. Arrive alors ce fameux déclic, celui que l’on attendait pour passer à l’action.
A ceux qui sont en chemin mais qui n’arrivent pas encore à franchir le cap : ne vous inquiétez pas. Votre déclic arrivera à point nommé, lorsque le travail en sous-marin sera assez avancé pour passer à l’étape suivante : celle de l’action. Rien ne sert de précipiter cette étape fondamentale de maturation intérieure. Le changement est un long chemin sur lequel il faut naviguer à bonne vitesse, sans se précipiter. L’histoire du lièvre et de la tortue en somme.
Ce travail de discussion intérieure, plus ou moins long selon votre personnalité, votre histoire et votre situation, est l’étape préliminaire indispensable pour ensuite conduire votre changement efficacement. Plus elle aura été longue et murie, plus le changement pourra s’opérer facilement. Et si vous avez besoin d’un petit coup de main pour travailler sur vos freins et désirs de changement, n’hésitez pas à vous faire accompagner : le déclic peut aussi avoir lieu lors d’un accompagnement ! :)